Mon job d’été de rêve : bosser à bord d’avions Air France !

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Cette madmoizelle a trouvé le meilleur job d'été au monde, selon elle ! Elle vous raconte son expérience chez Air France.

Mon job d’été de rêve : bosser à bord d’avions Air France !

J’adore les avions. J’ai beaucoup voyagé et j’ai toujours eu cette sorte de fascination pour l’aérien, de comment les engins volent, l’atmosphère d’un aéroport, l’envers du décor, etc.

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai cherché, pour ce bel été 2017, un travail saisonnier. Il y en a plein, plus ou moins durs, sympas, plus ou moins bien payés.

Et cet été, j’ai décroché ce que je pense être le meilleur job d’été au monde : PCB chez Air France. Je vous explique tout.

PCB, ça veut dire quoi ?

PCB signifie Personnel Complémentaire de Bord.

Il se distingue des hôtesses et des Stewarts (le Personnel Navigant Commercial, ou PNC) qui en plus d’assurer le service aux passagers, doivent assurer la sécurité à bord de l’avion.

Nous sommes recrutés pour l’été, quand les vols sont plus chargés et qu’une majorité de PNC désire prendre des vacances !

Notre tâche est purement commerciale : services des boissons et plateaux, réponses aux sollicitations diverses, fidélisation des passagers, règlement des conflits, etc.

Nous n’avons pas le droit d’effectuer la moindre action de sécurité comme l’ouverture des portes, les démonstrations de sécurité, vérifications des toilettes, etc.

Cependant, accéder à ce poste a été un parcours du combattant, à vous décourager de postuler.

Qui peut postuler ?

L’offre est arrivée sur le site d’Air France mi-novembre 2016 et j’ai sauté dessus. Il suffit d’avoir le bac, 18 ans, la nationalité française, et un bon niveau d’anglais. J’ai envoyé mon CV et ma lettre de motivation, sans vraiment trop y croire.

Nous étions des centaines à tenter, pourquoi moi ? Finalement mi-février, je reçois une convocation pour une journée de sélection, le 1er mars en l’occurrence. À Paris. Loin de chez moi quoi.

(SPOILER ALERT : j’ai du faire au moins 5 aller-retours à Paris pour tout le processus d’entrée) (SPOILER ALERT 2 : les frais ne sont évidemment pas remboursés).

Le recrutement façon Nouvelle Star

Première étape, un test plutôt simple d’anglais.

C’est à ce moment-là que j’ai découvert que c’était un vrai concours, cette sélection. Ils annoncent à voix haute le nom des recalés, qui sont invités à partir dès maintenant.

Next step : un entretien collectif. Six candidats, un problème futile à résoudre, pendant 20 mn, sous les yeux de 2 recruteurs. J’ai dû prendre sur moi, ne pas paraître trop timide, trop introvertie, mais ni grande gueule ou super autoritaire.

Les recruteurs cherchent du personnel dégourdi, qui prend des initiatives, sans écraser ses collègues. On peut difficilement tricher, tout est fait pour montrer notre vraie personnalité.

Enfin, la dernière étape : les entretiens individuels. On m’a demandé une chose que j’adore faire : parler de moi et mes expériences. C’est un entretien intime, où j’ai vraiment pu expliquer ma motivation.

Deux jours après, les résultats sont tombés par mail : j’avais réussi ! L’institut de recrutement a donné ces informations : 1200 étudiant•es étaient convoqué•es aux sélections, pour environ 370 PCB admis, et selon les rumeurs, 7000 CV avaient été envoyés. Là, j’ai réalisé la chance que j’avais eu d’accéder au poste !

La concurrence est reine

Vous avez cru que c’était terminé ? Que nenni. On croit en être sorti, quand le plus dur est à venir : deux visites médicales. Ils vérifient tout : vision, ouïe, électrocardiogramme, prise de sang, relevé d’urine, consultation généraliste.

Après cela, j’ai suivi une journée de formation de sécurité et une semaine de formation commerciale, le tout sur Paris, logement non compris. Dates imposées. Tu n’es pas dispo ? Il y en a des centaines qui attendent ta place !

Rien n’est acquis, jusqu’au bout. Cette procédure s’est étendue de mars à mi-juin. Des dizaines de mail sans réponses, des centaines d’euros en billets de train, une semaine de cours loupée, il faut vraiment le vouloir ce job… et en avoir les moyens.

Et c’est parti pour l’aventure !

Le 16 juin, j’ai donc finalement eu droit à ma journée d’accueil chez Air France. J’avais reçu mon uniforme in extremis 3 jours avant. On nous y a parlé des risques du métier, de nos plannings et de l’organisation de l’entreprise, et distribué notre premier emploi du temps. Le Graal !

Nous avons 4 rotations par mois (une rotation = un aller-retour), qui prennent environ 3-4 jours chacune. Nous avons droit à 2 à 5 jours de repos entre chaque, plus une période de repos de 7 jours consécutifs une fois dans le mois. Au final, c’est environ 13 jours « travaillés » par mois donc.

Je le mets entre guillemets, parce qu’en escale, on ne travaille pas beaucoup au final : on est trop occupé•es à récupérer. Nous sommes affecté•es sur le long-courrier, plus de 6h de vol en général. Honnêtement, j’ai fait des destinations sympas. Pékin, Cayenne, Shanghai, Dakar.

Le mois prochain, Séoul, Bombay, Sao Paulo et bien d’autres !

On est logés dans des hôtels que je n’aurais jamais les moyens de me payer, et dédommagés pour nos frais de repas. Que demander de plus ?!

Et alors, c’est comment les coulisses d’un vol ?

Le sujet tant attendu ! Pour nous, personnel naviguant, nous devons retrouver l’équipe 1h30 avant le décollage. Nous sommes entre 8 et 12 (hors pilotes) sur un avion, en fonction de sa taille. Personne ne se connaît, mais tout le monde se tutoie, c’est la règle.

On nous y indique les caractéristiques du vol : nombre de passagers, enfants, bébés, mineurs non accompagnés, personnes à mobilité réduite, turbulences prévues, durée de vol, etc.

Nous partons tous ensemble prendre la navette qui nous emmène au pied de l’avion. Les hôtesses et les Stewarts commencent aussitôt leurs vérifications de sécurité, tous les recoins sont inspectés, chacun•e connaît sa tâche.

Et moi ? Je vérifie à mon niveau : que chaque siège ait sa couverture et son coussin, que les sanitaires sont propres. Souvent, j’avance le travail de celui qui travaillera au galley, la « cuisine » des avions : je remplis les « verseuses » de café et thé pour plus tard, je mets le pain dans les corbeilles, les glaçons dans les bacs à glaçons.

Lorsque l’embarquement commence, c’est un ballet de passagers, certains perdus, d’autres trop habitués, un Tetris de valises à caler, un défilé de mécontents de leur place, des assoiffés qui demandent une boisson à peine installés. Une fois que tout le monde est bouclé, décollage.

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« Ouais, c’est la belle vie quand même non ? »

Notre métier peut paraître facile, distribuer des plateaux et des boissons, pensez-vous ! En réalité, c’est épuisant.

À la fin du décollage, nous nous levons bien avant l’extinction de la consigne lumineuse. Vous avez déjà essayé de remonter à l’avant d’un avion en train de monter dans les airs ? Je vous assure que ça fait les fessiers.

Il faut préparer les voitures apéritifs et c’est parti ! Chacun a son plan, sait à quel rang il commence et fini. Sur mon premier vol, j’était un peu stressée, je me rassurais en pensant que j’allais être assistée. Eh non ! On m’a mis une voiture entre les mains et vas-y Josie !

S’ensuit la distribution des repas, puis la collecte des plateaux, le service des boissons chaudes, le débarras final pour récupérer tout ce qui traîne. Tout le monde s’active pour ranger et nous prenons enfin une pause.

En gros, depuis le briefing jusqu’au moment où nous pouvons poser nos fesses, il peut s’écouler jusqu’à 4 heures, 4 heures non-stop, en sollicitation permanente.

Gérer la fatigue

Seulement ensuite, nous pouvons manger, puis nous avons des tours de garde : certain•es restent pour les passagers, les autres vont dormir, entre 50 mn et 4 heures suivant la durée du vol, dans des postes repos avec des couchettes.

Ces siestes sont nécessaires (décalage horaire, travail de nuit, toussa toussa), mais au final bousillent encore plus notre rythme de sommeil, déjà bien amoché.

Pendant les gardes, il s’agit de faire des tours dans les allées pour que ceux qui n’osent pas nous appeler nous interpellent, et répondre à ceux qui n’hésitent pas, eux, à nous appeler 22 fois par heure.

C’est au final, du service à la personne, du bon sens et surtout, des bonnes attentions. Proposer à une mère de surveiller son enfant pour qu’elle puisse se dégourdir les jambes, allez rassurer ce monsieur que l’on a vu terrifié au décollage, donner des petites pochettes de jouets aux enfants qui s’ennuient. Il faut, je pense, profondément aimer faire plaisir et aimer les gens. Sinon, on pète vite un câble.

Environ 1h30 avant l’atterrissage, rebelote ! Petit déjeuner ou encas avec le même système de service. Sourire en toute circonstance, même fatiguée, même quand on vient de se faire hurler dessus, même avec un bébé qui pleure depuis 6 heures.

Atterrissage, débarquement, et ce sentiment de satisfaction. Ce petit « We did dit ! » dans le coin de la tête.

En escale

Nous restons une, voire deux nuits sur place. Beaucoup dorment pour récupérer, j’essaye de sortir au maximum quand c’est autorisé, ce qui n’est pas le cas dans toutes les régions pour des raisons de sécurité. Malgré la fatigue, je veux profiter de ces villes où je ne mettrais peut-être plus les pieds !

Sur le vol retour, c’est le même topo, mais nous faisons plus attention car la fatigue et la hâte d’être chez nous peuvent nous faire perdre patience plus facilement.

Nous passons des gardes seules avec des personnes que nous ne connaissons pas, et avec qui nous partageons pourtant une vraie intimité : perso j’avais jamais parlé de mycose ou d’ex relou à une personne rencontré 8h auparavant, avant cette expérience…

Malheureusement, il n’est pas prévu d’embaucher de nouveaux PCB l’année prochaine. Mais ça peut toujours changer ! Et les rumeurs disent que Corsair embaucherait du PCB aussi par ailleurs…

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Commentaires
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  • Valou.Rossi
    Valou.Rossi, Le 1 août 2017 à 20h23

    J'avais entendu parler de ce job d'été via une de mes cousines, qui est pilote/instructeur chez Air France. Et si j'avais été intéressée à un moment, le processus de sélection m'a un peu refroidie : impossible pour moi de me libérer tout en étant en prépa !
    Mais ça reste une super expérience et une belle ligne sur le CV je pense ^^
    De mon côté je suis pas mécontente de mon job d'été au Mondial Air Ballons : voir des montgolfières décoller au coucher du soleil pendant 10 jours, c'était pas trop mal non plus ;)

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