« Insaisissables », un écrin spectaculaire pour un résultat mitigé

« Insaisissables », une sorte d'« Ocean's Eleven » avec des prestidigitateurs, est actuellement en salles et attire beaucoup de spectateurs. Myriam H. vous donne son avis !

« Insaisissables », un écrin spectaculaire pour un résultat mitigé

Quand j’ai vu la bande-annonce d’Insaisissables (notons, en passant, que le titre original est Now you see meMaintenant vous me voyez…), je savais déjà que je lâcherais dix euros avec joie pour en prendre plein les yeux.

Des super-prestidigitateurs braqueurs de banque ? Du grand spectacle ? Mark Ruffalo ? DE LA MAGIE ? Ok, je signe. Tout de suite. En bonne fan d’Ocean’s Eleven et Le Prestige, j’avais hâte de voir ce mix étonnant.

Les Quatre Cavaliers, ces généreux bienfaiteurs de l’humanité

Trois prestidigitateurs et un mentaliste (une sorte de mix entre un hypnotiseur et Sherlock Holmes) se produisent à guichets fermés sous le nom des Quatre Cavaliers.

En mode Robin des Bois aux mains agiles et aux atouts confortablement planqués au creux du poignet, leurs spectacles ont une bonne raison de drainer les foules : les Cavaliers vident les coffres des banques et les comptes bien garnis pour faire pleuvoir des billets verts sur le public.

Le souci ? Ce n’est pas du cinéma, et le F.B.I. en a légèrement assez de voir des millions de dollars glisser entre les mains d’illusionnistes. L’agent Dylan Rhodes (Mark Ruffalo), épaulé par la membre d’Interpol Alma Dray (Mélanie Laurent), se lance donc à leurs trousses.

Ne regardez pas de trop près

Pendant tout le film, les magiciens répètent que ce n’est qu’en regardant de près que nous serons dupé-e-s par leurs tours, et qu’il vaudrait mieux reculer pour avoir une vue d’ensemble afin de découvrir la vérité sur les nombreux mystères entourant les Cavaliers.

C’est exactement comme ça que fonctionne Insaisissables : sur la forme, c’est un super film. Les tours de magie, forcément enrichis par les effets spéciaux du cinéma, sont bluffants et j’ai passé de longues minutes la mâchoire pendante, totalement émerveillée (quand je dis que j’adore la magie c’est pas pour rigoler hein). Le rythme est bon, les scènes s’enchaînent sans temps mort et je ne regrette pas mon billet rouge, ça, c’est sûr.

Mais si on regarde plus largement le scénario, dépouillé des artifices, des scènes extraordinaires et des illusions impressionnantes, on s’éloigne rapidement du 10/10. Le problème avec un film à mystère dans lequel on répète sans cesse au public de ne pas croire ce qu’il voit, c’est que le public finit par… arrêter de croire ce qu’il voit. Et donc par solutionner le problème.

La grande révélation ne m’a pas arraché un haussement de sourcil car c’est finalement le dénouement logique pour quiconque ayant vu deux ou trois autres films basés sur le même schéma. Mais je dois admettre qu’elle est joliment amenée.

De la poudre aux yeux ?

Insaisissables, c’est un énorme numéro d’illusionniste qui détourne l’attention du public sur des évènement spectaculaires pour tenter de cacher les grosses ficelles soutenant l’ensemble.

Mais je dois être honnête : j’aurais été la première heureuse de voir plus de numéros de magie dans le film, plus de grand spectacle et, contre toute attente, plus de José Garcia dont j’ai adoré le petit rôle !

Par contre, pour que l’histoire ait le temps de se développer, on passe un peu vite sur la personnalité et l’histoire des Quatre Cavaliers (surtout sur Henley (Isla Fischer), la seule femme, assez vite réduite à une super-plante-verte…) et c’est dommage. Ils sont réduits à des caricatures tracées à gros traits :

  • Le control freak surdoué mais un peu inadapté socialement (Jesse Eisenberg dans tous ses films).
  • Le vieux baroudeur qui ne mâche pas ses mots et qui fait marrer les autres (Woody Harrelson dans la moitié de ses films).
  • Le petit jeune un peu méprisé par les autres mais qui veut sa place au soleil (Dave Franco, plus cool que dans ses autres films).
  • La meuf qui sème un peu la discorde vu que les mecs veulent se la faire mais elle est pas trop d’accord sauf pour celui qui ne veut PAS se la faire.

C’est vraiment bête puisque ce sont les stars du film et que le public est censé être de leur côté. Dans Ocean’s Eleven ils étaient vachement plus nombreux, et les personnages étaient quand même un poil plus complexes !

Insaisissables 2, la fausse bonne idée ?

Les rumeurs font déjà état d’une suite en préparation, au vu du succès du film et de sa fin ouverte (visiblement prévue au cas où ça marchait bien). Et je pense que les studios ont raison : ça va probablement cartonner aussi.

Mais je pense que ce n’est pas une très bonne idée, déjà parce que j’en ai marre de voir des suites PARTOUT, et aussi parce que sans révéler le dénouement d’Insaisissables, le deux se déroulerait forcément dans un contexte très différent.

Ça risque d’être à la fois redondant et un peu too much. Mais s’ils arrivent à tenir un scénario avec un peu moins de trous et se concentrent davantage sur les Cavaliers, après tout… ça peut ne pas être raté !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Accessoiriste
    Accessoiriste, Le 15 août 2013 à 20h38

    J'ai dans l'ensemble vraiment apprécié ce film, qui est bien rythmé et même si on se doute de pas mal de chose dès le début on a des petits doutes qui persistent jusqu'au bout.
    Mes bémols plus ou moins gros sont :
    - l'accent de Mélanie Laurent en anglais, je ne sais pas si vous l'avez vu en VO mais dans la langue de Shakespeare elle est pas franchement convaincante...
    - l'histoire du secret sur le pont des arts. non mais WTF c'est pas ça l'histoire des cadenas, du coup ça rend l'histoire niaise...
    - et aussi la petite invraisemblance/cliché. C'est hyper fréquent de se poser le matin comme de par hasard sur le pont des arts pour lire son journal quand on bosse à Interpol... Et perso assise sur ce banc moi j'aurais pas lâché mon sac trop peur de me le faire piquer...

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