Typologie des inconnus qui m’adressent la parole dans la rue

Naya rencontre parfois des personnes qui lui parlent alors qu'elle ne les connaît pas du tout. Parfois c'est amusant, parfois c'est étrange et quelquefois, ça embellit même sa journée !

Typologie des inconnus qui m’adressent la parole dans la rue

Même si j’ai très vite appris à marcher vite et à baisser les yeux dans la rue pour éviter de me faire harceler par des hommes malintentionnés, je suis aussi souvent tombée sur des personnes qui ont rendu mon trajet plus sympathique.

Ces moment extrêmement cool sont gravés dans ma mémoire mais restent bien trop rares. Parfois, rencontrer des étranger•e•s qui vous parlent, ça rebooste un moral en berne !

Marche-joie

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Voici trois épisodes de ma vie où j’ai été contente et/ou amusée qu’un•e inconnu•e m’adresse la parole dans la rue.

La vieux monsieur qui me raconte sa vie

J’étais assise dans le bus, regard dans le vide et casque sur les oreilles, lorsque le caddie d’un homme âgé s’est renversé devant moi alors que le conducteur prenait un virage. Ni une ni deux, j’ai foncé pour le secourir telle Wonder Woman. Tandis que je tentais d’attraper les oranges qui roulaient sur le sol, le vieux monsieur s’est mis à sourire et m’a dit :

« Vous êtes très belle avec votre coiffure, ça change tellement des gens ennuyeux avec leurs cheveux ordinaires… vous savez, j’ai aimé une fille comme vous un jour. »

J’ai éclaté de rire. C’était la chose la plus mignonne que j’avais entendue depuis plusieurs mois. Voyant que j’étais réceptive, il a commencé à m’en dire un peu plus sur son ancienne histoire d’amour…

Il m’a raconté qu’il était marié depuis cinquante ans, mais que peu de temps avant de rencontrer son épouse, il était tombé amoureux d’une jeune femme antillaise. Plus les détails de sa romance se dessinaient, et plus les autres passagers du bus, curieux, tendaient l’oreille pour l’écouter.

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Le truc le plus cool, c’est qu’il semblait s’en rappeler comme si c’était hier. Il me décrivait à quel point elle était douce et souriante. Il m’a confié qu’il avait voulu s’enfuir avec elle, mais qu’elle avait refusé à cause du mariage mixte qui n’était pas accepté par leurs familles.

Je lui ai demandé comment cette histoire d’amour s’était terminée. Il m’a répondu qu’elle était finalement partie loin de Paris, qu’elle avait brisé son coeur, et que parfois, il se souvenait de leurs retrouvailles nocturnes, avec beaucoup de chagrin.

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À ce moment-là, moi aussi j’étais triste, en l’écoutant me raconter son idylle passée. Je suis descendue du bus en remerciant le vieil homme de s’être confié à moi.

Que cette belle histoire soit vraie ou fausse, elle mériterait largement d’avoir son adaptation cinématographique !

Le petite fille qui s’est perdue

J’étais dans une rue déserte lorsque j’ai aperçu une petite fille en plein milieu d’une allée. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je trouve que voir une enfant debout dans une rue ou un couloir, qui ne dit rien, est la vision la plus flippante et cauchemardesque qui existe. C’est de cette façon que commencent trop de films d’horreurs !

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Mon coeur s’est donc emballé et j’ai pensé que ma dernière heure avait sonné. Lorsque la gamine, à peine âgée de sept ou huit ans, m’a dit…

« Je me suis perdue et je cherche ma maman. »

…mon plus grand souhait à ce moment précis était de fuir en courant et d’aller me réfugier dans l’église la plus proche ou dans les bras de ma mère. Mais j’ai finalement pris mon courage à deux mains, et je lui ai demandé :

« Tu habites près d’ici ? Où as-tu vu ta maman pour la dernière fois ? »

Elle m’a répondu qu’elle était sortie d’un supermarché Leclerc, qui se trouvait à cinq minutes de là. J’essayais de la rassurer, en lui offrant des chewing-gums à la fraise. Je me suis mise à faire le chemin du retour avec elle.

Étonnée qu’elle se soit retrouvée si loin de sa mère, je me suis mise à l’interroger. Elle m’a répliqué qu’elle avait voulu se promener hors du magasin… avant de ne plus retrouver son chemin. Je ne sais pas à quel moment de la conversation le sujet a dérivé, mais nous nous sommes mises à parler de jouets et de dessins animés qui passent à la télévision. C’était une petite fille malicieuse et pleine d’humour !

Main dans la main, nous sommes arrivées devant le Leclerc où les vigiles et sa mère l’attendaient de pied ferme. Paniquée, sa maman m’a remerciée en me disant :

— Vous savez, elle fait ça tout le temps, merci beaucoup, elle ne vous a pas embêtée j’espère ?
– Oh non, on a parlé de Phineas et Ferb et de Souvenirs de Gravity Falls !

En réponse, elle m’a lancé un regard à la fois reconnaissant et troublé par mes propos. Ça n’était pas très important : pendant quelques minutes, j’avais été une petite fille de huit ans à nouveau !

La madmoiZelle qui me reconnaît dans la rue

Quand j’ai commencé à tourner mes vidéos, jamais je ne me serais dit qu’on me reconnaîtrait un jour dans la rue. Alors la première fois qu’une lectrice de madmoiZelle m’a arrêtée pour me demander « si j’étais bien Naya », je suis tombée sur le cul.

Je suis assez timide de nature alors j’ai commencé par bégayer pour finalement répondre que c’était bien moi.

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Nous nous sommes mises à parler d’un tas de trucs intéressants, notamment de mes articles qu’elle lisait parfois. J’ai été très touchée qu’elle s’intéresse et apprécie ce que j’écris. J’ai aussi été très étonnée qu’elle se rappelle de certaines blagues douteuses que je croyais être la seule à aimer !

Nous sommes restée une bonne heure à parler de tout et de rien, de la vie, de la mort, de chats, de hamburgers, de trucs sérieux, de Vladimir Poutine… et c’était vachement bien. Donc si vous tombez sur moi dans la rue, n’hésitez pas à venir me parler : je serai sans doute un peu déboussolée, mais je vous ferai un câlin après !

Et vous, quelles sont vos conversations avec des inconnu•e•s dont vous souviendrez toujours ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mercedes
    Mercedes, Le 31 août 2015 à 2h24

    J'ai de la chance, entre mon look et mon assurance, on ne m'emmerde pratiquement jamais dans la rue ou les transports, et quand ça m'arrive, une bonne réplique suffit toujours pour être tranquille. Par contre, on me parle assez souvent.
    Le plus courant, ce sont les punks ou les rastas (ou apparentés), puisque je suis dans ce style-là. C'est souvent pour me demander du feu ou des feuilles, mais aussi juste un « Salut, ma sœur ! » ; par contre, le mec qui m'a demandé si je pouvais le mettre en contact avec des anti-fa était le premier à m'aborder pour ça. Une autre rencontre dont je me souviens bien, c'était à la gare RER alors que j'attendais le bus pour remonter chez moi : un chauffeur essayait de me draguer un peu lourdement, et une mama africaine assise à côté de moi à entamé la discussion, et l'a tellement monopolisée que le mec ne pouvait plus en placer une :rire: On a finit par prendre le bus toutes les deux, mais je ne l'ai jamais revue.
    Autrement, le dernier cas en date, c'était en sortant d'un bar derrière le Panthéon à minuit, j'ai croisé un père et sa fille de 20 ans sur les marches, ils m'ont interpelée pour intervenir dans leur discussion, et finalement je suis restée presque une heure avec le père, à parler de l'amour, du couple, des enfants... C'était super sympa (et j'avoue que le beau temps rend ce genre de rencontre beaucoup facile, puisqu'on peut se poser dehors sans souci).

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