Marianne a vu Inception, qui promet d’être le BIG blockbuster estival. Elle te dresse trois analogies avec des films (autres que Matrix, trop simple celle-là pour Marianne :)) et en profite pour donner son avis sur le film.
(Note de Fab : attention, ne lis pas cette revue si tu n’as pas envie d’être spoilée. Difficile de parler d’Inception sans trop en dévoiler sur l’intrigue du film mais je t’invite plus que tout autre à y aller le plus vierge possible de toute info sur le film)
Christopher Nolan, réalisateur de deux Batman (dont le célèbre The Dark Knight) et de films types « je me triture les méninges » a fait un bon au sommet il y a 2 ans avec le carton de son chevalier noir. Du coup, ça remue dans tous les sens pour Inception – casting 100% stars, effets spéciaux pour s’en prendre plein la vue, bidouillages de cerveau. Tous les ingrédients sont là.
La tête en haut la tête en bas
Dans une scène sans pesanteur, Joseph Gordon Levitt joue à se bastonner en dansant sur les murs. Du coup, les analogies avec Matrix semblent pleuvoir. J’en vois trois autres.
Les 1001 Nuits
Après l’histoire à rebours (Memento), Nolan se lance dans l’histoire en profondeur. L’un des premiers films de l’Américain fonctionnait par petits bonds en arrière, ce qui était une brillante idée scénaristique. Inception, lui, fonctionne comme on creuse ; chaque étape de cette descente dans le rêve est plus étendue que la précédente parce que… les lois du rêve sont comme ça.
Encore une brillante idée scénaristique. Car non seulement les différents niveaux de rêves (le rêve dans le rêve du rêve de…) se multiplient, mais ils fonctionnent selon des temporalités différentes. Et nous avons accès à tous ces temps, simultanément.
C’est donc pour créer une tension que le film navigue entre les temps et les niveaux de réalité ; mais aussi, et surtout, pour que le film soit bien clair. Ici, le scénario pèche par son côté méticuleux, qui motive l’introduction de personnages inquisiteurs (Ellen Paige). Tout doute, tout silence, toute contradiction sont effacés par ces constantes interrogations, avec flashbacks explicatifs à l’appui.
"C'était donc ça!"
Dans l’analogie avec les 1001 Nuits, la question cruciale est de savoir : quel est le point culminant de cette histoire ? Quel est le centre de l’intrigue, où ces histoires et univers successifs se rejoignent-ils ? On pourrait espérer une sorte de mise en abyme avec le spectacle cinématographique. Au lieu de quoi, malheureusement, Inception choisit de plonger au plus profond du rêve et de l’intrigue. En même temps que les temporalités s’étendent, l’intrigue se recentre autour d’un personnage, d’un sentiment, d’un moment, d’un dialogue. Inception n’est rien que l’histoire d’un amour blessé. « Rien que », car ce n’est même pas une bonne histoire d’amour blessé.
Le point culminant de l’intrigue est donc un dialogue, pendant lequel le temps s’arrête au plus profond du subconscient de notre héros. L’histoire finit même, lourdement, par se mordre la queue avec le retour à l’inception. On est de nouveau dans Memento : les idées sont brillantes et la structure solide. La souffrance est lisse. Le monde est morne. Pas de force, pas d’humour. Du cinéma, Nolan n’a gardé que le spectacle.
Mais… IL PLEUT !
ExistenZ
L’imbrication des différents niveaux de réalité et de conscience, la dimension ludique, rappellent plus les jeux en réseau de Cronenberg que la vie vue de l’autre côté du miroir comme dans Matrix.
Inception est alors supposé recréer le monde des rêves, ce monde intérieur (où ta culpabilité te poursuit sous les traits de ta défunte femme, où ton entrainement commando fait débarquer dans tes rêves des soldats armés jusqu’aux dents façon « sur-moi »). Le début en ce sens est de loin le meilleur : il avance à la manière d’un prologue, traditionnel (la première mission – soit l’introduction avec les personnages sur le terrain) avant d’entrer dans le vif du sujet. Sans explications poussives, mais avec suspens et interrogations.
Ça ne dure pas. Le monde intérieur, ensuite, ne fonctionne que par successions de prouesses – il impose ses propres règles : expliquées, disséquées ; mais imposées, jamais mises en doute ou discutées. La seule motivation du film ? En mettre plein la vue. Que cette audace est vaine…
Inception, première ç
Le Prestige
Nolan nous a donné son secret il y a un certain temps. Le Prestige, un de ses films les moins connus, avec Scarlett Johansson, Hugh Jackman et Christian Bale ; une histoire de rivalité entre magiciens. Quel est tout le propos de la magie, que ce film analysait bien ? Détourner l’attention le temps de monter, en douce, son entourloupe. S’agiter pour que personne ne se rende compte qu’il n’y a rien à voir.
Il y a quatre ans déjà, Nolan nous a donné la clé de son cinéma. Pendant qu’on se demande dans la dernière – et ridicule – scène du film (attention, spoiler) si Mr Caprio est encore en train de rêver, on oublie aussi sûrement que le film n’avait rien à dire.










Le 05 août 2010 à 18:46
Le 06 août 2010 à 11:11
Lors du 2nd visionnage, j'avais fait un peu plus gaffe. Sur certains plans, je la voyais et d'autres non. Mais je n'avais pas fait le rapprochement entre la bague et le fait qu'il n'a pas de totem haha
Le 09 août 2010 à 00:22
Hello les madmoizelles,je ressors tout juste de ma deuxième séance Inception et j'ai toujours autant aimé. Avatar pour moi c'est du pipi de chat! (qui vient me taper en premier? ^^)
Non vraiment, j'ai beaucoup aimé le concept de rêves imbriqués, et exploitation du thème réalité/rêve/subconscient/doliprane.
Graphiquement c'est très bien traité, et puis en terme d'effet, apesanteur pour parler comme un ado prépubère : c'est cool. Marion Cotillard, je l'adore dans ce role, elle est diaboliquement prodigieuse ^^
Oh et puis merde, moi j'ai kiffé, ma révélation 2010
Le 17 août 2010 à 15:33
Josephhh <3Le 17 août 2010 à 15:42
Le 18 août 2010 à 10:28
SPOILER/Je suis de ceux qui pensent que Cobb est bien dans la réalité à la fin. Comme vous, le film m'a quand même bien trituré l'esprit et je suis allée faire un tour sur Internet. Wiki est mon ami et m'a fourni une explication, qui personnellement, me convient.Je sais plus qui le disait, mais quelqu'un pensait que Cobb était bien dans la réalité parce qu'il pouvait voir le visage de ses enfants et une autre madz a répondu que pourtant ils étaient identiques à dans ses rêves et là je vous sors un copié/collé magique de Wiki : La forte ressemblance entre Phillipa et James dans la scène finale et dans les souvenirs de Cobb amènent certaines personnes à douter de la possibilité de cette hypothèse, cependant outre le fait que des enfants plus âgés jouent les deux personnages par rapport au reste du film, les costumes ne sont en réalité pas identiques bien que très ressemblant entre les souvenirs et la scène finale selon Jeffrey Kurland.Donc comme je le disais, cette explication me convient, je la trouve tout à fait plausible.Le lien complet ici : Inception - Wikipédia Ne cliquez pas si vous n'avez pas vu le film. Je trouve que c'est bien résumé et que les explications finales tiennent la route./SPOILER.
Le 18 août 2010 à 13:02
J'ai enfin vu le film. Avec tout ce que j'entendais autour de moi, je m'attendais à du lourd et j'ai été quelques peu déçue. Certes le film est bien, j'ai passé du bon temps, mais disons que je m'attendais à plus de choses surréalistes venant des rêves.Le personnage de DiCaprio m'a gonflé, à chaque fois qu'il était en présence de sa femme, ça trainait en longueur. Marion Cotillard était vraiment bof aussi.
Par contre Big up à Joseph Gordon Lewitt, j'pense qu'on va le voir dans beaucoup de films lui
Le 18 août 2010 à 15:00
Ce n'est pas possible que la scène en Chine / au Japon puisse être la réalité dans la mesure où on nous montre clairement à la fin de la scène
Pour le totem de Cobb,
Du coup, sachant ça, je suis retournée voir le film pour zoomer sur les scènes où Cobb porte ou non son alliance : quand il la porte, il rêve (la porter = être mariée avec Mall alors que dans la réalité ce n'est plus le cas, elle est morte), quand il ne la porte pas, il est dans la réalité. Cette théorie a pu être vérifiée pour toutes les scènes où j'ai pu voir son alliance, il rêvait bien (missions, projections de Mall et de ses gosses qui font capoter les missions). Le problème, c'est qu'à la fin, on ne voit pas la main gauche (= mariage / alliance) de Cobb mais la main droite (qui est donc sans alliance vu que ce n'est pas la main "du mariage"), donc on ne peut pas vérifier si c'est la réalité ou un rêve.
Nolan joue beaucoup sur ce genre de "pièges" qui nous mettent le doute au fil du film.
Sinon, pour répondre à une des Mad qui se posait la question : pour le totem d'Ariane, il n'y a pas de problème dans le fait de le MONTRER à Cobb. Ce qui fait qu'on perd l'utilité de son totem (vérification rêve/réalité), c'est si quelqu'un d'autre le PORTE / TOUCHE et qu'il connait son poids, sa texture, sa densité, il peut le recréer dans un rêve et nous piéger, donc il faut choisir un objet spécial porté uniquement par soi-même pour pouvoir vérifier la différence entre rêve et réalité quand on le désire.
Pour ma part, je rejoins la vision
Le fait que la toupie vacille nous met le doute encore une fois puisqu'on ne sait pas si elle s'arrête ou non, on peut alors penser à une autre interprétation qui me séduit aussi : rêve ou réalité, Cobb ne veut plus savoir la vérité, il est désormais libéré de ses tourments vis-à-vis de Mel et il retrouve le plus important : ses enfants et souhaite profiter du temps présent, rêvé ou non.
De là, on peut éventuellement faire le rapprochement avec la métaphore du cinéma dont parlait Nolan : le cinéma filme le réel (des acteurs donc des êtres en chair et en os -DiCaprio & cie-, un temps -tournage 2009-2010-, un lieu -plateaux de tournage-) mais présente à l'écran (1ère distance qui prouve que ce n'est pas la réalité) une histoire fictive par ses personnages (inventés), son contexte (un monde où on pratique l'inception / l'extraction), sa temporalité, ses effets spéciaux, etc, ce qui fait du cinéma "une machine du rêve" dont le film Inception devient la métaphore.
Pour la fin, il n'y a donc pas de "réelle" solution, tout reste ouvert, mais on peut tenter de rassembler un maximum d'indices pour voir quelle théorie serait la plus plausible, c'est ce qui fait la grande richesse du film à mon sens.
En somme, un film extrêmement bien ficelé, joué et filmé, ça faisait longtemps et ça fait du bien. Chapeau Nolan et DiCaprio.
Le 18 août 2010 à 23:40
Je l'ai vu il y a deux jours, putain et heureusement que vous êtes làLe 27 août 2010 à 07:47
Je l'ai vu il y a une semaine alors ce n'est plus tout frais mais, pour ma part, je pense que
On retrouve cette idée aussi lors de la première description des limbes à Ariane par Cobb. Il les décrit en sachant que ce monde était faux, irréel, ce qui explique qu'on les voit jeunes.
Par contre, quand il explique qu'il a du convaincre sa femme que ce monde été factice, on les voit vieux. Je pense que c'est suffisant pour montrer que si tu penses que c'est vrai, tu vieillis, sinon, ben tu restes jeune.
Mais sinon très bon film, qui provoque toute fois des envies de meurtre envers une certaine Mlle Cotillard
Sinon regardez cette parodie faite par take180, un mélange entre Inception et Dora l'exploratrice (!?) ^