Hanni El Khatib, un rockeur à découvrir

Hanni El Khatib est un rockeur « à l'ancienne » dont la musique sent bon la sueur et le cuir. Et ça fait vraiment du bien !

Hanni El Khatib, un rockeur à découvrir

Hanni El Khatib, du skate au garage rock

Bras tatoués, cheveux gominés, Hanni El Khatib a débarqué sur la scène rock avec un premier album, Will The Guns Come Out, en 2011. Avec ses riffs enragés et ses paroles revanchardes, il impose un style garage façonné par son affection de l’Amérique des années 50-60, son esthétisme et ses icônes.

La création musicale n’a pas toujours été au cœur de sa vie : né à San Francisco, Hanni El Khatib baigne dans la culture du skate, sa première passion. C’est en dévorant les vidéos des piliers du milieu qu’il s’est intéressé à la musique, et se prend à rêver de monter sur scène, avant de finalement devenir directeur artistique pour la marque Huf.

Quand il décide enfin de se laisser aller, il balance un album où l’acoustique brute de Wait Wait Wait s’entrechoque avec la guitare saturée de Fuck It. You Win., et ses échos de rage désespérée. Deux ans plus tard, Head In The Dirt voit le jour. Ce deuxième héritier de la lignée El Khatib n’a cette fois pas été conçu seulement par le musicien et son groupe, mais avec Dan Auerbach, guitariste et chanteur des Black Keys (rien que ça) !

Un excellent parolier qui sait inviter le public dans sa tête

Ensemble, ils composent un album certes toujours rock, mais moins garage que le premier, peut-être même un peu trop propre comparé à ce que nous avait mis en bouche Will The Guns Come Out. Malgré tout, l’esprit El Khatib est toujours là, que ce soit dans son ode à la Skinny Little Girl, qui a tout l’air d’être une reine de bal promo bouffée par le rêve américain, ou dans le j’m’en-foutisme sexy de Pay No Mind.

Hanni El Khatib s’impose en excellent parolier, et sort des clips dont la folie ou l’esthétique made in U.S.A. sont à la hauteur de la force de ses textes, avec des bikers japonais à l’honneur pour Family, et des taulards qui chantent leur amour éternel à Penny entre deux séances de muscu.

Le 19 janvier dernier, Moonlight est venu s’ajouter à sa discographie. Composé à Los Angeles, ce troisième opus reste dans le sillage des deux premiers, avec ses guitares enragées, ses paroles chantées comme des souvenirs dans Mexico ou balancées avec les tripes dans Melt Me. Sans quitter son rêve américain, Hanni emmène le public vers de nouvelles mélodies, vers l’hommage macabre qu’il porte à ses Two Brothers.

« Prendre un train en pleine gueule » avec Hanni El Khatib

Hanni El Khatib n’a pas révolutionné la musique, ni même le rock’n’roll, il a simplement réussi à mélanger parfaitement divers ingrédients, diverses influences pour produire trois très bons albums ! S’il sort du lot dans le flot actuel d’artistes indépendant, c’est surtout parce qu’il sait inviter le public chez lui, dans sa tête, ses films noirs et road trips mis en chansons, avec assez d’honnêteté pour éviter les grosses ficelles.

Il dit de sa propre musique qu’elle ne peut « être comprise que par ceux qui ont déjà pris un train en pleine gueule ». Eh bien c’est exactement l’effet que ça fait, d’écouter du Hanni El Khatib.

NB : Hanni El Khatib est actuellement en tournée ! Voici les dates :

  • Le 7 mars 2015 au Fil, à Saint-Étienne
  • Le 9 mars 2015 au Stereolux de Nantes
  • Le 10 mars2015 au Cargo de Caen
  • Le 11 mars 2015 à la Cartonnerie de Reims
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Voici le dernier commentaire en date :

  • Thedreaming
    Thedreaming, Le 7 mars 2015 à 16h39

    J'aime beaucoup ce qu'il fait !!! :)

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