Pourquoi tu n’arriveras pas à attirer l’attention de ton crush via les réseaux sociaux

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Grâce aux réseaux sociaux, plus besoin de t'embêter à parler à ton crush au risque de prendre un râteau ! Il suffit de partager du contenu qui te met en valeur et d'attendre qu'il le voit. Découvrons ensemble ce genre de drague 2.0 plutôt foireuse.

Pourquoi tu n’arriveras pas à attirer l’attention de ton crush via les réseaux sociaux

Avouer son intérêt à un crush peut être aussi stressant que faire caca en dehors de chez soi.

Si cette comparaison ne vous parle pas (ou vous dégoûte), insérez n’importe quelle situation gênante. Faire comprendre à quelqu’un qu’il nous plait induit une possibilité de râteau, et qui a envie de prendre un tel risque quand on peut tranquillement stalker la planète depuis chez soi ? 

En primaire, il était d’usage d’envoyer un ou une amie de confiance tâter le terrain pour nous. L’intermédiaire évitait une confrontation directe et atténuait un peu la violence du choc en cas de non-réciprocité.

À l’heure de Snapchat et d’Instagram, une autre tactique d’approche s’est développée dans le but de préserver nos fragiles égos. Il s’agit de lancer des bouteilles virtuelles dans la mer (le feed) de l’objet de nos désirs, en espérant qu’il ou elle le remarque.

Cette technique plutôt incertaine a été théorisée il y a un peu plus d’un an par un sage de Reddit :

« Poster une story Snapchat et ensuite attendre qu’une personne spécifique la regarde est la version moderne de Gatsby donnant d’énormes fêtes pour attirer l’attention de Daisy. »

Le gatsbying était né, offrant un énième anglicisme de la drague à notre vocabulaire de millenial en rut.

Draguer en soum-soum sur les réseaux sociaux

Le terme a été popularisé par la mannequin Matilda Dods qui s’interrogeait sur TomBoy en juin dernier :

« Pourquoi, au lieu d’envoyer un texto au garçon qui me plait, je balance dans ma story l’équivalent d’une fête dansante en mode Charleston, avec lustres chancelants et pluie de champagne ? »

Évidemment, plus ces posts prémédités transpirent le faste et la volupté, plus la comparaison avec le roman de F. S. Fitzgerald devient évidente.

Dans son article, elle raconte l’histoire de ce Boomrang soigneusement mis en scène pour montrer à *insérer crush* à quel point elle était cute ce soir-là, avec son top en soie et son cocktail.

Quelques heures plus tard, quelle déception de constater qu’il n’a pas vu la story et n’a donc pas ressenti l’urgente envie de lui écrire pour passer le reste de la soirée avec elle.

Vouloir frénétiquement montrer au monde la magnificence de nos vies est une dérive connue des réseaux sociaux.


Regarde comme ma vie est fun (s’il te plait)

Mais peut-on miser dessus lorsqu’il s’agit de rentrer en contact avec l’objet de nos désirs ? Juliette a passé un an de sa vie à tenter d’attirer l’attention d’un mec pécho en vacances :

Je changeais de photo de profil plusieurs fois par semaine, et évidemment toujours quand mon crush décidait de se connecter.

Je partageais des chansons de groupe qu’il écoutait sur mon mur Facebook, dans l’espoir de recevoir un petit like et d’avoir un prétexte pour aller lui parler.

Je mettais tellement de photos de moi en train de faire des trucs, alors que je ne faisais rien. J’orchestrais toute ma vie autour de ce qu’il allait penser de moi sur les réseaux sociaux.

J’espérais qu’il se rende compte à quel point la vie à mes côtés avait l’air cool et stylée, et qu’il devrait tellement m’envoyer un message et découvrir qu’il était fou amoureux de moi.

Je n’ai jamais revu ce mec et j’ai finalement laissé tomber quand j’ai compris qu’il avait une meuf depuis six mois. Il y avait effectivement des photos d’eux sur son profil mais je pensais que c’était sa sœur ou sa cousine… J’aurais pu attendre encore longtemps je crois.

Spoiler : ça marche bof

Quand il a commencé à faire des stories quotidiennes le mettant en scène torse nu, j’ai tout de suite pensé que ce mec que j’avais DM la veille cherchait clairement à me faire saliver sur mon téléphone, ce qui fonctionnait.

Mais force est de constater qu’il ne m’a jamais recontactée depuis. C’est un risque majeur du gatsbying : que quelqu’un d’autre prenne pour lui ce clin d’œil qui ne lui était pas du tout destiné. 

Soulignons aussi que les algorithmes ne sont pas forcément l’ami du Gatsby 2.0. Il y a des chances pour que ton post plein d’espoir se perde purement et simplement dans un trou noir de Facebook et ne croise jamais le regard de son destinataire caché.

Mais le PIRE qu’il puisse se passer quand tu mises tout sur cette photo de toi riant aux éclats dans le soleil, c’est justement que l’objet de ta convoitise le VOIT et qu’il ne réagisse pas pour autant.


T’enflamme pas, il a juste vu ta story

En fait, cette non-technique de drague équivaut quasiment à essayer de pécho par télépathie.

Ce qui donne des résultats aléatoires, comme en témoigne Mymy :

Ça a commencé avec les « statuts » sur MSN qui étaient des paroles de chanson choisies à la lettre près pour exprimer à mon crush ce que je n’osais pas lui dire (donc beaucoup de Kyo et d’Evanescence, j’étais super drama, on va pas se mentir.)

Et après je me déconnectais/reconnectais régulièrement pour qu’il ait une alerte disant « mymy26 est en ligne » (oui c’était vraiment mon pseudo), voit mon statut et comprenne tout seul qu’il lui était destiné… Spoiler : ça marche bof.

Après il y a eu « J’achète un t-shirt de tel groupe parce que j’ai entendu mon crush dire qu’il l’adore, et j’espère donc qu’il viendra me parler ».

Ou encore « Je lis ostensiblement le bouquin dont il a parlé en cours de litté, dans une position pas du tout confortable mais qui permet à tout le monde de bien voir la couverture ».

Je ne fais plus ça maintenant, parce que j’ai grandi et que j’ai appris l’importance de la communication. Surtout, j’ai appris à vaincre cette timidité qui me handicapait tellement, et je n’ai plus assez peur du rejet pour ne pas oser dire à un garçon qu’il me plait… et me taper l’intégrale de Dostoievski en espérant que ça lui tape dans l’oeil !

(À ma décharge, oui je l’ai pécho, mais ça a pris BIEN TROP DE TEMPS et de littérature russe.)

Malgré tous les moyens mis en œuvre, le gatsbying a donc de grandes chances de ne mener à rien. À la fois, difficile d’imaginer une technique d’approche moins directe…

Rappelons d’ailleurs que l’histoire de Jay Gatsby finit MAL et constitue un avertissement littéraire très clair à l’endroit des amours non réciproques.

Poster une photo qui mise sur notre apparence, une image fabriquée de nos vies ou des points communs montés de toutes pièces, n’équivaut pas à faire le premier pas. En fait, tu pourrais être trèèès loin de ton ordi (en train de vraiment vivre ta vie par exemple) que ça aurait autant d’effet sur la personne désirée, à savoir aucun.

Prendre le risque d’envoyer un message par contre, ça sent tout suite plus le concret. Ça fait peut-être flipper, car il y a un risque d’échec mais cela présente aussi un avantage indubitable sur le gatsbying : ça a une chance de marcher. 


Même si t’envoies qu’un GIF, ça a plus de poids 

Et toi, as-tu déjà tenté d’attirer l’attention de quelqu’un sur les réseaux ? Ça a marché ? Viens me raconter dans les commentaires !

À lire aussi : Et si vous proposiez un rendez-vous à votre crush, là, tout de suite ?

QueenCamille


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Commentaires
  • Lilamuse
    Lilamuse, Le 23 juillet 2018 à 17h30

    Bah moi j'ai tendance à utiliser cette technique (avec modération et plus ou moins de subtilité) et ça marche plutôt bien en général... Bon après, il m'est arrivé de louper des coups parce que la personne n'a pas fait le premier pas non plus, mais avec le temps, ma timidité et moi nous améliorons.

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