Full Contact (JCVD inside) – Yippee-ki-yay films d’action !

Full Contact est un film culte des années 80, qui sent bon la Belgique, la sueur et les belles valeurs chères aux films d'action « old school ». Alix vous explique tout ça !

Full Contact (JCVD inside) – Yippee-ki-yay films d’action !

Après le raz-de-marée médiatique spécial USA que nous avons essuyé ces derniers temps, j’ai eu envie de vous parler de quelque chose qui n’a rien à voir, situé au cœur de notre vieille Europe… la Belgique. Parfaitement. Benoît Poelvoorde ? François Damiens ? Que nenni ! L’idole cinématographique belge est indiscutablement l’incroyable (et unique) Jean-Claude Van Damme, dont les aphorismes aussi burlesques qu’ubuesques sont aujourd’hui plus fameux que sa filmographie. Et pourtant…

JCVD est avant tout un champion, catégories arts martiaux et culturisme, à l’image de Chuck Norris ou de notre Schwartzy chéri. Il est né en 1960 à proximité de Bruxelles, et c’est à 22 ans, après avoir remporté le titre de Mister Belgique, qu’il émigre aux Etats-Unis (sans savoir parler anglais, le guedin !). C’est sa pêche et son sens de l’initiative qui vont finalement lui permettre de percer, à partir de 1988. Moi je suis fan de JCVD, justement à cause de cette énergie et de cette volonté de (dé)foncer quoi qu’il arrive. Dans ce registre, je vais vous parler de Full Contact, un film sorti en 1990, dont vous connaissez forcément l’affiche : Jean-Claude est en grand écart sur une voie ferrée, menacé en arrière-plan par la silhouette d’une locomotive lancée à toute vapeur… Symboles d’une carrière toute entière, JC et sa souplesse légendaire seront copiés et parodiés pendant plus de 20 ans dès qu’il s’agira d’arts martiaux.

Full Contact est un film basé sur les combats, mais surtout sur une histoire solide. Réalisé par Sheldon Lettish (Double Impact, Rambo III, Légionnaire…) sur une idée de JCVD lui-même, le scénario (un peu Rocky-like) raconte l’histoire d’un étranger sur le sol américain, qui grâce à ses poings va s’en sortir, restaurer son honneur et sauver la veuve (c’est le cas de le dire) et l’orpheline. C’est beau, c’est tendre, c’est gentil, c’est musclé, c’est plein de sens de l’honneur et de la famille, et de beaux sentiments. Bref, une merveille de film d’action des 80’s et 90’s. À partir de maintenant, attention, ça va spoiler !

Out of Africa

Tout commence chaudement. Dans une ruelle sombre de Los Angeles, au cours d’un règlement de compte, un dealer est brûlé vif. Dans un autre endroit très chaud, en Afrique, un légionnaire reçoit une lettre. Lion (et oui, ça ne s’invente pas) Gauthier (JCVD) est le légionnaire en question. Impassible, il porte le tee-shirt kaki cintré et le béret à ra-vir. On apprend que le brûlé de Los Angeles était son frère, à qui il avait juré protection et soutien. Lion va alors déserter pour tenter de rejoindre la famille du défunt dans la cité des anges.

Dans une ambiance à la Hergé (normal pour un acteur belge), Lion va embarquer dans la cale d’un navire à destination des USA, où il va mettre du charbon dans la chaufferie jusqu’à New York (même pas torse nu). Après un très beau plan sur les Twin Towers, qui étaient encore debout, Lion réalise qu’il n’est pas à L.A… Mais se jette à l’eau tout de même, au sens propre et figuré.

Le Roi de la Jungle

Frigorifié (il est transi pendant tout le film), en patte d’eph’ taille haute et chemise en jean, les poches aussi vides que le carnet d’adresse, Lion va commencer à participer à des combats de full contact. Il s’agit d’un art martial où tous les coups sont permis, qu’il pratique grâce à sa rencontre avec Joshua, un afro-américain quasiment clochard, organisateur de combats de rue clandestins. Celui-ci en fait son poulain et l’introduit dans le milieu sous le pseudonyme du « Roi de la Jungle »Dans la jungle, il n’y a de la place que pour un seul roi », yeah !! ).

Les prouesses de Lion attirent l’attention d’une baronne du combat clandestin, Cynthia. Elle est la Cruella d’Enfer du film, femme de tête et de pouvoir, avec son look 80’s hyper pointu. Chacune de ses apparitions est à la frontière entre Cléopâtre et Lady Gaga. On redécouvre avec elle le charme désuet des culottes échancrées à l’extrême, des petites robes noires eighties, de la coupe « casque » coiffée en arrière et des gros bijoux voyants. Comme souvent avec ce genre de personnage de maîtresse femme, le film nous offre une jolie scène où le boss, c’est elle, et où JCVD baisse les yeux. Le féminisme émergent des années 80 est ici bien présent, au travers de cette femme pourrie, soit, mais forte, autonome, sexy, désirable et puissante.

Très attirée par Lion, Cynthia va le renommer en « Lionheart » (le titre US original du film) et organiser pour lui des combats qui vont permettre au légionnaire de gagner beaucoup d’argent. Mais Lion Gauthier n’est pas un mec facile, (ça non !) et en plus de ne rien accepter de Cynthia, il va remettre tout son pécule à la veuve de son frère. Cette dernière avait accueillit froidement le retour de son beau-frère, l’accusant d’être à l’origine de la descente aux enfers de son mari. Elle va se calmer par la suite, au regard de son joli Lion (Van Damme à 28 ans) et de la gentillesse de son portefeuille.

Street Fighter

Le film s’articule ensuite autour d’une série de combats organisés, contre des adversaires de plus en plus puissants. La chronologie de cette progression est calquée sur les jeux d’arcade beat ’em all de l’époque, comme Mortal Kombat ou Street Fighter.

Au fur et à mesure que le héros monte dans les niveaux, le cadre et la classe sociale des spectateurs évoluent. Au début sous un pont, contre un haltérophile de rue, avec un public de clochards, puis dans un parking souterrain contre un blondinet looké en kilt traditionnel écossais, avec un public de yuppies, ensuite dans une piscine vidée en maillot une pièce noir, sous les yeux de la bourgeoisie locale, et pour finir dans un hôtel de luxe, face à un géant asiatique répondant au doux nom d’Attila (tout de suite, ça met en confiance).

Bien entendu, Lion gagne tous ses combats, et même si Joshua, son meilleur ami et manager a parié contre lui, il lui pardonne, grand seigneur, et le serre dans ses bras dans une accolade virile et sincère. Même les méchants légionnaires qui venaient le ramener au camp (en Afrique, rappelez-vous le début, Lion est un petit filou de déserteur) sont touchés par son courage, et le laissent repartir pour vivre avec sa nouvelle famille au pays de la Liberté.

Humour belge

Si cet homme est nu sous son kilt, le mettre K.O. ne va pas être bien complexe.

En conclusion, Full Contact est un bon vieux film de derrière les fagots, qui n’a pas si mal vieilli et qui est plein de références mode, ambiance et culture sympas du temps d’avant. Plutôt grave et dramatique, les combats n’y sont pas si nombreux, et les performances de JCVD ne sont pas des effets spéciaux. Pas de sexe, pas de sarcasme, de belles images soignées et une bande-son symphonique pleine de saxo et de grand orchestre ; on est ici dans un vrai bon film à l’ancienne. JCVD était quand même un sacré beau gosse, et il reste une légende (à sa façon) du cinéma américain. Pas mal pour un petit belge de Bruxelles ! Et puisqu’on parle de blagues, une petite pour finir :

Que fait Jean-Claude Van Damme quand il démarre sa voiture ? Il full contact !

(Badoumtss)

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