Friday de Rebecca Black, ou le fond du gouffre musical

Rebecca Black, jeune "chanteuse" de 13 ans, vient de présenter son tout premier single, Friday, au reste de la planète. Pleurez des larmes de sang.

Friday de Rebecca Black, ou le fond du gouffre musical

Le 18 mars 2011 — C’est FRIDAY FRIDAY FRIIIIDAY !!!

Le 14 mars 2011 — Ça y est. Je me demandais quand on atteindrait le fond. On a supporté et survécu à la tektonik, Tokio Hotel, les Jonas Brothers, même Justin Bieber, mais cette fois, on va tous y passer. Alors qu’on trouvera toujours quelqu’un pour défendre Bieber et ses potes (même moi je m’y mets quand je suis de bonne humeur), il me semble totalement IMPOSSIBLE de trouver une quelconque forme d’excuse à l’ignominie que viennent de commettre les requins de chez Ark Music Factory. Cette entreprise basée à L.A. offre aux enfants de familles aisées la possibilité de devenir une star : allongez la thune et on vous pond une chanson et un clip de qualité. C’est ainsi que Rebecca Black a pu connaître la gloire.

Alors que je ne peux rien reprocher à la demoiselle en question (elle a 13 ans nom de dieu), je ne vais pas me gêner pour m’en prendre à ceux qui tirent les ficelles. Musicalement, on atteint des sommets de médiocrité, on patauge dans la crasse auto-tunée-réarrangée jusqu’au cou et pour peu qu’on fasse attention aux paroles et aux images du clip, y a de quoi faire une syncope.

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« Seven a.m., waking up in the morning
Gotta be fresh, gotta go downstairs
Gotta have my bowl, gotta have cereal »

Si Ke$ha avait commencé à chanter à 13 ans, je suppose que TiK ToK aurait également commencé comme ça – mais niveau profondeur des paroles, on est bien là. Je me lève à sept heures du matin, faut que je sois fraîche, que je descende, que je prenne un bol, que je mange mes céréales… je fais mes lacets, je dis bonjour à ma mère, je caresse mon chien, je me gratte l’oreille, je mets mon manteau, je mets un pied devant l’autre, je pose ma main sur la poignée de la porte…

Tout le monde insiste également sur le fait qu’elle semble passer vingt ans à se demander où s’asseoir dans la voiture de ses potes (alors qu’elle allait à la base à l’arrêt de bus pour attraper son bus, avant d’apercevoir ses potes) bien que les possibilités semblent grandement limitées.

Mais la chanson a quand même une fonction ludique : elle nous aide à mémoriser les jours de la semaine, et ça c’est important.

« Yesterday was Thursday, Thursday
Today i-is Friday, Friday »

« Tomorrow is Saturday
And Sunday comes afterwards »

Un Prix Nobel pour les paroliers je vous prie ! Mais c’est pas fini… après cette petite leçon vient l’interlude RAP. Parce que toute chanson pop cool doit avoir son interlude rap. Un couplet qui parle de faire le beau gosse au volant d’une voiture, en allant vite et fort parce que c’est cool et que c’est vendredi et que la nana qui chante à treize piges nom d’une pipe, si elle sait conduire une tondeuse à gazon c’est déjà le maximum.

Les sourires crispés d’adolescents prépubères censés donner une impression de bonheur ultime, de liberté et de jeunesse fraîche et libertine (ah non, pas ça) font de ce clip une putain de merveille, un monument historique du 21ème siècle, bienvenue en 2011 et vivement qu’on en finisse !

Mais heureusement, notre époque a un avantage énorme : INTERNET. Et les gens ont tendance à tenter de tirer le meilleur de la médiocrité, la preuve avec l’avis de Kingsley vu sur Folle à Linker et cette compilation des meilleures reprises de Friday trouvée sur BuzzFeed, dont voici des échantillons :

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Et puisque même Bob Dylan s’y met… pourquoi pas vous ?

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