4 films qui mériteraient d’être (plus) connus #2

Certains films ne jouissent pas d’une célébrité pourtant bien méritée. En voici une petite sélection !

4 films qui mériteraient d’être (plus) connus #2

Il y a deux mois, je vous présentais 4 films qui mériteraient d’être (plus) connus selon moi. Mais l’injustice ne connaît pas de limites et la liste de (presque) chefs-d’oeuvre oubliés du Septième Art est très longue. Voici donc une nouvelle fournée de longs métrages à découvrir !

The Joneses (La famille Jones), de Derrick Borte

Kate et Steve Jones et leurs deux beaux enfants adolescents, Mick et Jenn, débarquent dans une banlieue chic américaine. Ils ont tout pour eux : une superbe maison, une voiture dernier cri, tous les nouveaux gadgets, les produits de beauté les plus chers, une famille qui s’entend parfaitement bien, bref, un joli petit rêve qu’on ne trouve que dans les publicités. Et pour cause : la famille Jones est un pur produit marketing, envoyée en mission pour vendre un mode de vie et donner envie à leurs nouveaux voisins de leur ressembler – et donc, d’acheter les mêmes produits qu’eux. Pas d’amour, pas d’épousailles, pas de liens de sang, seulement quatre acteurs recrutés pour vendre un petit morceau de rêve et beaucoup de clubs de golf.

Déjà, quand j’ai entendu le pitch du film, une partie de moi hurlait au génie. UNE FAUSSE FAMILLE PRODUIT MARKETING MAIS C’EST BIEN SÛR ! Alors David Duchovny et Demi Moore dans les rôles principaux (et Amber Heard dans celui de Jenn, qui a bizarrement fait frétiller ma culotte), c’était la cerise sur le gâteau. The Joneses est un film très malin, complexe, qui montre en sous-texte les dérives d’une société de consommation poussée à l’extrême et la difficulté de passer sa vie à prétendre être quelqu’un d’autre. Mon seul regret est la séquence de fin, que je trouve un peu trop facile et bâclée, mais le reste rattrape largement le coup. Prenez des Kleenex parce que vous allez peut-être (sûrement) pleurer.

Mensonges & trahisons… et plus si affinités, de Laurent Tirard

Édouaaaaard Baaaaeeeer mon amouuuuur je te suivrais jusqu’au bouuuut du moooooonnnde !

Voilà, c’est dit, continuons. Mensonges & trahisons… est une des seules comédies romantiques françaises que je supporte (pire : que j’apprécie !), et pas seulement pour la douce voix et les cheveux ébouriffés de mon Édouard favori. Le film met en scène Raphaël, un écrivain raté qui fait office de nègre pour toutes les « auto » biographies de célébrités (celles qui s’entassent dans les rayons des FNAC et des Relay avec des photos très naturelles et des titres pas du tout bizarres). Il doit écrire l’histoire de Kevin, un footballeur professionnel, mais les choses se compliquent lorsqu’il se rend compte qu’il connaît sa femme, dont il était fou amoureux dans ses jeunes années. En plus, il y a de l’eau dans le gaz entre Raphaël et sa compagne actuelle : tous les ingrédients sont réunis pour que ça parte en sucette…

Si j’aime tant Mensonges & trahisons…, c’est parce que c’est une comédie romantique touchante, juste, mais aussi cynique et sarcastique, avec cet humour pince-sans-rire, presque absurde, qu’Édouard Baer maîtrise si bien. Sans tomber dans une vision dégoulinante et pailletée de l’amour, sans non plus geindre sur notre société sclérosée, ce film est principalement l’occasion de passer un bon moment devant une comédie française qui ne pète pas plus haut que son auguste postérieur. Et ça fait du bien.

Breakfast on Pluto, de Neil Jordan

Allez, on s’attaque à un très très très très très bon film là. Dans Breakfast on Pluto, Cillian Murphy incarne Patrick Brady, un jeune homme transgenre quittant son Irlande natale pour le Londres des années 70 dans le but d’y retrouver sa mère, partie lorsqu’il était enfant. Là, il se plonge dans le monde sulfureux des cabarets et de la prostitution, se libère mentalement et sexuellement, s’habille en femme comme il le souhaite, prend le pseudonyme de St Kitten et se rend compte que les méchant-e-s ne sont pas toujours là où on les attend.

Breakfast on Pluto est un petit bijou de cinéma qui aborde un sujet trop peu traité – les personnes transgenres ou transsexuelles – en le présentant de façon très accessible, avec beaucoup d’humour, sans jamais tomber dans la moquerie ou la parodie. À travers la fragilité de Patrick, interprété à merveille par Cillian Murphy, et son apprentissage du monde, on peut lire en filigrane une critique politique, dans ces années où l’IRA était extrêmement active et où il ne faisait pas bon être un-e Irlandais-e à Londres. Les seconds rôles sont absolument parfaits – on retrouve notamment Liam Neeson et Brendan Gleeson – et Breakfast on Pluto est un film terriblement touchant, qui vous mettra peut-être la larme à l’oeil et vous fera réfléchir. (Par contre, le fait que Cillian Murphy soit plus bonne que moi quand il est habillé en femme, je le vis toujours mal, mais c’est pas grave.)

The Fountain, de Darren Aronofsky

The Fountain est un conte en trois chapitres sur l’amour et l’immortalité. La première partie se déroule en Amérique du Sud, au XVI° siècle, quand le conquistador Tomas cherche la Fontaine de Jouvence afin d’apporter à sa reine, dont il est amoureux, la vie éternelle. La deuxième prend place de nos jours, au début du XXI° siècle : le chercheur Tommy Creo cherche un remède contre le cancer qui attaque sa femme Izzi, incapable d’accepter la mort qu’il considère comme une maladie. La troisième nous plonge dans un futur mystique, au XXVI° siècle : Tom, un astronaute, traverse l’espace dans une bulle qui renferme l’inestimable Arbre de Vie, immortel mais rongé par l’absence d’Izzi.

Ce n’est pas vraiment facile de résumer The Fountain et si je vous dis que la bande-annonce a suffi à me (re)mettre les larmes aux yeux, vous comprendrez que c’est mon film préféré de tous les temps. Après Requiem For A Dream, Darren Aronofsky a voulu aborder le mythe de l’immortalité, et la difficulté de perdre un proche. Le projet de The Fountain était né, initialement prévu avec Brad Pitt et Cate Blanchett dans les rôles principaux – mais la Warner et les acteurs s’étant retirés, Aronofsky en a fait une magnifique bande dessinée illustrée par Kent Williams, avant de retrouver des financements et de tourner le film avec Hugh Jackman et Rachel Weisz, sa propre compagne (à l’époque).

The Fountain n’est pas un film particulièrement abordable. Son côté mystique, ses thèmes complexes – le deuil, l’immortalité, l’amour, l’acceptation de la mort – et difficiles, ses trois époques qui s’entrecroisent n’en font pas une oeuvre à pop-corn qu’on regarde d’un oeil en lisant madmoiZelle de l’autre. Mais pour peu qu’on rentre dedans, The Fountain est un film magique, essentiel, qui aborde des sujets essentiels et essaie de comprendre, avec beaucoup de poésie et d’esthétisme, le sens de la vie, la raison pour laquelle on tient à vivre encore un autre jour. Un chef-d’oeuvre à mon sens, un film kitchissime pour d’autres : je vous laisse vous faire votre propre opinion !

Et toi ? Quels sont les films que tu voudrais faire connaître autour de toi ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Cottontail-
    Cottontail-, Le 29 novembre 2013 à 1h22

    Merci de m'avoir fait découvrir Breakfast in Pluto, j'ai adoré! Et Cillian Murphy est bluffant :worthy: <3 <3

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