Vous là, celles qui suivent assidûment le blog horreur, les commentaires éclairés de Jack Parker, celles qui se sont précipitées applaudir Scream 4 ou Paranormal activity 3, celles qui préfèrent du gore pour le gore, celles qui ont déjà parfaitement réfléchi à une stratégie de contre-attaque si d’aventure Freddy Krueger, Candyman ou Chucky venaient à croiser leur route : pourquoi apprécions-nous les films d’horreur ? Par goût immodéré pour la couleur rouge ? Pour bien se rappeler que nous sommes en vie, nous, pas comme cette pauvre Tatum sciée par la chatière d’une porte de garage (Scream 1, puriste) ?
A celles qui se cachent les yeux, se bouchent les oreilles, sursautent en gémissant et cauchemardent des semaines durant : pourquoi continue-t-on à regarder des films d’horreur ? Et à ceux qui serinent que la pauvre génération de fanatiques d’hémoglobine est vouée à reproduire les violences dont elle est spectatrice : regarder des films d’horreur fait-il vraiment de nous des serial killer en puissance, assoiffés de chair sanguinolente et de hurlements ? HEIN ?

Regarder des films d’horreur : pourquoi ? Serions-nous masochistes ? Insensibles ? Pervers ? Toutes les réponses précédentes ?
Certains vous diront qu’il y aurait là une sensation nous rappelant un comportement antique – BEN VOYONS (je ne ferais pas partie de ceux-là).
D’autres souligneront l’effet cathartique du film d’horreur : avoir peur nous rendrait plus vivant, permettrait de nous défouler et de nous décharger de nos mauvaises humeurs quotidiennes… Pour d’autres encore, le cinéma horrifique permettrait une dérision et relativisation de la mort ; par cette trivialisation, notre angoisse de mourir deviendrait ridicule et insensée. Dans la même veine, le sociologue Luc Boltanski affirme qu’avoir « sous les yeux la triste preuve de l’extrême fragilité de l’existence rend soudain exaltant le sentiment d’être (encore) en vie ».
En revanche, Jeffrey Goldstein, professeur de psychologie sociale (et auteur de Why we watch, the attraction of violent entertainment), explique que nous serions friands de ce type de cinéma parce que nous voulons avoir peur, nous voulons que le film nous affecte… Comme les adeptes de comédies romantiques veulent vibrer devant le 6-pack de Ryan Gosling, nous voudrions frémir en voyant le pull rayé de Freddy Krueger, frissonner en répétant « Candyman » devant nos miroirs, croire aux fantômes le temps de l’Orphelinat…
Selon certains psychiatres, les films d’horreur seraient aux adolescents ce que les contes de fées sont aux enfants, du moins sous certains aspects. Pour Goldstein, les films d’horreur sont créés pour faire ressentir des émotions fortes, de la peur – parfois même de la terreur ; mais l’attrait envers ce genre de cinéma dépendrait à la fois du spectateur, du film et des circonstances de visionnage… Un système en interaction !
Ainsi, les motivations des spectateurs seraient le désir de l’excitation, le plaisir des réactions physiologiques (montées d’adrénaline – ce que les psychologues appelleraient le « sensation-seeking »), la recherche d’une distraction et d’une échappatoire au quotidien, l’envie de voir la destruction… Et la satisfaction de voir tout ça résolu à la fin du film (du moins parfois). Vous allez me dire que d’autres types de films pourraient remplir ces fonctions – effectivement, mais les films d’horreur ont ceci de différent qu’ils proposent également une violation des normes sociales (en visionner nous ferait alors indirectement sortir de ces mêmes normes…). Dans une société qui condamne et prohibe la violence, le film d’horreur serait subversif et ses spectateurs auraient une volonté de transgression des codes établis.
Les circonstances de visionnage d’un film horrifique participent également à son attrait : généralement, Saw & consorts seraient plutôt regardés en groupe et deviendraient donc des sources d’expériences partagées… Le film permettrait ainsi de contribuer à un lien social, à des interactions entre les individus et marquerait l’appartenance à un certain groupe (en l’occurrence une appartenance à un groupe « d’initiés » au genre horrifique, une subculture, avec tout ce que cela pourrait impliquer sur notre identité et la façon dont nous nous présentons).
Somme toute, lorsque nous regardons un film d’épouvante, nous serions heureux d’être malheureux… C’est-à-dire que nous aurions du plaisir (des émotions positives) à ressentir des émotions négatives. Pour preuve : les moments les plus excitants et jouissifs d’un film d’horreur sont souvent les scènes les plus épouvantables. Pour peu que l’on soit confortablement installé dans son clic-clac en sirotant du Candy Up – donc dans un cadre protecteur, à une certaine distance de sécurité, nous pouvons éprouver du plaisir à avoir peur.
Pourquoi regarder un film d’horreur ne fera pas de moi une sociopathe assoiffée de sang risquant d’aller découper et faire rôtir mon voisin
Les images violentes n’incitent pas forcément les individus à devenir des cinglés sanguinaires et s’il est possible qu’existe un impact de ces images, celui-ci est modulé par le regard personnel de celui qui le regarde ainsi que son environnement social… Le spectateur n’est pas seulement une éponge passive sous le joug de son environnement, mais est en interaction constante avec lui – de sorte qu’il est parfaitement capable de relativisation… Pascal Marchand (cf. « pour aller plus loin ») classe les effets d’une potentielle influence médiatique en trois types :
>> Les impacts directs et immédiats
Effectivement, regarder un film violent serait susceptible d’augmenter notre désir de vengeance et notre agressivité ; mais cet impact n’est que de très courte durée et n’est présent significativement que chez les individus prédisposés à la violence (chez les autres, l’effet inverse s’observerait – diminution de l’agressivité)…
>> Les impacts directs et différés
Selon la théorie de l’apprentissage social de Bandura (pour faire court, nos conduites seraient acquises par l’observation et l’imitation de modèles), les enfants pourraient adopter des conduites antisociales lorsqu’ils les ont vues à la télévision… Mais ces effets sont immédiats, et pas forcément intégrés : si dans la minute qui suit le visionnage de Funny Games U.S. j’ai l’envie subite d’aller casser des genoux, est-ce que cette envie durera sur le long terme ?
Si ces réactions relèvent probablement d’une imitation ponctuelle, une exposition régulière à des images violentes pourrait toutefois entraîner deux effets : une désensibilisation à la violence (en ce sens, les férus de films horrifiques réagiraient moins à la violence que les autres… ce qui ne signifient pas qu’ils vont passer à l’acte) et une désinhibition normative (plus l’on regarde de films violents, moins nous sommes choqués et plus nous ressentons de plaisir).
Par ailleurs, il semblerait que les individus agressifs/en colère seraient plus enclins à choisir des films violents que les autres… Les comportements violents ne seraient donc pas forcément les conséquences du visionnage de la violence, mais pourraient en être les causes ?
>> Les impacts indirects
Si l’on récapitule, les films d’horreur – et les médias dans leur globalité, ne nous rendraient pas systématiquement violents. Reste qu’ils moduleraient nos perceptions et que les spectateurs habitués pourraient bien voir le monde comme plus dangereux et montrer un sentiment d’insécurité plus fort que les autres… Sans compter que les médias auraient également tendance à diffuser des représentations stéréotypes, mais nous nous éloignons de nos moutons.
Finalement, P. Marchand souligne que les films que nous décidons de regarder et les images qu’ils nous envoient ne se reçoivent pas dans un « vide social » mais dans tout un univers de normes et d’attentes… En ce sens, des images qui seraient trop différentes de nos attentes normatives seraient soumises à une résistance de la part du spectateur (d’où peut-être cet impact modéré), à l’inverse des images socialement acceptables (qui auront probablement plus d’impact… « Toute une histoire » et « Secret story » risquant ainsi d’avoir plus d’impact sur nos conduites qu’un bon vieux slasher des familles).
Moralité ? Transgressons gaiement les normes et délectons-nous de la montée d’adrénaline ce soir !
Personnellement, je ne sais pas ce que je regarderai pour célébrer cette fabuleuse nuit d’Halloween, mais vous savez quoi ? J’ai DÉJÀ peur. Et autant vous dire que l’épisode d’American Horror Story visionné ce week-end a mis en jambes mon imaginaire (BONJOUR les cauchemars à base de mec en cuir).
Pour aller plus loin
- Un article-interview de J. Goldstein et un article de P. Marchand sur l’influence des médias
- Le site « Constructiong horror », avec une video feat J. Goldstein









Le 31 octobre 2011 à 16:38
Pareil je pense maintenant pouvoir survivre, j'ai acquis tous les bons réflexes !
Dans la tête ! Tirez lui dans la tête !
Le 31 octobre 2011 à 17:30
Moi je regarde des films d'horreur parce que j'aime la sensation que procure la peur ( une petite boule dans le ventre et tout et tout ), c'est la même chose pour les attactions fortes je pense parce que si on aimait pas se faire peur personne n'irait dedans. Sinon je déteste les films avec trop de sang ou de torture genre saw ou bien les films un peu dérangeant genre the human centipede dont je ne comprends vraiment pas l'utilité à part nous faire gerber.EDIT : J'ai vu paranormal activity hier soir
Franchement plus flippant que les deux autres ( non mais comment j'ai pu avoir peur devant le 1 ? :o c'est juste une porte qui claque voyons ! ), j'ai renversé tous mes nachos tellement je sursautais et on est franchement surpris par la fin.
Le 31 octobre 2011 à 17:31
Perso, je regarde un film d'horreur, je pleure, je crie, je saute à chaque moment du film et j'ai encore peur pendant un mois ( The Tunnel me fait encore peur… Je l'ai regardé en juillet… BREF )MAIS j'aime trop avoir peur. L'adrénaline, c'est bon. Quand je remonte de la cave, je ferme vite la porte ( desfois qu'un monstre est derrière moi, la porte va l'arreter quoi ! ) et MONTEE D'ADRENALINE ! Et c'est trop bon
Le 31 octobre 2011 à 19:35
Je suis d'accord, et j'ai un peu un but avant tout ça c'est avoir mon permis voiture et surtout un gun !
Le 31 octobre 2011 à 20:05
Voilà, c'est exactament ça !
Je suis pas une férue des films d'horreur dans le sens où je les ai pas encore tous vu enfin surtout les cultes, la base quoi… mais c'est vrai que j'adore ça. C'est la première chose que je propose quand il y a soirée dvd ou ciné, mais chaque fois je suis la seule enthousiasmée par l'idée… alors je regarde mes films d'horreur toute seule chez moi
Et c'est cette histoire d'adrénaline qui fait que j'aime ça, qui secoue le corps et la tête et fait monter des sensations fortes quoi, un peu comme les montagnes russes, ça fait du bien. Même si pendant tout le film je suis crispée, j'arrête de respirer, je serre les fesses… à la fin c'est le soulagement enfin c'est finiet j'ai comme une petite fierté d'avoir tenu le coup jusqu'au bout, contrairement aux victimes…
Maintenant que ça m'atteigne psychologiquement et faire de moi une potentielle tueuse machiavélique… je crois pas. Parce que je suis gentille au fond
Mais quelqu'un qui est prédisposé à la violence et pas net dans sa tête, est ce que lui ça peut l'atteindre ?
Il y avait eu une histoire je crois à la sortie de Scream, un mec qui avait poignardé quelqu'un après avoir vu le film…
Je sais pas… est ce qu'il a besoin d'inspiration ou d'un déclic pour qu'un tordu passe à l'acte ?
Sinon pour en revenir aux films, je sais pas vous mais j'ai du mal avec les films sur des revenants des fantômes des esprits (Paranormal activity mon prochain but) parce que c'est à ça que je pense FORCEMENT quand je suis dans le noir au lit ou dans une cave etc… mais je persiste quand même, j'aime me faire du mal
Le 01 novembre 2011 à 12:58
Mouhaha… J'suis pareille que @_lilou_ , je suis obligée de regarder un truc pas flippant après un film d'horreur, pour oublier (sauf que ça ne marche jamais)Aloooors, y a des traumatisées d'hier soir ?
Le 01 novembre 2011 à 15:37
J'ai vu 2 films d'horreur dans ma vie, et bien que j'ai très envie d'en voir d'autres, j'ai trop peur du "après", du "je peux plus dormir seule (voire dormir tout court) pendant 2mois et je laisse toutes les lumières de ma maison allumées toute la nuit"Le 02 novembre 2011 à 16:29
Les films d'horreurs c'est ma came ! et j'ai jamais eu envie de buter quelqu'un...mis à part mon ex mais ceci est une autre histoire ahahCeux qui me font particulièrement peur c'est ceux avec des esprits, le diable, les gens possédés….parce que ÇA j'y crois. Je suis sur que y'en a partout autour de nous. (oui moi aussi…."je vois des gens morts partout"
Seule chez moi, je me fais de sacré films…"et si quelqu'un était rentré derrière moi ?" "et si un esprit maléfique rodait dans ce petit coin sombre la bas ?" "y'a pas un courant d'air chelou la ?" (courant d'air = fantomes…forcément !)
J'aime avoir peur, j'aime être "tromatisé" par un film, y repenser longtemps après. J'aime me dire "purée je sais pas ce que je ferais la…qu'est ce que je pourrait bien faire d'ailleurs à sa place ?"
J'ai souvent besoin d'un épisodes des Simpson après un films trop flippant ^^
Sinon, je ne pense pas, que simplement regarder trop de film d'horreurs fasse péter les plombs, il faut avoir une base un peu "défectueuse" pour ça…t'imagine avec tout les millions de spectateurs qui en voient tout les jours …on serait dans une sacré panade !
(D'ailleurs pour les parisiennes qui aiment VRAIMENT avoir les pétoches, je vous conseil de faire un tour au Manoir de Paris Le Manoir de Paris Accueil j'ai cogité dessus pendant 1 mois au moins après y avoir été, un sacré moment d'angoisse et de rire à partager !)
Le 02 novembre 2011 à 16:45
Bon je l'avoue, moi aussi j'suis une camée des films d'horreur.Je suis assidûment le blog horreur de Mandy Reeks d'ailleurs
J'aime les films d'horreur depuis mon adolescence, à l'époque de Scream et compagnie. Depuis j'ai du en voir des centaines d'autres. C'est clairement mon genre de films favoris.
Je ne sais pas ce qui me motive à les regarder,
l'angoisse et les hypothèses du début peut-être.
J'aime particulièrement les films où le méchant est fait de chair et d'os, où il n'y a pas à craindre de démons ou de revenants. C'est moins marrant, peut-être parce que j'ai plus peur de l'Homme que du divin ahah !
Le 03 novembre 2011 à 04:06
Moi le problème c'est que j'ai très rarement la frousse en regardant un film d'horreur, encore moins quand il s'agit d'un slasher… C'est pas que j'adhère pas aux films d'horreur, loin de là, mais je crois que le fait d'avoir regardé "L'Exorciste" à 11 ans m'a marquéeLa faute à mon père qui rejouait les scènes à la sauce humoristique à table des années avant que je le voie enfin pour la première fois… "Damy, pourrrquoi tu m'as fait ça Damy?"
Si je devais citer 3 films qui m'ont fait sursauter au minimum, je dirais Insidious récemment (mais j'ai plus accroché à l'histoire qu'à autre chose), un obscur film sur des "aliens qui violent une femme pour la mettre enceinte, et le mari chirurgien essaie de l'avorter mais finalement la tue parce que les aliens lui ont fait faire un black-out de 2h pendant l'opération" vu à 13 ans, et The Tunnel. Là j'ai carrément fait 3 cauchemars par nuit pendant 2 nuits, mais ils n'avaient rien à voir avec le film. J'sais pas pourquoi
Bref, moi le problème c'est pas de me remettre d'un film d'horreur, c'est plutôt qu'il me fasse de l'effet… Et puis, des fois, ça me fait de l'effet, mais pas ce qui est prévu: je rigole, je trouve le film hilarant. OMG j'suis psychopathe ????!!!!
Si vous avez des idées de films, j'suis preneuse !