L’Eurovision, mon kif, ma bataille

Ah, l’Eurovision ! Son kitsch, ses paillettes, ses fausses notes et sa géopolitique foireuse ! Si Sarah n’est pas souvent devant son poste de télé, l’Eurovision, c’est son petit rendez-vous annuel. Et elle assume.

L’Eurovision, mon kif, ma bataille

— Article initialement publié le 29 avril 2014.

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Je suis une quiche en télévision. Pourtant quand j’étais petite, je regardais les Minikeums et les anime mal doublés, je maîtrisais le zappage matinal pour ne voir que des dessins animés et je mangeais mes tartines de Nutella devant une vieille VHS de Tex Avery. La jeunesse branchée, tout ça.

Et puis un beau jour, Internet arriva dans ma vie, et m’entraîna dans son tourbillon de gifs de licornes et de lolcats, dont je ne ressortis jamais. La télévision familiale se retrouva seule, livrée au journal de 20h de mon père. Elle soigna lentement son petit coeur brisé, et la vie continua. Les émissions télévisées en tous genres aussi.

Voilà, c’est donc la faute à Internet, si j’ai mis longtemps avant de comprendre qui sont ces gens de « Taupe Chef » dont tout le monde parle, et pourquoi donc l’amour serait-il dans le pré. Et à vrai dire, c’est peut-être aussi, de manière paradoxale, la faute à Internet s’il y a UNE émission que je regarde. Chaque année. Sans jamais la louper.

Qui d’autre qu’Internet aurait pu me vendre les paillettes et les incroyables fausses notes de l’Eurovision ?

Non, je ne suis jamais seule, avec mon Eurovision…

C’est un peu un amour difficile, parfois. Malgré la tonne d’émissions de télé-réalité au ras des pâquerettes qui battent des records de perte de foi en l’humanité chaque année, il faut croire qu’aux yeux de certaines personnes, l’Eurovision est encore un cran au-dessus dans la honte audio-visuelle (surtout audio).

Je ne vois pas le problème.

Je vous laisse imaginer ma déception lorsque, fière de pouvoir montrer au monde que je suis enfin à la page, je demande en remuant la queue et des étoiles dans les yeux qui veut regarder l’Eurovision avec moi… et qu’en guise de réponse, le vent froid et cruel du bide complet m’assaille et me laisse transie dans ma solitude pseudo-culturelle. Et je ne vous raconte même pas les brimades sans fin que reçoit l’oiseau fragile de mon amour pour l’Eurovision sur ses ailes déployées…

« L’Eurovision, pff, aha, sérieusement ? Non mais tu sais que c’est trafiqué, les résultats, quand même ? Et tu sais que les pays qui gagnent, c’est parce que… »

Tu dis juste ça parce que t’as les glandes à l’envers que la France ne gagne jamais. Et paf. Viens faire de l’analyse géopolitique nulle devant l’exemple télévisé par excellence de la géopolitique nulle, si t’es cap’. (Non mais viens, on a des cookies.)

« Euh ouais non, y a une rediff’ des Anges de la téléréalité, ce soir-là. »

Va ! Enferme-toi donc dans l’histoire des déboires de quelques individus pas bien futés dont le manque de bon sens fait le bonheur de leurs producteurs ! Mais sache que sur une autre chaîne, d’autres individus chantent. Ou essaient. Dans des costumes rivalisant de candeur et de bon goût. En faisant des trucs bizarres. Bref. Ça vaut bien Nabilla et son téléphone, hein.

« EXCUSE-MOI, j’ai une vie, moi, le samedi soir ! »

Ouais, eh ben moi, je… J’ai… J’ai une vie culturelle, oké ?!

Laissez-moi tranquille.

Eurovision, alcool et chocolat

Heureusement, il y a quand même quelques gens bien dans mon entourage. Des gens qui m’affectionnent assez pour tout miser sur l’alcool promis pendant la soirée Eurovision — en espérant que parmis les nombreuses vertus du fruit fermenté, il y a l’option « bouchon pour les oreilles ».

Ou qui cachent leur passion non assumée pour l’Eurovision derrière le prétexte de leur attachement pour ma personne, ça marche aussi.

Quoi qu’il en soit, c’est tout à leur avantage. Parce que même si ça ne se voit pas aux positions à la tord-moi le dos que je prends pour travailler devant mon ordinateur, j’ai un sens du confort très poussé. Comprendre : il y a de la bouffe.

Alors je ne sais pas si les gens qui ont une vie le samedi soir sont heureux de se mettre une murge exorbitante dans quelques bars mal famés… Mais moi, ma soirée Eurovision, elle envoie du pâté. Ainsi que du bon alcool, un plat de résistance (pizza, pâtes au fromage…) dont le gras n’a rien à envier à une plaquette de beurre frais, du chocolat, des popcorns au micro-ondes ET des coussins. Qui peuvent accessoirement servir de bouchons pour les oreilles en cas d’urgence (l’Eurovision aussi connaît des débordements).

L’an dernier, par exemple, ce fut imbibés de Riesling et attaquant la troisième boîte de Kinder que nous découvrîmes Koza Mostra :

Je vous raconte pas l’ambiance dans la chaumière.

Des souvenirs pour toute l’année (et plus encore)

Je serai néanmoins honnête : ça ne fait pas si longtemps que ça que je suis allée grossir les rangs des Eurovisionneurs Anonymes qui live-tweetent comme des ouf les déchaînements vocaux de gens dont, souvent, je ne comprends pas la langue. (Heureusement, plus ça va, plus ils chantent tous en anglais en faisant pipi sur leur langue maternelle. Ouf.)

Je dirais que la flèche a trouvé mon coeur en 2006. Devant ça :

Tant de kitsch, de mauvais goût et de coolitude dans un seul show en playback devant un public qui trouve ça totalement normal… C’est trop pour une seule adolescente qui a vendu son âme aux mèmes.

L’émoi ne pouvait que fleurir dans mon petit coeur jusque dans mes yeux émerveillés, comme les années et les Eurovisions passaient et multipliaient les découvertes. Lordi, saxophone guy, les jumeaux irlandais que tu veux étrangler pour qu’ils arrêtent de sauter…

Ah, mais s’il n’y avait que ça. Parce que l’Eurovision, vois-tu lectorat, c’est aussi des lutins moldaves sous acide. Oui. C’est possible :

Des groupes un peu mystiques, mais un peu flippants quand même :

Des, euh… Je ne sais pas :

Voire la découverte d’un pays dont on ignorait l’existence grâce à une chanson nulle qui nous met sous le nez l’étendue de notre inculture en géographie :

Mais surtout, SURTOUT, l’Eurovision, c’est Verka Serduchka.

Amour et frétillements fessiers.

On est d’accord. L’Eurovision, c’est encore mieux que Keyboard Cat. Alors, et toi, le 10 mai au soir, tu sors ta télé du placard, ou tu as une vie ? En tout cas, n’oublie pas de vérifier tes connaissances en refaisant ce quizz. C’est important.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Guerredesmiroirs
    Guerredesmiroirs, Le 17 mai 2016 à 14h30

    Rah, maintenant je veux participer a l'Eurovision et representer la France, Love love peace peace m'a donne plein d'idees: imaginez un pianiste deguise en Napoleon sur un piano Louis 14, un Dj deguise en Tarasque ,des arlesiens torse nu avec des laitieres en bikini, un homme en marcel jouant de l'accordeon, et une chanteuse en robe neon avec des feux d'artifices qui sortent de ses tetons :d

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