Un élu FN voit du « racisme anti-blanc » dans un poème de Léopold Sédar Senghor

Un élu FN voit du « racisme anti-blanc » dans un célèbre poème de Léopold Sédar Senghor, étudié depuis des années dans les écoles primaires.

Article initialement publié le 19 mai 2015

Nicolas Meizonnet, conseiller départemental FN du Gard et attaché parlementaire de Gilbert Collard, a posté un tweet pour exprimer sa colère envers un poème trouvé dans le cahier de sa nièce, élève de CM1. Ce poème n’est autre que le Cher frère blanc de Léopold Sédar Senghor, poète, écrivain et premier président de la république du Sénégal. L’élu FN s’est indigné de ce poème qu’il a jugé comme étant une attaque envers les blancs.

À lire aussi : Le « racisme anti-Blancs » déconstruit en un sketch

Nicolas Meizonnet blâme le corps enseignant de permettre la diffusion de ce genre de textes, qu’il interprète comme un moyen de faire culpabiliser les élèves blancs.

Le poème où Nicolas Meizonnet voit du racisme

cher frères blanc

 

Plusieurs abonnés de Nicolas Meizonnet se sont montrés du même avis, et ne se sont pas fait prier pour manifester leur mécontentement face à ce poème pourtant étudié à l’école depuis des années :

« C’est un poème de SOS racisme? »

Un autre commentera :

« Honte à l’enseignant de pousser au racisme »

À la suite des nombreux commentaires critiquant la bêtise du tweet, Nicolas Meizonnet se défendra en affirmant qu’il ne connaissait pas l’auteur de ce poème. Interrogé par Buzzfeed, l’élu tentera de rattraper son erreur :

« Il n’y avait pas le nom de l’auteur sur la feuille […] je l’attribuais à Aimé Césaire. Mais je n’ai rien contre le poème ni contre Léopold Sédar Senghor d’ailleurs, qui est quand même un Monsieur. C’est l’utilisation qui est faite de ce genre de texte qui est gênante […] À une certaine époque, ce texte pouvait avoir une valeur historique. »

Avant de retomber dans le ridicule :

« Aujourd’hui, on enseigne à des enfants la notion de racisme alors qu’eux-mêmes ne font pas la différence. On dirait qu’on les conditionne à culpabiliser, c’est très choquant. Les enfants ingurgitent des informations sélectionnées qui aboutissent au rejet de leur pays. »

Cette déclaration ne fait qu’enfoncer le conseiller départemental qui n’a visiblement pas compris le message positif de ce poème qui est, en réalité, une invitation à briser les clichés autour de la couleur de peau et un moyen efficace d’apprendre la diversité à des jeunes enfants pour leur donner les clés nécessaires pour pouvoir vivre ensemble et se respecter.

Même s’il est vrai que les enfants ne voient pas la couleur de peau, ce poème permet de les instruire et de les sensibiliser aux questions autour du racisme et des discriminations. En apprenant assez tôt à s’aimer les uns les autres et en intégrant le fait qu’il n’existe pas de « hiérarchie des races » , un enfant pourra avoir des bases solides de compréhension des discriminations et des stéréotypes quand il acquerra une capacité de jugement et de réflexion plus poussée.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Olimeli
    Olimeli, Le 20 mai 2015 à 17h54

    le racisme anti blanc existe mais ce poème n a rien de raciste! :annoyed:je pense que l enseignant peut aborder le theme du racisme, de la couleur de peau et de la difference ca peut etre très instructif :d
    par contre le dernier paragraphe qui dit qu un enfant NE VOIT PAS la couleur de peau... :confused: euh faut pas les prendre pr des idiots! un enfant voit bien qu il y a des garcons, des filles, des blonds, des bruns, des noirs, des blancs et va poser des question normales auxquelles les adultes doivent repondre :hesite: (en gros : sur terre tout le monde est different et c est très bien comme ca)

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