Égalité des chances par l’école : le jeune prof qui défiait Bourdieu

Pondu par Marie.Charlotte le 27 avril 2014     

Un jeune professeur est en train d’emmener sa classe vers un 100% de réussite au bac. Rien d’exceptionnel, sauf quand on enseigne dans un lycée de banlieue défavorisée, où le taux de réussite avoisine péniblement les 70%. Rencontre avec Jérémie Fontanieu.

Jérémie Fontanieu a 25 ans, il est professeur agrégé de sciences économiques et sociales au lycée Delacroix de Drancy, et il est en train d’emmener sa classe de Terminale vers un objectif de 100% de réussite au baccalauréat.

Où est l’exploit ? Dans l’historique des statistiques de ce lycée : à Drancy, dans le « 9-3 » comme il le dit lui-même, le taux de réussite au bac ES est de 70%, contre 91,5 % pour la moyenne nationale en 2013.

Un tiers des élèves redouble ou quitte le lycée sans le bac, et nombreux sont ceux qui l’obtiennent de justesse, pour aller ensuite échouer en fac, le seul débouché possible pour ceux dont les dossiers médiocres ne permettent pas d’alternative.

Drancy, c’est « une banlieue difficile », cet univers qui nourrit les fantasmes médiatiques, à grands renforts de territoires abandonnées, et de « zones de non droit ». Mais Jérémie Fontanieu a demandé à être affecté dans le 93, pas impressionné par le constat désatreux de l’école en banlieue.

Dans Les enseignants victimes de l’abandon des banlieues, Sophie Audoubert en parlait de cette façon :

« Même si l’on en sort brillamment, trop de portes restent fermées lorsque l’on vient de Saint-Denis ou de Sarcelles. Pire, et j’insiste, bien des jeunes de banlieues ont intégré [...] qu’aucune chance ne leur sera donnée, et n’essaient plus.

Ils se vivent comme extra-sociaux, ils existent dans un non-lieu aride qui les condamne à végéter et ne songent même pas à devenir des acteurs de la politique, entendue au sens premier. »

Jérémie Fontanieu est parti officier comme prof dans cette banlieue sans ambition révolutionnaire, ni recette miracle. Son secret ? Pragmatisme et réalisme. Et une bienveillance totale envers ces jeunes qu’il admire et adore.

« Dès le début, je me suis planté ! »

Lors de sa première année d’enseignement, en 2011-2012, la bienveillance avait clairement pris le dessus sur l’autorité. Il n’a jamais réussi à obtenir de ses élèves le respect en tant que professeur :

« J’ai commencé à faire des blagues dès le premier jour – dès le début, je me suis planté ! »

À la rentrée 2012, il opère un changement de méthode, sans changer d’objectif : emmener ces jeunes vers la réussite, avec toujours, un profond respect et une affection sincère pour eux.

La meilleure définition de la « méthode Fontanieu », ce sont ses élèves qui l’ont donnée. Sur la carte de remerciement traditionnellement laissé à leur prof avant les vacances, ils ont écrit l’année dernière « merci d’avoir cru en nous ».

« Merci d’avoir cru en nous »

Et si c’était aussi simple que ça ? Ne pas accepter le constat d’échec comme une fatalité, mais en analyser les raisons, s’attaquer aux facteurs sur lesquels on peut avoir une influence. Le manque de travail, ce n’est pas un secret, sauf que ces jeunes le paient plus cher que d’autres.

Le manque d’ouverture culturelle, l’école peut y remédier : avec des classes disciplinées et des élèves motivés, les sorties scolaires apportent une valeur ajoutée très importante à ceux qui quittent rarement leur banlieue, même s’il s’agit tout simplement de visiter un prestigieux lycée parisien.

Croire au potentiel de ces jeunes, c’est une évidence pour le jeune prof, amateur de culture hip hop : « je suis attaché à ces gamins, ils sont street, ils sont trop beaux. »

Et concrètement, comment ce prof si jeune qu’on le confond facilement avec un lycéen est-il en passe de défier les statistiques ?

Égalité des chances par l’école : le jeune prof qui défiait Bourdieu  entre les murs

Pur pragmatisme

C’est par pur pragmatisme qu’il a opté pour une approche disciplinaire rigoureuse, assure-t-il :

« Je n’ai aucune idéologie, je ne défends aucun principe. Je ne suis pas porteur d’un courant de pensée, je n’ai rien lu en sciences de l’éducation – ce qui est flippant d’ailleurs quand on y pense ! Je suis hyper pragmatique. »

L’enseignement n’était pas une vocation, affirme-t-il. Ce jeune diplômé de sciences po Lille a passé l’agrégation de sciences sociales pour pouvoir gagner sa vie tout en poursuivant une thèse en philosophie morale. Ce domaine de recherche étant fort peu rémunérateur, il est entré dans la fonction publique.

Mais s’il n’est pas arrivé dans l’éducation nationale avec l’ambition de révolutionner les méthodes d’enseignement, c’est pourtant une petite révolution qui est en train de se produire au lycée Delacroix de Drancy.

Enrayer le déterminisme social grâce à l’école

« J’avais lu Bourdieu et toute la sociologie de l’éducation. En gros, le système scolaire reproduit les inégalités : 50% des fils d’ouvriers ont le bac, si on prend les enseignants, c’est 90%. Les écarts scolaires apparaissent dès la classe de CP (la première année de la scolarisation obligatoire) et ne cessent d’augmenter.

La méritocratie républicaine n’a jamais existé ! Même à l’époque de Jules Ferry, c’était un mythe, la vérité c’est qu’il y avait 5% des élèves qui passaient le baccalauréat.

Depuis les années 80, on démocratise. Le taux de bacheliers qui était à 10% en 1960 est passé à 70% aujourd’hui. Mais l’école ne s’est pas adaptée ! À Drancy, les élèves ont à peu près leur bac mais c’est à l’arrache.

Il n’y a pas de véritable égalité des chances, parce qu’après, ça décroche dans les classes préparatoires ou à la fac, et c’est ce qui fait qu’il n’y a pas un seul ouvrier devenu député, la honte !

La reproduction sociale existe, les enquêtes PISA nous mettent la misère tous les ans. La question essentielle pour nous c’est : comment faire pour changer les choses ? Nous, on incarne le truc. Ces gamins l’incarnent. »

Quand j’arrive en seconde, il y a déjà eu énormément de tri. Quand tu lis Bourdieu, que tu regardes les statistiques ou les enquêtes PISA, tu te dis : « à quoi je vais servir au lycée ? »

Pourtant, les élèves ne sont pas démissionnaires. Ils viennent en cours, ils sont attentifs, ils ont intégré qu’ils étaient là pour travailler… Mais ils ne travaillent pas, ils ne relisent pas leurs cours. « J’étais pareil à leur âge » confesse le professeur.

Le manque de motivation n’est pas uniquement le fait de la fainéantise. Pour réussir leur scolarité, ces jeunes ne doivent pas seulement vaincre la paresse, ils doivent surtout dépasser le déterminisme social, le sentiment d’être condamné à l’échec par leur statut de « banlieusard ».

« Très vite, tu vois que Bourdieu a raison. On voit les écarts de niveaux sur les enfants qui viennent de milieux socio-culturels différents. »

L’école républicaine est une chance pour ces enfants, d’autant plus précieuse qu’ils n’ont souvent aucun autre recours. Mais Jérémie Fontanieu insiste sur ce point : c’est une chance, pas un dû.

« L’école ne vous doit rien. L’école est une main tendue vers vous. Vous ne crachez pas dans la main qui vous est tendue. À la limite, vous nous remercierez dans dix ans – mais je ne veux pas qu’ils aient de la reconnaissance, je ne leur dis pas « sois reconnaissant ! »

Je leur tends la main, à eux de la prendre, c’est tout. Le but ? Changer le rapport de consommateur qu’ont les élèves – que j’avais aussi – avec l’école aujourd’hui. « j’espère que le prof va pas trop me casser les couilles aujourd’hui », ça, c’est de la consommation : « j’espère que le cours va ME convenir ». Ça ne marche pas comme ça. Tu prends ce qu’on te donne, point. »

Pas de rattrapage

Le problème des élèves dans ces territoires relégués, c’est qu’ils n’auront pas de deuxième chance s’ils ratent celle que leur apporte l’école. Jérémie Fontanieu fait le parallèle avec sa propre expérience, lui qui est également « banlieusard », mais pas de la même banlieue.

Issu d’un milieu social favorisé, il a lui-même été un de ces élèves désintéressés par l’école, méprisant envers ses professeurs :

« J’ai pu m’en sortir par ailleurs, sans trop travailler. J’étais un petit con, je manquais de respect envers les profs. Après le bac, je voulais rentrer à sciences po, je me suis pris la réalité dans la figure, mes parents m’ont payé une prépa privée.

Ces gamins-là ne pourront jamais faire ça ! Ils n’auront pas de deuxième chance. »

Pour ces jeunes déjà relégués, l’enjeu est de rester dans la compétition et faire jeu égal avec tous les autres.

Rigueur et régularité…

Au lieu de chercher à « mettre à l’aise », à détendre l’atmosphère, le jeune prof donne le ton dès le premier jour. La consigne est simple : il faut relire son cours tous les soirs. Ça représente 45 minutes par jour, ce n’est pas la mer à boire.

Jérémie Fontanieu ne donne jamais de devoirs écrits, pour ne pas accroître les inégalités entre ceux qui peuvent se faire aider et les autres. Mais lire le cours chaque soir est à la portée de tous :

« Ils sont en Terminale ES. Les sciences éco, c’est leur matière principale. S’ils ne sont pas capables d’y consacrer 45 minutes par jour, qu’est-ce que ça veut dire pour les autres matières ? 15 minutes en maths ? Alors que la matière a un coefficient 5 au bac ?»

Pour vérifier que le cours est relu et assimilé, les élèves sont évalués chaque semaine par un QCM. La notation est sévère (des points en moins sur 10 à chaque erreur), et sanctionne l’absence de régularité.

Égalité des chances par l’école : le jeune prof qui défiait Bourdieu  qcm teamtes2

Un exemple de QCM des Terminales ES

Ceux qui bachotent la veille du contrôle n’ont pas assimilé correctement les notions, et commettent davantage d’erreurs. En début d’année, la moitié des élèves subissent un, deux, trois 0/10 aux premiers QCMs.

Mais en respectant la consigne de régularité, les élèves constatent eux-mêmes leur progression : les notes s’améliorent, jusqu’à une moyenne de classe supérieure à 16/20 en fin d’année. Comme quoi, c’est possible, il suffit de travailler régulièrement…

… et récompense

La rigueur disciplinaire n’empêche pas de forger une véritable équipe, ni de créer des liens. Jérémie Fontanieu emmène quelque fois sa classe en sorties, et fait venir des intervenants extérieurs. La classe a pu, par exemple, aller à la Fête de l’Huma ou encore visiter l’Unesco, et y rencontrer le prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus.

Le directeur de Sciences Po Lille Pierre Mathiot, le rappeur Disiz la Peste et l’actrice Nawell Madani ont également rendu visite aux éleves à Drancy, histoire de proposer des modèles de réussite auxquels ces jeunes puissent s’identifier.

Et la réussite ne repose pas uniquement sur le travail individuel, même si c’est la base pour ces ados qui admettent volontiers « ne rien foutre ». Le jeune prof retourne et utilise à son avantage la contrainte du nombre : avec 35 élèves en Terminale, difficile d’offrir un suivi personnalisé à chaque élève. Qu’à cela ne tienne, il met en place une dynamique d’équipe, la « Team TES2 ».

Égalité des chances par l’école : le jeune prof qui défiait Bourdieu  journal teamtes2

« Le magazine de l’élite », rédigé par la TeamTES2

Il n’hésite pas à solliciter les autres membres de l’équipe pédagogique pour renforcer l’encadrement des élèves, et à impliquer également les parents.

Un cercle vertueux

Car malgré le rythme hebdomadaire des évaluations, certains ne se mettent toujours pas au travail. Le professeur avait prévenu, il met alors ses menaces à exécution :

« J’ai prévenu que j’appellerai les parents de ceux qui n’auraient toujours pas la moyenne aux QCM après les vacances de la Toussaint [l’année dernière].

Au premier QCM, les résultats n’étaient pas meilleurs. Il a fallu que j’appelle un bon tiers des parents ! »

Il n’avait pas le choix : annoncer une punition sans la mettre à exécution aurait porté un coup fatal à sa crédibilité.

La première fois qu’il joint les parents d’élèves, c’est la voix tremblante… Allaient-ils accepter de travailler avec l’école ? Auraient-ils suffisamment confiance en l’équipe pédagogique ? La réponse dépasse les attentes. Tous les parents contactés réagissent avec enthousiasme, demandant à être de nouveau informés par le professeur de leur enfant, décidés à sanctionner si le travail n’est pas fourni. La confiance s’installe et les relations gagnent en qualité.

D’autres membres de l’équipe pédagogique commencent à partager les informations avec le professeur principal des Terminales ES2 : untel ne travaille pas, l’autre perturbe le cours… Les profs communiquent sur le comportement et les résultats sans attendre le conseil de classe, et Jérémie Fontanieu informe les parents par SMS, régulièrement.

Aux profs la mission d’expliquer, réexpliquer le cours, tenir la classe pour ne pas perdre les élèves, aux parents la responsabilité de maintenir la pression à la maison. Parents et professeurs partagent finalement la même ambition, celle de voir ces jeunes réussir et s’épanouir, devenir des adultes autonomes.

C’est grâce à ce suivi régulier, quasiment « en temps réel », que les élèves changent : dans l’attitude, dans le travail. La dynamique prend. À mesure que l’année avance, les élèves deviennent petit à petit les propres acteurs du mouvement : avec les SMS aux parents et les échanges avec les collègues, « Monsieur Fontanieu » n’a fait que les mettre sur la bonne voie.

« J’y mets un peu plus de moyens, mais il ne faut pas grand chose. Communication entre collègues, travail avec les parents. »

Expliquer les codes

Il ne manque en effet pas grand chose à ces jeunes pour égaler en réussite ceux d’autres lycées, hors des zones aux acronymes stigmatisants, qu’on changera à la prochaine politique publique de sauvetage.

Pourtant, ils n’ont pas besoin d’être « sauvés », ils ont simplement besoin que l’école républicaine tienne ses promesses d’égalité des chances. Il leur manque les codes que leur milieu social ne leur a pas permis d’acquérir.

« Mes cours de SES sont un prétexte pour un enseignement beaucoup plus large : donnez-vous les moyens, faites preuve de rigueur. La puissance vient d’eux. Il suffit de rien. Tu mets un cadre strict. Tu travailles avec les parents. Tu changes le regard des gamins.

Mon « système pédagogique », c’est un smartphone ! Je ne fais qu’envoyer des SMS aux collègues et parents, je gère aussi avec la page Facebook et le compte Twitter de la classe. Je m’en sers comme outil de management, pour poster des encouragements et des programmes de révision en SES comme dans les autres matières en coopération avec les collègues.

Égalité des chances par l’école : le jeune prof qui défiait Bourdieu  facebook teamtes2

Facebook, un outil de management pour la TeamTES2 

Mais je ne discute pas avec mes élèves sur Facebook. Je les appelle Monsieur et Madame, on se vouvoie, je ne suis pas leur pote. Ils peuvent envoyer des messages privés sur la page Facebook, mais ce n’est absolument pas mon compte personnel. Et pas à n’importe quelle heure, de même il y a des règles formelles à respecter, parce que dans la vie, il faudra respecter ces règles, se comporter comme ça, alors autant apprendre à le faire dès maintenant !»

Et les élèves en redemandent, parce que ça marche, parce qu’une fois les habitudes de travail installées, on prend goût à la satisfaction de réussir un contrôle, et bien au delà, de mieux comprendre l’actualité et le monde qui nous entoure. Surtout, ils réalisent qu’ils peuvent tous y arriver.

L’émission de France Culture avec Jérémie Fontanieu et quatre de ses élèves : « réinventer l’exigence en classe ».

Égalité des chances par l’école : le jeune prof qui défiait Bourdieu  teamtes2 livre dor ministere justice

Le mot laissé sur le livre d’or, lors de la visite du ministère de la Justice à l’occasion des journées du patrimoine

Pari gagné ? Mais oui, pari gagné !

100% de réussite au bac, dans ce lycée qui stagne plutôt aux alentours de 70% en ES, le défi est de taille. Mais nul besoin d’attendre les résultats de l’examen pour savoir que le pari de la TeamTES2 est déjà gagné.

Même si l’objectif de 100% n’était pas atteint – mais on croise les doigts pour eux ! – , la marge de progression par rapport au taux de réussite moyen sera énorme. Et bien au delà des chiffres, ce qui compte avant tout, c’est la capacité de ces élèves à s’en sortir par la suite.

Avoir le bac n’est pas une finalité en soi, tout ce que l’on souhaite aux membres de la TeamTES2, c’est de continuer à croire en leur potentiel, de poursuivre leurs ambitions en dehors de la salle de classe.

Le prof de SES de Drancy ne leur a pas donné des ailes : ils en avaient déjà. Encore fallait-il qu’ils s’en convainquent, et surtout, qu’ils osent s’en servir.

Banlieusard, de Kery James. L’hymne de la TeamTES2 ?

Pour aller plus loin :

Interview mtier

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Cet article a été pondu par Marie.Charlotte - Tous ses articles

Marie.Charlotte a été jeune cadre dynamique pendant 3 ans avant de rejoindre la team MadmoiZelle. Elle aime les débats politiques et de société, les séries américaines et le sport (mais surtout à la télé). Elle est toujours à la recherche de jeunes professionnelles dans tous les secteurs, n'hésite pas à la contacter si tu souhaites témoigner !

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. HawleyHawley

    Le 29 avril 2014 à 18:19

    @iaoranamoana Oui je pense qu'on est d'accord sur le fait que faire de la pub excessive pour une filière ou une autre n'est pas sain. Il faudrait clairement qu'en arrivant en troisième les élèves (de ZEP et les autres) aient une vision "neutre" des filières possibles et qu'ils choisissent selon les infos qu'on leur donne, et pas selon des présupposés sociaux (que ce soit "tu dois aller en filière pro parce que tu réussiras pas le bac/parce que c'est mieux pour l'insertion pro" ou "tu dois faire une générale parce que le bac pro c'est pas un "vrai" bac", c'est horrible mais celle-là je l'ai aussi entendue). Moins de pression, plus de liberté dans le choix pour choisir une voie dans laquelle on se plaît et où on a donc plus de chances de réussir (à mon sens l'envie est déjà un gros facteur de réussite).
  2. IaoranamoanaIaoranamoana

    Le 29 avril 2014 à 19:13

    Posté par sword
    Je pense que tu viens de mettre le doigt sur une des failles centrales du système d'orientation.

    Une conseillère d'orientation a dit à une copine qui voulait faire ingénieure de faire plutôt un BTS Vente. Car ya plus de filles. Mouimouimoui :lunette:
  3. Lady StardustLady Stardust

    Le 29 avril 2014 à 23:13

    Posté par laure-kidee
    Mais relisez l'article : on parle d'un prof dans une situation bien précise. On ne parle pas de "MONSIEUR J'AI UNE METHODE REVOLUTIONNAIRE QUI VA SAUVER TOUS LES ELEVES DE FRANCE ! "

    […]

    Tous les élèves sont différents, c'est vrai. Et pourtant l'école est la même pour tous.  Tous les élèves d'une même classe vont avoir, à quelques choses près, le même type d'enseignement. C'est un fait.



    Non ce n'est pas vrai. En France, l'école n'est pas la même pour tous.

    Déjà les ZEP, c'est pas juste un acronyme connoté péjorativement: ces établissements ont un statut spécial qui leur donne plus de moyens (plus d'argent, dans le mien on avait plus d'encadrants, y'en a où il y a moins d'élèves par classe, etc).

    Ensuite est-ce que c'est vraiment la même école quand on a de côté un établissement (en ZEP ou pas), avec une LV1 anglais et une LV2 espagnol (pas d'autre choix) contre un autre avec du latin, du grec ET du russe LV2 (c'est le cas d'un de mes amis de fac, ça m'avait très surpris de voir que oui, dans certains collèges, y'a (beaucoup) plus de choses).
    Sans compter au lycée avec les sections européennes, les options cinéma (!!!) et théâtre, le chinois et l'italien, etc.
    Options "prestigieuses" qui se trouvent souvent d'ailleurs dans des établissements plus côtés (entraînant tout un tas de "vocations" pour le russe LV2 de la part d'élèves (ou plutôt leur parents) qui veulent éviter le "collège-poubelle" à côté de chez eux et vont sortir la carte de l'option rare pour envoyer leurs gamins dans un meilleur établissement).

    Je ne parle même pas des activités hors de l'école: j'ai plus été à la piscine dans le cadre scolaire depuis mon CM1…

    Dans le même genre, la semaine dernière, j'ai un peu halluciné quand j'ai appris que des collégiens français allaient venir 2 semaines en voyage scolaire dans le coin où je vis aux États-Unis :oo: Mon souvenir du collège, c'est des tombolas et autres activités pour financer (difficilement) une semaine en Angleterre… (mais les collégiens qui viennent aux Etats-Unis sont d'une ville connotée "banlieue riche française", là pour le coin j'ai trouvé ça "explicable"…)
    Vu les (très) différents milieux sociaux dont je parle là, je crois moyen au hasard sur pourquoi dans ce collège ci on peut aller là, mais pas dans celui là.

    Ensuite théoriquement le programme est le même. En pratique il y a quand même une liberté pédagogique certaine chez les profs. Les méthodes diffèrent, le style aussi. A classe égale on peut se retrouver avec un très bon enseignement face à un très mauvais. Car si les contenus sont en théorie les mêmes (et encore, au lycée, les programmes sont pas toujours bouclés donc non on apprend pas la même chose dans toutes les classes) (coucou ma prof de philo et le tiers du programme :hello:), la manière dont ils sont enseignés joue beaucoup sur ce qu'on va en comprendre ou pas.

    @kanasucre témoigne bien de son expérience du collège: tous les collèges de France sont-ils comme ça? Non.

    L'école est loin d'être la même partout, c'est un mythe ça.


    Du reste, si le prof ne présente pas sa méthode comme révolutionnaire ou un truc du genre, l'article donne l'idée que ce qu'il fait est exceptionnel ("exploit").
    Exploit mené à l'aide d'idées sous-entendues comme absentes chez ceux qui n'ont pas cet exploit: "Son secret ? Pragmatisme et réalisme. Et une bienveillance totale envers ces jeunes qu’il admire et adore."

    La question "Et si c’était aussi simple que ça ? " est posée, et tout le ton de l'article nous enjoint à dire "oui", devant cet "exploit".
    Article qui présente ses méthodes comme "une petite révolution": "Mais s’il n’est pas arrivé dans l’éducation nationale avec l’ambition de révolutionner les méthodes d’enseignement, c’est pourtant une petite révolution qui est en train de se produire au lycée Delacroix de Drancy."
    J'ai l'impression là que ça généralise à tous les lycées "à la traine" niveau stats l'idée que ce qu'il fait est nouveau, même, révolutionnaire!

    Sans compter le gros poncif que j'avais déjà relevé: "Comme quoi, c’est possible, il suffit de travailler régulièrement…". Aucun recul de l'article sur ce point là (qui globalement n'est pas renseigné ni n'a de distance avec son sujet).
    L'amélioration des résultats, la réussite scolaire? Le travail régulier, sans nuances, sans ajouts, pour expliquer que, non, c'est pas "si" simple l'apprentissage.

    Globalement, le ton de l'article laisse à penser que ces méthodes sont une "petite révolution" pour l'éducation nationale, et que c'est archi-novateur… ça l'est peut-être dans ce lycée vu qu'il est écrit que "D’autres membres de l’équipe pédagogique commencent à partager les informations avec le professeur principal des Terminales ES2 : untel ne travaille pas, l’autre perturbe le cours… Les profs communiquent sur le comportement et les résultats sans attendre le conseil de classe" sauf que comme d'autres en ont témoigné avant moi, la communication avec ses collègues (!) / la direction / les parents, ça se fait déjà dans certains endroits…
    Idem pour la dynamique d'équipe, etc.

    En parlant de "petite révolution", "d'exploit" vu les stats au bas, l'impression est que tous les autres lycées de ce type (voir tout l'enseignement en général) est mis dans le même panier. un panier peu glorieux vu qu'on y parle en contraste "d'exploit"…

    Sauf que la réalité n'est pas si simple que ça, que ce monsieur n'est ni le premier, ni le dernier à pratiquer la "bienveillance" dans la classe pour stimuler la motivation, la communication avec les autres acteurs de la vie de l'élève, etc.

    Parce que contrairement à ce que l'enthousiasme de l'article semble vouloir nous dire, la réussite ce n'est pas juste une question de travail, le travail pas juste une question de motivation, et la motivation pas juste une question d'image de soi-même qu'il faut booster.

    La vraie vie, l'apprentissage, l'enseignement, c'est un poil plus compliqué que ça.

    Et ces nuances là, je ne les vois nulle part dans cet article (sans compter les poncifs simplistes).

    Je trouve plein de choses positives à ce jeune prof, mais un article renseigné et neutre aurait été une meilleure introduction à son travail.
  4. SeruSeru

    Le 30 avril 2014 à 09:53

    @Lady Stardust +10000, je n'aurais pas dit mieux.
  5. Laure KidéeLaure Kidée

    Le 30 avril 2014 à 12:43

    @Iaoranamoana Bien sûr que le forum sert à élargir le débat. Je tentais juste d'expliquer que c'est pas la peine de taper sur CE prof ;)

    @Lady Stardust : j'ai voulu "calmer le jeu" au sujet de CE prof et j'ai pris volontairement des raccourcis.
    Je suis d'accord avec ce que tu dis sur le point de vue de l'article, les différences de moyens et d'options suivant les collèges/lycées.
    Ce que je voulais dire c'est justement que c'est le point de vue de l'article de dire que c'est "révolutionnaire" pas le point de vue du prof. A la décharge de Madmoizelle : ça fait du bien de voir des profs enthousiastes et concernés et de prendre une petite dose d'optimisme.
    Et quand je disais que "l'école est la même pour tous" , je voulais surtout parler des élèves d'une même classe qui assistent au même cours avec le même prof : ils n'ont pas tous besoin du même enseignement, de la même façon d'aborder les choses. Je voulais dire qu'au sein d'une même classe c'est déjà difficile d'avoir une "méthode" qui convient au plus grand nombre alors au niveau national!!!

    En bref, je voulais un peu détendre l'atmosphère, relativiser. Mais il y a tellement à dire et à faire au niveau de l'éducation nationale que je comprends vos réactions.
  6. lalayalalaya

    Le 01 mai 2014 à 14:46

    @laure-kidee

    Merci pour tes commentaires, qui synthétisent parfaitement ce que j'aimerais dire, j'ai un peu du mal à comprendre comment les madmoizelles peuvent s'enflammer à ce point contre ce prof, cet article et ce qu'il laisse dans l'ombre….

    En ce qui concerne les études supérieures, je vois pas en quoi cette méthode serait mauvaise et ne ferait que retarder le problème. Le lycée, c'est une étape, une façon de faire tellement différente de ce qu'on peut faire après, c'est juste incomparable! Personnellement, en démarrant mes études, j'ai tout appris, même ce qui pouvait ressembler à ce que je faisais au lycée… J'ai appris différentes méthodes, différentes manières de travailler… J'étais élève moyenne au secondaire mais une fois dans le supérieure, dans une formation qui m'a plu, j'airéussià surmonter mes difficultés car c'est bien plus motivant de travailler en sachant pour quoi on le fait, et quand on a un véritable but.

    Une fois qu'ils auront appris, notamment grâce à ce prof, à avoir confiance en eux, à croire en leurs capacités et à trouver leurs envies d'avenir, ils ne pourront que réussir.
  7. KrokotiiliKrokotiili

    Le 01 mai 2014 à 17:08

    Restons quand même prudents…
    Je n'ai pas lu ts les commentaires, donc, merci de ne pas me fustiger si je répète des choses, mais l'attitude de ce prof est dangereuse :

    Non seulement il n'a pas inventé l'eau chaude : mettre des limites, avoir des exigences, en attendre beaucoup des élèves, exclure si besoin la concertation dans l'équipe pédagogique, c'est juste la base pour survivre dans les étab difficile -et donc, tous les autres passent pour des incompétents voire des grosses feignasses, superbe ! -

    mais en plus, les élèves ne peuvent que craquer sous la pression : les sms quotidiens aux parents + l'invasion de l'espace intime via FB à cet âge où l'on est si fragile moralement … La confusion entre l'espace de l'école et l'espace familial est malsaine. La surveillance totale, le fait qu'il s'immisce dans la vie familiale = un désastre pour des élèves fragiles.
    Alors, impliquer les parents oui, mais l'absence de mesure et le fliquage (non seulement des élèves mais aussi des collègues) est à bannir.
  8. Marie.CharlotteMarie.Charlotte

    Le 06 mai 2014 à 10:09

    UP !

    Jérémie Fontanieu était l'invité de RFI le 29 avril, pour une émission de radio en reportage dans sa classe, avec des interviews de ses élèves également. 

    C'est intéressant d'entendre sa manière de s'exprimer, de l'écouter expliquer sa méthode. Et les réponses des élèves face à la pression que vous avez été nombreuses à dénoncer ! :clin:

    Transmettre et apprendre, une émission de radio avec Jérémie Fontanieu, avec des interviews de ses élèves, sur RFI.
  9. Johnny WinstonJohnny Winston

    Le 06 mai 2014 à 16:52

    Posté par tessy
    D'une, il me semble qu'on a des exemples à la pelle prouvant que le redoublement ne sert à rien, qu'il est mal vécu par la majorité des élèves, et que ce n'est pas les surprotéger que de se rendre compte que les faire redoubler de force à un jeune âge, ça achève bien souvent de les dégoûter de l'enseignement.

    De deux, j'ai pas compris ta référence avec le géranium. Tu ne comprendrais vraisemblablement pas non plus les références que j'utilise avec mes collègues. Je pense qu'on ne comprendrait ni l'une ni l'autre une bonne partie des références de lycéens du 93. Ceci ne prouve en aucun cas que tu es supérieure, que ces lycéens sont inférieurs, et que je suis quelque part au milieu sur l'échelle de l'élite française. Ceci prouve juste qu'on a pas les mêmes références… Contrairement à toi, je suis d'avis que la culture générale élitiste (que tu définis comme étant la seule forme de culture possible) ne sert guère à autre chose qu'à répondre aux questions des apéricubes.
    ___

    J'ai vraiment pas aimé cet article. J'apprécie pas du tout qu'on glorifie à ce point une pseudo réussite pour faire oublier toutes les failles de notre système éducatif.
     Dire qu'il suffit d'un peu de volonté pour avoir le bac même dans les quartiers difficiles, ça permet de ne pas remettre en cause la politique d'urbanisme lamentable de la France qui ne vise que la ségrégation pour que les élites puissent avoir la paix entre gens intéressants qui savent répondre aux questions des apéricubes.
    Souligner les réussites du lycée républicain, c'est entretenir le mythe selon lequel on aura un bon travail si on a bien étudié à l'école et éluder la question du chômage, qui n'arrive qu'aux gens qui l'ont bien mérité; alors qu'on vit dans une société où la moyenne de la population est trop éduquée par rapport au rôle qu'on lui donne dans l'organisation du travail et de la société (combien de personnes se sont déjà vu refuser un emploi parce qu'elles étaient sur-qualifiées?) et qu'il n'y a pas de travail pour tout le monde parce qu'on a remplacé la main d’œuvre par l'automatisation et la rationalisation. Et tant qu'on promet aux gens que l'école républicaine leur apportera un travail s'ils le méritent, on aura pas besoin de penser à instaurer un revenu de base pour redistribuer les richesses créées sans main d’œuvre. Tant qu'on dira aux classes défavorisées qu'elles peuvent s'en sortir par l'éducation, on ne regardera pas le fait que s'ils sont pauvres, c'est qu'un patron, quelque part, a choisi de les sous-payer, ou d'utiliser plus de machines pour embaucher moins et de garder pour lui le bénéfice ainsi réalisé.
    Tant qu'on mettra sous les feux des projecteurs des exemples de réussite individuel, on aura pas à repenser un problème global.

    Mais non, c'est vrai, y'a pas de problèmes, le chômage structurel de masse, l'inégalité, la reproduction sociale, le mépris des élites pour les gens qui ne leur ressemblent pas, le système scolaire qui détruit la confiance en eux de nombre d'élèves et n'est utile qu'à ceux qui sont de base déjà bons, aucun souci, y'a qu'à se bouger et on y arrive quand on le mérite.


    référence à Asterix et Obelix mission Cleopatre, parce que comme l'ont si bien fait remarquer quelques demoiselles je suis elitiste et meprisante. Niveler par le bas c'est un choix, laisser moi en faire un autre, l'école n'A PAS A être le seul fournisseur de culture et de savoir. Le jour où les profs iront en cours en se disant "je ne dois pas m'attendre à ce qu'ils sachent quoi que ce soit" c'est que la tyrannie de la majorité aura gagné.
    Quand je ne comprenais pas la référence de mon prof de grec j'allais la chercher sur google deux heures plus tard, et je suis loin, très loin d'être exceptionnelle, alors OUI, parfois, faut discriminer, entre les gens qui ont de la curiosité et envie de faire partie du monde et ceux qui ont juste envie de consommer.
    En temps qu'eap je ne juge pas les élèves, et tente d'aider chacun. Parfois, ça me frappe, comme un malaise, qu'à leur âge je n'aimais pas la grande partie de mes camarades, et me faisait régulièrement taper par les segpa (la classe que j'ai le plus envie d'aider parce qu'ils sont stigmatisés désormais).
    Alors oui, je reconnais, c'est être méprisante que de juger des élèves sur le fait qu'ils captent une référence, des élèves de collège ou de lycée. C'est mal, je tenterais de ne plus le faire.
    Mais alors permettez moi de mépriser ouvertement mes petits camarades de licence qui trichent à tout va passent les cours sur leurs iphones ou à dire que c'est chiant et que ça sert à rien et que la prof elle est même pas gentille, des gens qui crient au scandale parce que quoi yavait une référence biblique à capter ici mais attends eh oh école laïque bah oui coco mais la littérature anglaise elle a pas attendu Jules Ferry pour exister alors oui, effectivement, fallait passer au moins un quart d'heure sur internet à chercher qui c'était le fils prodigue, parce que ça n'a jamais été une obligation de comprendre l'allusion mais en la comprenant tu savoures d'autant mieux le texte, de la même manière que tu savoures mieux "Community" si tu captes tout ce que dis Abed.

    D'une manière générale la vie est plus belle quand on la comprend, quand on l'appréhende dans son ensemble. Ca fait quatre ans que je fait dépression sur dépression et c'est peut-être ce qui me pousse à tenter de vivre intensément le peu de choses que mes angoisses et mon état physique me laissent faire. C'est en tentant de comprendre le monde que je suis devenue féministe, c'est en souhaitant comprendre une chanson que j'ai lu 1984, c'est en étant curieuse que je me suis ouvert des milliers de portes, tant de portes que je n'aurais pas assez d'une vie (surtout si je passe les trois quarts de celle ci a m'énerver sur un clavier devant un écran enfermée dans ma chambre) pour glisser ma tête à chacune d'elle.
    Tu veux qu'un gamin ai l'envie d'apprendre ? Frustre le. Fais naître le désir (cours de philo niveau terminale socrate désir le philosophe amoureux blablabla) : fais une référence, et si tu les vois te regarder avec des yeux de veau mort nés explique la leur, explique en quoi elle était en lien avec ta matière, et continue ton cours. ne te prive pas parce que tu veux être à leur niveau, comme la dit je ne sais plus qui, ce n'est effectivement pas une relation d'égal à égal : tu es au dessus d'eux parce que tu es plus pleine qu'eux , et ton but est de les remplir, du même matériel, qui ne fera pas naître les mêmes réflexions. Y'a pas dix mille raisons de vouloir être prof : la plupart du temps c'est qu'on a connu quelqu'un qui nous a "changé la vie", nous a fait découvrir un pan de nous qu'on chérit à présent, ou nous a juste fait aimer apprendre. Je serais surprise que des profs se contentant de donner leur programme se trouvent parmi ces changeurs de vie là, mais l'erreur est humaine, et surtout, me contredire c'est me faire apprendre, alors n'hésitez pas.
  10. Johnny WinstonJohnny Winston

    Le 06 mai 2014 à 16:58

    Et pour en revenir aux lycéens du 93 : je sais pas toi mais moi je suis pas si vieille alors souvent je capte, et quand je comprend pas un truc qui les fait rire je leur demande de m'expliquer, et si j'étais avec tes collègues je vous demanderez la même chose. Dans culture générale y'a GENERAL, et spoiler : ca veut pas dire que c'est la culture qui se situe au dessus de la culture caporal.

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