5 endroits à visiter au péril de sa vie

Lassées des transats, des orteils en éventail et des chouchous vendus sur la plage de la Grande Motte ? Pas de souci : Jack Parker vous liste des destinations toute indiquées pour les dernières vacances de votre vie.

5 endroits à visiter au péril de sa vie

Envie de voyager, mais marre des Club Med et des hôtels tout confort ? Vous préférez risquer votre vie dans les plus beaux endroits du monde ? Vous aimez le parfum du danger ? Bien bien bien. Laissez-moi donc vous présenter cinq destinations extraordinaires qu’on aimerait bien visiter mais dont on risque de ne jamais revenir entier (c’est ÇA, les vraies vacances, celles dont on sait pas si on reviendra un jour).

1. L’île de Ramree – Birmanie

Située dans le golfe du Bengale, l’île de Ramree est un endroit historique – une longue bataille sanglante s’y est déroulée entre janvier et février 1945 entre l’armée britannique et les troupes japonaises. En plus de l’horreur de la guerre et des ennemis humains, les soldats ont dû faire face à d’autres obstacles – la faim, la soif, les moustiques, les scorpions mais surtout… les crocodiles. Imaginez-vous en pleine seconde guerre mondiale, affamé, assoiffé, affaibli, pataugeant dans la boue, assailli par toutes sortes de vermines, menacé par l’ennemi qui guette et cerné par les crocodiles – la grosse kiffouze, hein ? Petit exemple du taux de mortalité engendré par ces conditions : une nuit, mille soldats japonais se sont retrouvés encerclés par des crocodiles.

Quoi ? Moi, un crocodile ? Haha, mais non j’suis un tronc d’arbre magique, viens voir j’vais t’dire un secret sur ton avenir. Et enlève tes sandalettes en plastique.

Pour l’ambiance sonore, imaginez un mélange de rafales de balles, de hurlements de douleur et de claquements de mâchoires de crocodiles. Au petit matin, il ne restait que vingt soldats vivants. Si ça peut vous rassurer, plusieurs historiens s’accordent à dire qu’il s’agit d’une légende, que l’histoire a été laaaargement exagérée et que quelques soldats blessés ont peut-être été vaguement grignotés, mais c’est tout hein.

Alors okay, ça c’était en 1945. Mais maintenant, c’est plus pareil hein ? Eh bah si. L’île est toujours habitée par des milliers de crocodiles – et si j’étais vraiment sadique, je vous décrirais en détails à quoi ressemble une mort par attaque de croco, mais je ne tiens pas à vous voir débarquer chez moi armées de fourches et de torches alors je vais me contenter de vous conseiller d’éviter cette petite partie du monde, pour votre bien.

2. La Porte de l’Enfer – Darvaza, Turkménistan

Le cratère de Darvaza, au Turkménistan (et non à Sunnydale), est surnommé Porte de l’Enfer pour des raisons évidentes. En effet, il s’agit tout simplement d’un gros trou plein de feu en plein milieu du désert du Karakoum. Mesurant plus d’une cinquantaine de mètres de diamètre, y a de quoi en faire sortir de drôles de bestioles (en espérant que le Diable ressemble plus à celui de South Park qu’à celui de la Bible hein, tant qu’à faire). Il a fêté cette année ses 41 ans de combustion continue, puisque son début d’activité remonte à 1971.

Ce trou n’est évidemment pas arrivé là par hasard. C’est en 1970, lorsqu’une équipe de géologues soviétiques se sont mis à forer le sol à la recherche d’un gisement de gaz naturel, que tout a commencé. Après avoir accidentellement percé une cavité souterraine, la tour de forage s’est effondrée en laissant derrière elle cet énorme trou de l’enfer. Mais pourquoi brûle-t-il alors ? Ça encore, c’est la faute aux humains. Pour éviter que tout finisse par nous péter à la gueule, ils ont mis le feu aux gaz, un feu qui devait brûler « quelques semaines, comme ça après on rebouche tout et hop, ni vu ni connu, j’étais pas là j’étais au cinéma, j’suis allé voir Gamera contre Zigra c’était épique maintenant laissez-moi tranquille ».

Mais finalement, ça crame depuis 1971 et maintenant on peut aller visiter le gros trou turkmène (hihihi) en poussant des « ooooh » et des « aaaah » et en espérant secrètement à assister à la sortie de Hellboy ou Cthulhu ou des Titans ou que sais-je.

Et comme vous pouvez le constater, c’est super sécurisé comme endroit, pas moyen de glisser et de se péter la gueule dans une mer de feu, ah ça non.

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Ah bah si. Oops.

 3. The Poison Garden – Angleterre

Mais qu’est-ce qu’un jardin botanique peut bien avoir de dangereux, hm ? Au piiiire, tu peux te piquer le doigt sur une rose ou faire une grosse allergie au pollen, mais à côté de la menace de tomber dans la mâchoire d’un gros croco ou dans un trou de feu, ça fait maigre, on est d’accord. Ouais bah on s’calme, laissez-moi vous présenter… le jardin empoisonné d’Alnwick.

Situés dans la campagne anglaise, les jardins d’Alnwick n’ont rien de spécial en apparence, à part qu’ils sont super beaux et qu’on doit se sentir vachement sophistiqués en s’y promenant – mais bon, des jardins y en a partout hein. Au square du coin, moi aussi j’me prends pour un tableau de Renoir, alors ça va. Mais il existe un petit endroit particulier, planqué au milieu de tous ces buissons taillés et ces fontaines sculptées dans des fesses d’angelots. Une petite portion des jardins, subtilement nommée The Poison Garden, fait office de musée en plein air pour toutes les plantes les plus mortelles de la planète. Autant dire que si vous y allez pour sniffer toutes les fleurs qui vous passent sous le nez en prenant un air snob et inspiré, ça risque de très mal se finir.

Plus de 100 serial killers végétaux différents, c’est autant de morts variées auxquelles le visiteur s’expose. Chacune de ces plantes peut vous envoyer… manger les pissenlits par la racine HAHAHAHA bordel je suis un génie de l’humour. Nan, en vrai, attendez-vous au genre de plante qui fait vomir, convulser, désintègre reins, foie et rate et finit par vous envoyer au tapis définitivement. Et ça, c’est SU-PER romantique.

Oui alors okay, c’est quand même un poil en dessous sur l’échelle du mortel par rapport aux deux premiers, mais il en faut pour tous les niveaux d’aventuriers de l’extrême aussi hein.

4. L’île de Queimada Grande – Brésil

Attention, phobiques des serpents, merci de passer directement au lieu n°5 !

L’île aux crocodiles, ça vous suffit pas ? Eh ben OKAY, on va faire monter la pression alors, mais vous l’aurez voulu hein, faudra pas venir pleurer après. La particularité de cette île tient en une toute petite phrase innocente : c’est le lieu qui abrite la population la plus dense de serpents de toute la planète. Du monde ENTIER. Du coup, c’est un des endroits les plus dangereux de l’univers (minimoume) et personne n’a le droit d’y foutre les pieds (en même temps, qui le voudrait ?) à part les scientifiques. Ah, on est content d’avoir passé un Bac S maintenant, hein ? C’est pas à mon Bac L qu’on viendra demander d’aller foutre un orteil là-bas tiens.

Alors comme ça on a passé un Bac S, hmmmm ? 

Bon alors, parlons-en deux minutes de ces serpents. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Quels sont leurs pronostics pour les JO ? Les élections américaines ? On s’en fout, concentrons-nous sur ce qui compte vraiment : ils portent le nom de Jararaca-ilhoas, du genre des Bothropoides, et leur venin est cinq fois plus puissant que leurs cousins bothrops continentaux. Le genre de venin qui fait fondre la chair autour de la morsure et qui agit très très vite. Oh, et ils sont en moyenne 1 à 5 par mètre carré. Rave partyyyyyy o/ !

Il n’a ni concurrent ni prédateur, il règne en maître sur son île et n’est pas super habitué à la présence d’humains (sans déconner), ce qui le rend encore plus dangereux (comme s’il l’était pas déjà assez t’sais, sale crâneur putain ça m’énerve). Et il peut survivre six mois sans manger. Et toi, tu peux ? Eh ben nan. Même pas tu survis six minutes sur une île pareille. En plus ils traînent par terre, dans les arbres, sur la plage et au sommet de l’île, et même dans le vieux phare abandonné alors vas-y, va installer ton p’tit campement là-bas qu’on rigole deux minutes (nan, on avait dit six pardon).

5. La Route des Yungas – Bolivie

Oué, super, okay, on termine cette sélection avec une ROUTE, woaaah, trop flippant, merci Jack.

Eh ben j’aimerais bien vous y voir sur cette route moi. Située au fin fond du nulle part bolivien, elle porte le doux surnom de Route de la Mort (aaah, on fait moins les fières maintenant hein ?). Si vous avez le vertige, ce qui suit pourrait très bien vous plonger dans une sale crise d’angoisse bien poisseuse. La Route de la Mort ne porte pas ce nom juste pour se la péter, puisqu’il s’agit de la route la plus dangereuse du monde. Environ 200 à 300 personnes y trouvent la mort chaque année. À l’heure où on parle, quelqu’un est peut-être en train de lâcher son dernier « Oops, j’ai glissé ! » sur cette route, alors un peu de respect.

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Avec ses 61 à 69 kilomètres de long et ses… attention… trois mètres vingt de large, elle est très convoitée par les malades mentaux amateurs de sensations fortes de ce monde. Montant jusqu’à plus de 4000 mètres d’attitude à son point le plus haut, disons qu’il y a peu de chances que vous surviviez à un dérapage malheureux. Et ce qui est cool, c’est qu’il n’y pas de barrières sur les côtés, et qu’il y a souvent du brouillard, de la pluie et de la poussière. Et de la boue. Et des rochers qui se cassent la gueule sur la route. En gros, quand on emprunte la Route des Yungas, on joue à colin-maillard AVEC LA MORT.

Et comme je vous le disais, certaines personnes l’empruntent volontairement pour ressentir le délicieux frisson du danger. Souvent à vélo. À 4000 mètres d’altitude sur une minuscule route sans barrières par temps brumeux et boueux sur une petite bicyclette – un passe-temps tout à fait sain, ne résultant en aucun cas de gros traumas psychologiques enfouis dans l’enfance des voyageurs, nooon.

Ouais, bah c’est sûr qu’à côté de tout ça, les journées transat-piscine ont l’air vachement moins impressionnantes d’un coup. Mais vaut mieux s’ennuyer un peu que de mourir, dans le fond.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Miawou
    Miawou, Le 11 août 2012 à 14h25

    Moi la porte de l'ender et le Poison Garden me tentent bien!
    Pour les îles c'est même pas la peine, j'ai même pas lu le truc sur les serpents, la photo a suffit à me mettre mal!
    Et pour la route, je suis partagée.... Maintenant que y a la nouvelle portion peut-être (plus de camions à croiser!), parce que le vrai drame de cette route, c'est que y a pas que des malades mentaux amateurs de sensation fortes qui l'empruntaient, mais des gens qui étaient obligés pour aller bosser. (Un jour une fille m'a raconté qu'elle logeait chez des boliviens pendant un voyage, et le père disait au revoir à sa famille chaque fois qu'il devait emprunter la fameuse route, bonjour l'angoisse)

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