Dennis Hopper, Born To Be Wild

Portrait de Dennis Hopper par Andy Warhol (1971) Le sentiment de tristesse qui entoure la nouvelle de la mort de Dennis Hopper est bien plus profond que pour la plupart des autres célébrités. C’est comme si avec lui était morte la sensation de liberté qu’il incarnait sur sa moto dans Easy rider. Et il était […]

Dennis Hopper, Born To Be Wild

Portrait de Dennis Hopper par Andy Warhol (1971)

Le sentiment de tristesse qui entoure la nouvelle de la mort de Dennis Hopper est bien plus profond que pour la plupart des autres célébrités. C’est comme si avec lui était morte la sensation de liberté qu’il incarnait sur sa moto dans Easy rider. Et il était tellement plus qu’un motard born to be wild : non seulement sa filmographie est impressionnante de longueur, mais il était également photographe, peintre et collectionneur d’art.

A cause de sa consommation considérable de drogue en partie, pour son caractère bien trempé surtout, sa carrière hollywoodienne est faite de hauts et de bas. Il débute véritablement aux côtés de James Dean, qu’il admire énormément, dans La fureur de vivre en 1955 et dans Géant sorti en 1956. Sa mort l’affectera tellement qu’il se comporte de façon insupportable sur le tournage de From Hell to Texas d’Henry Hattaway et sera banni d’Hollywood. C’est dans cette période de “chômage” qu’il se met à la photographie où il obtient un certain succès avec ses portraits de stars et conçoit la couverture du single de Ike et Tina Turner, River Deep – Mountain High.

John Wayne le réintroduit dans le cinéma en 1965 en lui obtenant un rôle dans Les Quatre fils de Katie Elder, réalisé par Henry Hattaway, celui-là même qui l’avait chassé dix auparavant ! Il joue dans plusieurs autres films, souvent avec John Wayne, avant de réaliser en 1969 le mythique Easy Rider qui lui vaudra un prix à Cannes et un immense succès dans le monde entier. Devenu le symbole de toute une génération de jeunes américains, Easy Rider est considéré comme le premier road-movie, le premier film utilisant une bande-originale non composée pour le film (et quelle bande originale !) et marquant la naissance du Nouvel Hollywood, rien que ça.

Dennis en mode YMCA

C’est tout naturellement que Dennis Hopper s’attend au succès de son film suivant, The Last Movie, et se permet donc toutes sortes d’expérimentations qui lui vaudront un désengagement de son producteur et distributeur, Universal. Il fera tirer quelques copies à son compte, mais le succès ne vient pas. Sa consommation d’alcool et de drogue empire pendant qu’il gagne sa vie en jouant les personnages tourmentés dans des films européens ou indépendants.

Son rôle dans Apocalypse Now de Francis Ford Coppola en 1979 lui vaut un retour sur le devant de la scène, il obtient un grand succès avec son film Out of the blue mais finit tout de même par entrer en cure de désintoxication en 1983, après avoir mis en scène son suicide pour une performance. Sa carrière redémarre encore une fois en 1986 avec Blue Velvet de David Lynch. Il tourne dans plusieurs films dans les années 90, notamment dans Speed (94) et Waterworld (95).

Contrairement à ce que l’on pourrait attendre de lui, Dennis Hopper votait plutôt, voire carrément conservateur, sauf en 2008 où il vote Obama à cause du choix de Sarah Palin. Malgré ce choix politique, il reste un symbole de la contre-culture américaine, de la génération idéaliste et pacifiste des années 60-70, d’une jeunesse qui vivait à toute vitesse aussi et parmi laquelle beaucoup n’ont pas eu sa longévité. Il a eu, lui, le temps de renaître plusieurs fois, d’assister à une rétrospective et une exposition de la Cinémathèque Française en son honneur en 2008, d’y être décoré Commandeur des arts et lettres, et, bien que déjà malade et très affaibli, de voir briller son étoile sur Hollywood Boulevard, en mars dernier.

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