Ma découverte de la Chine et ses paradoxes — Carte postale

Agathe inaugure cette semaine spéciale Cartes postales en nous parlant de son périple en Chine et de ce qu'il l'a marquée là-bas.

Ma découverte de la Chine et ses paradoxes — Carte postale

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai voyagé. Mes parents sont de grands baroudeurs et m’ont toujours emmenée avec eux, quitte à me mettre dans leur sac à dos au tout début.

Ils rigolent du fait que j’ai été propre en Guadeloupe, que j’ai appris à marcher en Norvège et que j’ai failli me noyer au Vietnam, tellement j’étais heureuse de voir des poissons avec un masque pour la première fois.

Du coup, quand j’ai pu voyager toute seule (enfin, sans eux), je n’ai pas renié le bel héritage familial. J’aimerais vous parler ici de mon voyage en Chine avec mon copain en septembre 2015. On est partis trois semaines, sac à dos bien en place et munis de chaussures de marche et du Guide du routard.

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La découverte de la Chine

L’idée nous est venue par un hasard total. À l’origine, nous voulions prendre le Transsibérien depuis la Russie jusqu’à Beijing et, étonnés du prix dérisoire du Beijing-Paris, on a regardé juste comme ça le prix d’un aller-retour vers l’Empire du milieu.

On s’est décidés sur un coup de tête.

Ma paye dérisoire de stagiaire couvrant largement le prix du billet, on s’est décidés. Comme ça, en une demi-heure, on s’est dit qu’on allait passer trois semaines en Chine.

Arrivée sur place, j’ai de suite été frappée par la serviabilité des Chinois•es. Je m’attendais à un accueil typique d’une grande ville, surtout à Beijing (qui compte 11,5 millions d’habitant•es tout de même !), mais pas du tout ! Nous trouvions toujours quelqu’un prêt à nous aider à trouver notre chemin.

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Un dépaysement quasi-complet

La Chine est un pays qui demande un peu d’organisation, étant donné qu’on ne parle pas la langue et qu’on ne lit pas l’alphabet ! Heureusement, ils utilisent les chiffres arabes, ce qui nous a pas mal aidés pour les bus.

Nous avons vu l’hypermodernité comme la tradition, le mignon qui côtoie la propagande militaire à la télévision…

Nous avons vu pas mal de choses différentes pendant ce voyage : de grandes villes relativement ouvertes sur le monde, des villes ouvrières grises où nous étions les seuls touristes, la pluie, le beau temps, l’hypermodernité et la tradition, le mignon qui côtoie la propagande militaire à la télévision, des gens parlant un anglais parfait et des hôteliers incapables de dire le prix d’une chambre dans la langue de Shakespeare, etc.

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D’excellents souvenirs

C’est un voyage dont je garde un très très bon souvenir. Le meilleur moment est sans doute celui où nous avons parlé avec un homme pendant près de trois heures dans un train de nuit.

Nous étions arrivés trop tard à la gare et il ne restait que des banquettes assises (une planche de bois recouverte de tissus). N’ayant pas le choix, on a pris quand même nos billets. Un homme, ravi de voir des Occidentaux (il faut dire qu’on était souvent les seuls touristes dans les wagons), s’est assis à côté de nous pour nous parler dans un anglais parfait.

Nous avons discuté toute la nuit avec cette homme, de plein de sujets.

Pendant tout le trajet, on a abordé plein de sujets variés, allant de la politique à l’économie en passant par le social. L’homme était très ouvert mais également extrêmement conscient de la situation de son pays.

On a pu par exemple le questionner sur l’amitié sino-russe, sur le boycott de Facebook, sur le fait que la Chine est « l’atelier du monde ». Une nuit épuisante mais très intéressante qui nous a permis de mieux appréhender ce pays au final méconnu.

Si des madmoiZelles hésitent à visiter la Chine, je ne peux que leur conseiller de s’y rendre dès que possible ! Les Chinois•es sauront à coup sûr vous faire adopter leur pays.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Cilece
    Cilece, Le 4 août 2016 à 9h06

    Je suis revenuuuuuue! Veni, vidi, et pas vici parce qu'il y avait finalement pas grand chose à vici. Un peu d'ouverture d'esprit au début pour les glaires qui se râclent dans le métro et la non-utilisation permanente d'écouteurs et hop, le tour est joué!

    * tout ceci est basé sur mes 3 semaines de vadrouille, je n'élève rien de ce que je dis en vérité générale, je parle de ce que j'ai vu et de ma manière, peut-être erronée de l'interpréter*

    Sur une note plus sérieuse, j'ai retenu les choses qui ont nécessité que j'y réfléchisse à deux fois sur ma propre culture avant de m'énerver:
    - les crachats, glaires, et le fameux bruit de "je vais chercher touuuut ce que j'ai en magasin pour faire un glaire et le cracher alors qu'il y a du vent et que OUI ça va atterrir sur ta jambe et KESTUVAFER" (vraie anecdote, j'en avais plein la jambe, le mec, ça lui en a touché une sans faire bouger l'autre)
    - les bruits de smartphones: les gens regardent en majorité des vidéos sans écouteur et très fort. Dans le métro, dans la rue (bon osef) mais aussi à 4h du matin dans les trains de nuit. Et eux ça ne les embête pas, alors que je bouillonnais devant autant d'incorrection.
    - la manière de "consommer" la culture. J'ai la forte impression d'être allée dans des parcs d'attraction dans chacun des sites Unesco que j'ai pu visiter. Les soldats de terre cuite, la cité interdite, le palais d'été, un peu moins la grande muraille mais quand même. La gestion culturelle est vraiment différente de la nôtre et les comportements qui en découlent sont cohérents. Il y a très peu d'explication dans les musées, parfois même pas traduits en anglais (la cité interdite c'est le niveau 0). Du coup, on n'y va que pour voir, pas franchement pour comprendre, et les visiteurs, essentiellement chinois par ailleurs, consomment la culture. Le comportement typique (et pour le coup, j'ai un échantillon très important de cas): on parle très très fort, on bouscule, on prend une photo sans avoir regardé ce qu'on prend, on prend aussi en photo les explications et hop on s'en va faire la même au prochain stand.
    - les fucking groupes de touristes. Alors ça, j'ai pas pu m'empêcher de m'énerver. Pour la petite histoire, nous sommes allés dans les Huangshan, donc montagnes, calme, paysages de ouf... EH BAH NON. Parce que partout où tu vas, et c'est encore plus exacerbé en montagne, il y des groupes de touristes avec tous le même chapeau (bon, osef de ça) et un gars avec... un MICRO. Partout. Et ça m'a éreintée personnellement. Ça m'a tué la visite des Huangshan, vraiment. C'était beau, mais c'est tout.

    Finalement, le choc culturel n'a pas du tout été d'individu à individu pour moi. On n'a eu quelques comportements hyper bizarres, mais franchement, en France c'est exactement pareil, on parle de choses *extraordinaires* pas d'un comportement généralisé aux seuls chinois. Dans l'ensemble, on a eu à faire à des gens sympas, souriants etc, des gens cools globalement. Enfin, comme n'importe quelle autre population quoi, pas plus énervée. C'est l'effet de groupe qui m'a parfois fait sentir étouffée par la somme des comportements (cf les Huangshan, mais environ toutes les destinations que j'ai faites). En fait de xénophobie basée sur des préjugés et des on-dits sur le fameux comportement "chinois", je crois que c'est plutôt l'agoraphobie qui exacerbe les ressentis, parce que forcément, t'as beau habiter Paris, ça n'a RIEN à voir en termes de foule. Rien du tout.

    Le point final est un point négatif (mais il devrait me suffire de vous dire que j'ai adoré ce voyage pour que ça engloutisse tout ressenti négatif) c'est la question autour du "bon sens". J'avais déjà entendu parler de plusieurs autres voyages en Chine mais aussi en Asie de l'est où l'on s'étonnait du manque d'initiative et de "réflexion" de la part des populations rencontrées. Le retour que j'avais eu (de beaucoup de monde, tous très voyageurs, et que je ne saurais étiqueter de xénophobes), et qui m'avait été renforcée par une collègue chinoise au travers de quelques explications, c'est qu'il y a un problème d'éducation, de bain culturel qui ne stimule pas les esprits. Le régime chinois est totalitaire et il semblerait que rien n'est fait pour élever la réflexion, pour la mettre en avant. Ce qui résulte en un sentiment bizarre (mais qui m'est vite passé) de manque de jugeote total de la part des chinois que j'ai rencontrés. J'ai une foule d'exemples où je me suis dit "tu aurais pu me trouver la solution en 2 minutes, mais tu en as mis 10 à me dire que c'était pas possible, en fait". C'est exactement ça.
    Donc, maintenant je farfouille Internet à la recherche de documentaires qui me permettent de comprendre ça (déjà, j'ai un peu lu sur les 3 xia, ce qui aide pas mal à comprendre). Parce que cette société est complètement opaque pour moi. Je ne peux pas la saisir et donc la comprendre. J'ai eu un très bon contact avec les chinois que j'ai rencontrés (ceux qui parlent anglais sont intarissables* et hyper curieux, c'est génial de rencontrer des gens pareils en voyage, où que ça soit). Mais, je n'ai pas l'impression d'avoir pigé un centième de la société chinoise. Je suis donc avide d'informations, à vot'bon cœur.

    Tout ce récit est un peu décousu, clairement, mais je voulais juste apporter ma contribution à ce "choc culturel" que j'ai trouvé bien plus complexe qu'un simple "choc culturel" et qui, finalement, n'a pas du tout été un sentiment si présent que ça pendant mon voyage.

    Bon et puis j'ai adoré roter très fort.

    * même si l'étudiant qui m'aidait pour la technique à la conférence où je suis allée à Shanghai a effacé ma présentation et donc foiré mon intervention, et que je l'ai maudis pour les 14 générations futures. Ceci est une autre histoire.

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