Pourquoi on veut toutes ressembler à Daria Morgendorffer

Daria, la série animée des années 90, a inspiré toute une partie de notre génération, et nous avons été nombreuses à vouloir lui ressembler... Mais est-ce vraiment une bonne chose ?

Pourquoi on veut toutes ressembler à Daria Morgendorffer

Daria Morgendorffer, héroïne de la série animée made in MTV et emblème des années 90, a été un modèle pour nombre d’entre nous. Nous étions nombreuses à lui emprunter son nom, à prendre la liberté de se comparer à elle, et à la trouver tellement cool dans sa non-coolitude qu’on souffrait de ne pas plus lui ressembler. Mais pourquoi ? Et Daria est-elle vraiment un modèle encourageant et, surtout, réaliste ?

Daria, intello cynique par excellence

La principale qualité de Daria, c’est probablement son intellect. Extrêmement cultivée, préférant la compagnie des livres, toujours prête à clouer le bec de ses détracteurs à l’aide d’un argumentaire en adamantium – il y a de quoi l’envier. Daria en sait beaucoup plus que la majorité de son entourage. Personne ne peut la lui faire à l’envers. En plus de se démarquer à l’oral lorsque l’occasion se présente, elle écrit – des dissertations, mais aussi de la fiction, qui remportent généralement un franc succès auprès des lecteurs. Enfin, ceux à même d’en comprendre le contenu.

Daria est cynique, ne pratique que l’humour noir (existe-t-il une autre forme d’humour ?), et ne fait jamais d’excès ni de vagues. La voir sourire, rougir ou faire un mouvement brusque est un évènement. Elle ne rit pas aux éclats, ne crie pas, n’utilise pas d’argot, ne danse pas, bref, plus elle limite ses mouvements, mieux c’est. La seule personne capable de la déstabiliser, c’est le frère de sa meilleure amie Jane : Trent. Ah, Trent. On a toutes fantasmé sur lui, on en voulait un pareil… mais est-ce vraiment un fantasme intéressant ?

Chargement du lecteur...

Trent Lane ou le fantasme décevant

J’ai passé, comme beaucoup, une partie de mon enfance/adolescence à fantasmer sur Trent Lane, sa voix rocailleuse et son côté bad boy… Mais ce n’est très récemment que je me suis rendue compte que des mecs comme Trent, bah j’en avais déjà connu pas mal. Et j’étais même sortie avec quelques uns d’entre eux. Un guitariste un peu paumé qui se lève à 15h dans ses bons jours, qui passe plus de temps à caresser les cordes de sa gratte que ton corps, qui n’a ni projets ni ambitions, mais des cheveux en bataille et des tatouages… ça va, j’ai donné. Et ça n’a finalement pas grand intérêt. Je vous déconseille l’expérience.

Chargement du lecteur...

Daria, modèle de solitude et d’enfermement ?

Mais je comprends qu’on ait été nombreuses à en vouloir. Et à vouloir ressembler à Daria. Que celles qui ont été rejetées au cours de leur adolescence lèvent la main. Celles qui se sont senties à l’écart, déphasées, en marge. Qui ont creusé un fossé infranchissable avec leurs parents. Qui ont passé des heures à fixer le plafond en écoutant de la musique déprimante en remettant le monde en question, sans parvenir à comprendre cette “société de merde”. Ah, on se sent moins seule d’un coup, hein ?

Parce que non, ça n’est pas rare de passer par une phase pareille pendant l’adolescence. Ça n’est pas rare non plus de la voir s’étendre au-delà. Alors forcément, avoir un cerveau stéroïdé, une répartie cinglante, un flegme inébranlable et aucun intérêt pour le regard des autres… ça doit aider. Ce sont des armes que nous sommes peu à posséder. Surtout à l’adolescence, où nous sommes en pleine formation.

Chargement du lecteur...

Jane, la meilleure amie de Daria, se lance dans une imitation de cette dernière et résume assez bien la chose. « Salut. Je suis Daria. Allez vous faire voir… Ça va pas marcher, mon visage est trop expressif. »

Lâchez l’affaire, c’est trop tard pour nous…

J’ai essayé pourtant, d’être comme Daria Morgendorffer. J’ai tenté de me retenir de rire pendant une journée, de ne lire que des essais philosophiques pendant un mois, de réduire de 75% mon temps de parole quotidien et de cesser de prêter attention à mon apparence… mais eh, gros scoop : c’est pas moi, ça. J’en connais très peu qui correspondent à plus de 60% à la description qu’on pourrait faire d’une Daria type. Des filles extrêmement intelligentes, cultivées, intéressantes, ambitieuses et fortes, j’en connais. Mais ce ne sont pas des Daria pour autant. Elles portent des robes à fleurs, du rouge à lèvres, préfèrent les lentilles aux lunettes, s’intéressent aux garçons, parlent de cul et de fringues, et ne semblent pas en souffrir.

De plus, Daria n’est pas un exemple de joie de vivre. C’est pas drôle d’être Daria. Et puis bon, les mecs comme Trent, c’est VRAIMENT pas sexy, en réalité.
(Heureusement qu’il y a Tom dans les deux dernières saisons…).

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 33 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Drea147
    Drea147, Le 5 juin 2016 à 21h44

    J'arrive un peu à la bourre. Il y a 2 ans, un copain m'a dit de regarder la série, par ce que "tu ne le sais pas mais tu adores déjà". Et j'ai découvert que je suis Daria. Physiquement ET mentalement. Le choc ! Et parfois, c'est vraiment très triste.

    Même mon copain, c'est un délicieux mélange entre Trent et Tom, tout pareil, physiquement et mentalement.

    C'en est presque bizarre. ^^

Lire l'intégralité des 33 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)