Et si tu pouvais garder ta culotte chez le gynéco ?

Face à la réticence des femmes à consulter, une entrepreneure met au point un sous-vêtement qu'il serait possible de garder pendant l'examen gynécologique.

Et si tu pouvais garder ta culotte chez le gynéco ?

Garder sa culotte chez le gynéco, c’est une possibilité que Marie Rimbault-Joffard aimerait donner aux patientes.

Avec Imagyne, elle souhaite apporter une solution pour préserver la pudeur des femmes. 

L’examen gynécologique, une épreuve pour certaines

Le projet de cet entrepreneure française s’inspire directement de son vécu et de celui de son entourage.

Marie Rimbault-Joffard a été confrontée à un suivi gynécologique lourd, notamment dans le cadre de la PMA, durant lequel rien, ou si peu, n’a été mis à sa disposition pour ménager sa pudeur.

« Tout ce qu’on pouvait me proposer, c’était un drap qu’on pose sur les jambes.

Dans la majorité des cas, on ne me le proposait pas et je n’osais pas demander par peur de déranger le praticien.

Alors que toutes les femmes sont concernées d’une manière ou d’une autre par le suivi gynéco, je me disais que ce qu’on mettait à notre disposition était un peu léger.

J’avais la sensation qu’il existait un réel manque. »

En en parlant autour d’elle, elle s’aperçoit que la consultation est difficile pour beaucoup de femmes, quand elle n’est pas vécue comme un vrai calvaire.

Pas envie d’y aller, difficulté à prendre rendez-vous… Marie Rimbault-Joffard veut savoir ce qui se cache derrière ses réticences.

Pour vérifier son intuition personnelle, elle lance un questionnaire en ligne auquel 300 femmes vont répondre et les résultats dépassent ce qu’elle avait imaginé :

« 70% des femmes interrogées se sont déclarées de « un peu stressée » à « extrêmement stressée » à l’idée de se retrouver sur la table d’examen. »

Derrière la peur d’être examinée, elle décèle l’appréhension d’être nue, d’exposer son intimité et de se retrouver dans la position de l’examen gynécologique.

Des conséquences sur la santé des femmes

Marie Rimbault-Joffard note que la question de la pudeur n’est pas assez considérée dans les enquêtes qui traitent des freins à la consultation gynéco.

Du côté des soignants qu’elle interroge, elle constate un désintérêt pour cette problématique :

« Ils voient ça a longueur de journée, c’est une routine pour eux.

Mais les femmes qui subissent l’examen ne sont pas habituées à montrer leur intimité et les résultats de mon questionnaire montrent que le statut de soignant n’est pas suffisant pour les rassurer. »

Cette appréhension a des conséquences directes sur le bon suivi médical des femmes en gynécologie.

D’après son enquête, 33% des femmes avouent négliger leur suivi de dépistage du cancer du col de l’utérus, et 15% disent négliger leur contraception — un chiffre ce qui concerne surtout les femmes les plus jeunes.

Imagyne, une culotte spécifique pour l’examen gynéco

Marie Rimbault-Joffard imagine alors une culotte ouverte verticalement à l’entrejambe et que les patientes pourraient conserver pendant tous les examens qui ne nécessitent pas une inspection de la vulve.

« Je me suis dit que si les femmes avaient elles-mêmes à disposition quelque chose qui leur permette de se sentir mieux, indépendamment du niveau de bienveillance du praticien, cela pourrait améliorer leur ressenti. »

Elle confronte son idée à des gynécologues de son entourage pour vérifier qu’un tel sous-vêtement permettrait d’effectuer la majorité des actes nécessitant l’accès au vagin (frottis, pose de stérilet, sonde échographique, toucher vaginal).

Après quelques tests, sa culotte à ouverture vaginale semble assez couvrante pour les femmes dont elle cache le pubis, la partie supérieure de la vulve et la zone anale, sans gêner le praticien. 

Avoir le choix chez le gynéco

Cette innovation se veut un compromis entre la préservation de la pudeur et le besoin de praticité pour le soignant.

Avec Imagyne, Marie Rimbault-Joffard espère donner aux femmes une solution qui leur apporte du réconfort tout en permettant au gynécologue de réaliser les gestes endo-vaginaux nécessaires.

Imagyne recherche aujourd’hui d’un incubateur pour être soutenu dans les aspects financiers et administratifs du projet.

Prochaine étape pour Marie Rimbault-Joffard : réaliser des prototypes et les faire tester aux femmes et aux praticiens pour créer une version efficace pour les deux parties.

Elle travaille aussi à une version jetable que les professionnels de santé pourraient mettre à disposition des patientes.

« Tous les jours des femmes m’écrivent pour m’encourager.

Je me dis que j’ai derrière moi des milliers de femmes qui souffrent et qui n’attendent que d’avoir cette possibilité-la. »

Et toi, tu aimerais pouvoir garder une culotte pendant l’examen gynécologique ? 

Tu peux suivre le projet sur la page Facebook d’Imagyne.

À lire aussi : Comment se passe un rendez-vous gynéco : le guide ultime

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QueenCamille


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Commentaires
  • Imagyne
    Imagyne, Le 6 février 2019 à 21h29

    @Van_Nes Je connais bien l'Allemagne, et la pudeur y est effectivement abordée de façon complètement différente. La pudeur est culturelle, et à ce titre forcément différente d'un pays à l'autre.
    Pour ce qui est de la formation des soignants, cet argument revient en boucle, mais toute la formation des soignants ne pourra enlever l'éducation et la pudeur d'une personne. Cette vision des choses déshumanise le patient ou la patiente, en faisant croire qu'il suffit d'ajouter ou d'enlever une ou des caractéristiques au soignant pour que le patient se libère de sa problématique à LUI. Un individu ne cesse pas d'être lui-même à partir du moment où il se retrouve dans une situation médicale. Il ou elle est là avec son histoire, son vécu, ses expériences, son éducation, sa culture, sa religion, ses traumatismes. Croire que la formation des soignants peut tout régler est illusoire, notamment parce-que les soignants ont eux-mêmes leurs contraintes et leurs problématiques.

    Quant au fait d'investir, mon projet n'est pas un organisme public, et absolument rien n'empêche d'améliorer la formation des soignants par ailleurs, mais de proposer en parallèle aux femmes une façon de s'emparer ELLES-MÊMES de LEURS problématiques (les majuscules ne signifient pas que je crie mais que j'insiste sur ces mots ;)

    Cela ne m'empêchera pas de communiquer sur cette thématique auprès des professionnels de santé, et d'encourager, au-delà même du dispositif que je vais proposer, de prendre toutes les mesures possibles pour faciliter le bien-être des femmes lors de la consultation gynécologique.

    Je rappelle, juste comme ça, que dans le sondage que j'ai réalisé, 70 % des femmes évoquent le fait d'être stressées à l'idée d'être examinées. Je pense qu'il est temps de proposer d'autres choses que juste la formation des soignants...

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