Commando, avec Schwarzie – Yippee-ki-yay, films d’action !

Aujourd'hui, on sort des cartons un film trop souvent oublié : Commando, avec l'inénarrable Arnold Schwarzenegger !

Commando, avec Schwarzie – Yippee-ki-yay, films d’action !

La sortie de Total Recall, la biographie secrète du cult(ur)issime Arnold Schwarzenegger, n’ayant pu échapper à quiconque doté de la TNT, vous avez dû voir cette vidéo 50 fois au moins sur toutes les chaines en même temps, le même soir.

Hasta la vista, baby

La vraie vie de l’acteur austro-américain semble plus folle qu’un film de série B. L’histoire du petit autrichien maigrichon, fils de gendarme, qui devient Mister Univers, qui ensuite monte à Hollywood pour devenir l’acteur star d’une époque, puis le petit ami de la nièce du Président des États-Unis, et qui termine Gouverneur de Californie après avoir fait fortune dans l’immobilier, je pense que le pire scénariste du pire studio hollywoodien n’aurait pas osé…

Comme tout le monde connaît l’excellentissime Terminator, évitons aujourd’hui la facilité, et parlons d’un autre succès, plus confidentiel mais classique du genre, sorti un an plus tard, en 1985. Celui qui allait devenir 18 ans plus tard Gouvernator incarnait alors John Matrix dans Commando, de Mark L. Lester, qui devait d’ailleurs à l’origine être intitulé Matrix ! Heureusement que Commando a été retenu, sans quoi les frères Wachowski auraient dû appeler leur chef-d’œuvre Algebrix, ou Geometrix, ce qui est vachement moins glamour, même avec Keanu en professeur de maths néogothique.

Mais je m’égare… En 1985, notre Arnie chéri a 38 ans et il est beau comme un gros camion tuné par la Chrome Shop Mafia. Ok, Ashton Kutcher, Joseph Gordon-Levitt ou feu Heath (mon amour) Ledger sont choupinoudoux au possible, mais question charisme et puissance d’aura, comparés à Schwartzy, à son regard de fer et à sa montagne de muscles d’acier, ils ont le sex-appeal d’un chaton à peine né (enfin, rappelons-nous que c’était une autre époque).

Photo exclusive de Joseph Gordon-Levitt au réveil

Superlator

Dès le début (attention spoiler) le ton est donné : une série d’individus aux looks variés mais d’un mauvais goût parfaitement équitable se fait dézinguer par un grand Noir au visage sombre, voire brûlé… qui s’appelle Cook. Rigolo ! Attention, cette petite blague est typique du genre : mots d’esprit de haut niveau et remarques cinglantes vont s’enchaîner.

Au même moment, dans une forêt épaisse, John Matrix déambule, un tronc d’arbre négligemment posé sur l’épaule (Arnold va porter un certain nombre d’objets incongrus et encombrants au cours de l’histoire : tronc, cabine téléphonique, siège de décapotable, malfaiteur sournois, et en laisser tomber quelques-uns, je vous laisse découvrir lesquels). Alors qu’il coupe du bois, un petit personnage fait son apparition. Et là, surprise ! Alyssa Milano ! À 12 ans ! La petite Sam de Madame est Servie, dans une odieuse salopette qui, comme par hasard, lui allait bien.

Coucou, tu veux voir mon gros tronc ?

À peine a-t-on donc le temps de reconnaître Alyssa dans sa vie parfaite avec son cher papa parpaing qu’apparaît un général à deux étoiles, ex-mentor, venu indiquer à Matrix que son unité complète avait été décimée par des méchants (le fameux Cook dont on parlait plus haut et tous ses copains). Ces mêmes bad guys, qui avaient suivi le général, enlèvent alors la fillette, qui devient l’objet d’un inacceptable chantage : Matrix ne la reverra que s’il exécute un président à l’autre bout du monde.

La faille spatio-temporelle des années 80

La course contre la montre commence alors, mais lentement : on est en 1985, et il n’y a ni téléphone portable ni Internet. Quand ils ont un coup de fil urgent à passer, les méchants se jettent sur les passants pour leur voler des pièces puis s’engouffrent dans des cabines téléphoniques. Véridique.

Au cours de l’histoire, John va prendre l’avion, en descendre par l’intérieur en passant par les toilettes avant le décollage, courir sur le tarmac (en ces temps immémoriaux pré-VigiPirate) puis emprunter plusieurs décapotables, et dévaliser un magasin d’armes avec une hôtesse de l’air (oui, je parle toujours du même film).

La classe, n’est-ce pas, mais ce n’est pas si évident ! En raison de ses dimensions hors normes, l’Actor donne l’impression que les objets qui l’entourent sont minuscules, par une habile illusion d’optique. Ainsi, là où tout un chacun conduirait élégamment un cabriolet vintage couleur banane, Arnie, lui, a l’air de Oui-Oui dans son taxi jaune… Ach so…

Un petit tour de bateau gonflable (encore un véhicule rapide) nous permet d’admirer à loisir la musculature sculpturale de l’athlète qui pagaie en petit (cf. l’illusion d’optique expliquée plus haut) slip de bain moulant. Magique. Une petite récompense à ce moment pour le seul personnage féminin du film, la pauvre hôtesse de l’air croisée plus tôt, qui se fait insulter, bousculer, ignorer pendant tout le film par Matrix, qui ne semble s’apercevoir de sa présence que quelques secondes avant le générique de fin. Mieux vaut tard que jamais, après tout ! Au moins, le corps de la femme n’a a aucun moment été utilisé pour la promotion de ce film.

Coucou. Tu peux pas voir mon slip, il est trop petit.

Le personnage le plus amusant du film reste comme d’habitude le super-méchant, celui du combat final, celui qui a un truc personnel à régler avec le héros. Ici il s’appelle Bennett (en français je crois qu’on peut dire Benêt, ça lui va bien), et est interprété par Vernon Wells, grand méchant des années 80. Il était son équipier, et aujourd’hui il veut sa mort… Depuis le début du film il traîne son gras mou blanc sous un petit chandail de mailles, joliment accessoirisé par une chaîne à cadenas et une belle moustache façon Donjon sans dragons. Une fusillade et quelques morts plus tard dans l’hacienda de l’île aux méchants, et tout s’achève sur la victoire de Matrix sur Bennett, dans un bel empalement fraternel.

Oh yeah, montre-moi ton petit slip Arnie

La fin du film ressemble à son début : le général à deux étoiles sur son chapeau est à nouveau là, la pré-ado milanesque est dans les bras pneumatiques de son puissant papa, et ils remontent tous dans l’hydravion piloté par l’hôtesse de l’air.

La fameuse salopette.

Pour finir cet article, je citerai quelques répliques-clés du film :

« J’ai un cours de karaté à 19h30, je ne peux pas vous aider »
« Et Sully ? Oh, Sully ? Je l’ai laissé tomber »
« Crache ta vapeur, fumier ! »

Et je mettrai l’accent sur l’inénarrable regard de glace de Superlator, qui me fait définitivement vibrer comme un petit canard et en même temps mourir de rire. Je ne peux pas m’en lasser. Si on se fie à la première apparition de cette expression, il semblerait que cela révèle la présence d’un lapin dans les fourrés… Rien qu’au travers de ce prisme, ce film un peu old school prend une dimension comique unique.

Alors que la comédie française Stars 80 débarque en salles, vous pourrez à présent briller dans les dîners en évoquant cette référence eighties du film d’action américain, et un des premiers blockbusters de celui qu’on surnommait à 20 ans le Chêne Autrichien (Austrian Oak). Si j’avais su ça il y a 20 ans, j’aurais clairement fait un CAP bûcheronne. Pas vous ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Leshayaa
    Leshayaa, Le 30 octobre 2012 à 0h01

    J'ai pas vu le film mais j'ai quand même bien rigolé en lisant l'article :cretin:

    (mon chéri l'a vu et trouve que c'est, je cite, "un nanar magnifique".)

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