Cœur de Pirate est « hors d’elle », car sa chanson sur le viol conjugal a été qualifiée d’opportuniste

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Béatrice Martin, alias Cœur de Pirate, s'est confiée sur le viol conjugal dont elle a été victime dans sa chanson Je veux rentrer. Elle a répondu vivement aux critiques d'une journaliste l'accusant d'avoir été opportuniste.

Cœur de Pirate est « hors d’elle », car sa chanson sur le viol conjugal a été qualifiée d’opportuniste

Mise à jour du 15 juin 2018

Dans son dernier album En cas de tempête, Cœur de Pirate s’est livrée sur son viol conjugal dans sa chanson Je veux rentrer.

Une confidence intime qu’une journaliste a qualifié d’opportunisme dans sa critique de l’album, ce qui a outré la chanteuse qui s’est exprimée sur les réseaux sociaux.

Cœur de Pirate répond à la question déplacée d’une journaliste

Béatrice Martin s’est déclarée « hors d’elle » suite à la parution de la critique de son album dans L’Express.

Dans cet article, la journaliste Pascale Tournier suggère que la chanteuse a abordé le sujet du viol par opportunisme

 « La vague #Metoo a-t-elle été l’un des détonateurs de cette confidence violente ou une bonne opportunité ? Allez savoir. »

Cœur de Pirate a répondu sur Instagram en pointant le sentiment de honte que ce genre de questions fait peser sur les victimes de viol :

« Please. Comme si j’avais vu le fait de parler d’une expérience qui m’a détruite comme une façon de faire parler de moi.

Comme si j’avais voulu revivre cette chose incessamment en interview comme ailleurs pour le plaisir.

Non, mais allons. On se demande encore pourquoi aujourd’hui les femmes ont peur de dénoncer. »

Elle a également interpellée la journaliste sur Twitter :

Un épisode qui met en lumière toute la difficulté qui subsiste à entendre la parole des victimes de viol. 

Le 14 juin 2018

Béatrice Martin, plus connue sous le nom de scène Cœur de Pirate, développe dans ses chansons des thèmes délicats, douloureux, avec talent et poésie.

Je veux rentrer, issu de son dernier album En cas de tempête, ce jardin sera fermé, évoque le viol conjugal dont la chanteuse a été victime. Elle a choisi de s’exprimer sur le sujet dans les médias.

À écouter aussi sur Deezer

« La chaleur de nos étreintes devient suffocante, j’en viens à me plaindre
Et tes mouvements saccadés raidissent mon cœur qui tente de feindre

Et j’ai voulu crier, m’emporter car je souffre
Quand tu es en moi
Mais le doute se forme, m’emprisonne car je suis censée t’aimer
Mais ce que je sais, c’est que je veux rentrer
Ce que je sais, c’est que je veux rentrer »

Les paroles de Je veux rentrer font référence à un élément tragique dans la vie de Cœur de Pirate. Elle a été victime de viol conjugal.

Au micro de Daphné Burki sur Europe 1, la chanteuse est revenue sur ce sujet, comme le relaie Le Figaro. C’est notamment le mouvement #MeToo qui lui a donné l’impulsion nécessaire pour prendre la parole.

« Je me suis dit qu’il était temps que j’en parle sinon j’allais exploser. Le mouvement #MeToo a fait ressortir chez moi des choses que j’avais vécues.

Je ne sais pas si ça a permis de réparer quelque chose. Ce sera toujours brisé en moi. Mais cela permet de me confronter à la personne. »

Dans l’interview accordée à madmoiZelle, Cœur de Pirate expliquait déjà, sans rentrer dans les détails, l’influence que #MeToo avait eue sur elle.

Prendre la parole après un viol, c’est parfois une question de survie

Les personnes victimes de viol ressentent souvent de la culpabilité, de la honte, et n’osent pas porter plainte ni même en parler autour d’elles.

Pourtant, mettre des mots sur ce qui est arrivé peut être un élément-clef pour recouvrer sa santé mentale.

#MeToo a permis à de nombreuses femmes de parler, parfois pour la première fois, et surtout d’être écoutées. Leur courage en a inspiré des milliers d’autres. Cœur de Pirate explique :

« Je salue la force des femmes sont allées de l’avant et qui ont nommé leurs agresseurs. Je trouve ça vraiment courageux. »

Elle-même n’a pas révélé l’identité de son agresseur, mais rien ne l’y oblige. Si elle le fait, ce sera au moment où elle s’y sent prête.

Des mois plus tard, l’écho de #MeToo continue à se faire entendre et à générer des discussions indispensables autour de la culture du viol. Je sais pas vous, mais moi, ça m’émeut.

À lire aussi : Comment réagir face à quelqu’un vous confiant avoir été victime d’un viol ?

Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
  • Margaux Boubou
    Margaux Boubou, Le 18 juin 2018 à 23h54

    @Harley Queeen je n'avais pas du tout percuté... Je crois que c'est encore pire :gonk:

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