Cherche Job Désespérément : l’anarchie post-diplôme

Pondu par Justine_ le 8 octobre 2010  

J’étais en train de suçoter de la compote glacée avec mes copains de galère lorsque la vérité m’a frappée… Une révélation, une apparition de Marie pour les croyants, une veste heimstone bradée pour les blogueuses mode : mais bon sang, le temps post-diplôme/pré-job nous fait revivre notre croissance en accéléré !

Temps 1 : l’extase insouciante du nouveau-né

Le diplôme fraîchement empoché, la confiance sans faille, l’optimisme à toute épreuve, vous débarquez dans le monde officiel adulte (il paraît), persuadé que celui-ci va nécessairement vous ouvrir les bras avec chaleur (vous êtes un enfant désiré, bordel!).

Empli d’auto-satisfaction (vous êtes peut-être même le seul diplômé de votre famille), vous profitez des vacances d’été, retournez chez Papa-Maman et passez en mode « farniente ». Les parents vous préparent vos Banania le matin et vous font des grillades le soir, vous êtes pleinement heureux – parfois, un gazouilli vous échappe.

Temps 2 : l’enfance, les bugs de la découverte

En Septembre, vos copains retournent à l’école, vous retournez dans votre appart’, Papa-Maman vous ont donné un sac de victuailles (et de P.Q), vous courez découvrir le monde.

Confiant, vous pianotez mollement sur votre clavier et jetez un Å“il distrait les offres d’emploi. Easy buddy, vous dites, en cliquant « envoyez votre C.V. » (selon vous le parfait équilibre entre trésor de créativité et modestie professionnelle). Vous faites vos premiers pas hors des jupons de la Mère Université/École et allez vous frotter vaillamment à feu l’Agence Nationale pour l’Emploi, où vous pensez vous gargariser de votre réussite devant la nouvelle maîtresse (aka votre conseillère perso). Manque de bol : vous passez surtout votre temps à cocher des cases et remplir blancs, comme au kindergarden.
Quelques temps plus tard, les recruteurs vous ont envoyé sur les roses (« certes, vous êtes très très mignons et votre cursus est tout bonnement formidable, mais quand même : allez vous faire voir ailleurs, tiens ») et votre conseillère vous envoie un mail enthousiaste certifiant avoir trouvé l’emploi qu’il vous faut : télé-opérateur, 3 semaines, Trifouillis-les-Oies. Vous réalisez brutalement que la bienveillance parentale est bien loin, que les gens ne sont pas obligés de vous aimer et que non, vous n’êtes pas le centre de l’univers (il paraît même que les gens ne s’arrêtent pas d’exister lorsque vous ne les voyez pas).

Cherche Job Désespérément : lanarchie post diplôme  diplomée

Temps 3 : adolescence, rébellion & sex pistols

Ecoeurée par vos découvertes enfantines (le monde ne vous attend pas), vous envoyez bouler vos parents (« mais chaton, tu n’as pas vu l’offre d’emploi XVFRED65 ? »), vous lâchez vos copains (« je ne sors pas, je POSTULE »), vous jetez des pierres sur votre ancien lieu de stage (« je n’étais donc rien pour toi ?! ») et finissez par vous vautrer en jogging (troué et tâché, pour rajouter dans le pathos) sur votre canapé devant Dilemme (la télé-réalité discount). Votre conseillère vous harcèle et vous force à vous rendre à des ateliers (« Écrire une lettre de motivation », « Se présenter en public ») peuplés (selon vous) de vieux cons (comme à l’école). Votre mot préféré redevient « pffff ».

Votre poisson rouge semble plus actif que vous, vous avez la désagréable sensation que le monde entier trouve un job (sauf vous, donc). Vous oscillez entre dépression profonde (où vous ne postulez pas) et rage excitée (où vous postulez en écrivant « fuck forever » en lettres transparentes sur votre C.V.) : en bref, il y a comme une mauvaise ambiance entre le Monde et vous.

Temps 4 : après la tempête hormonale, jeune adulte paisible

Tout compte fait, les vieux cons des ateliers n’étaient pas si nazes, et même plutôt intéressants. Vous avez retravaillé la forme de votre C.V, les formules de politesse n’ont plus de secrets pour vous, vous dites « Bien cordialement » à votre mère et « Maman » à votre conseillère. Vous réseautez comme si votre vie en dépendait, vous cloisonnez votre vie privée/pro online. Vous avez compris que certes, le monde ne vous attendait pas, mais qu’il faudra bien qu’il s’habitue à votre présence (et peut-être même qu’un jour, il vous tapera amicalement dans la main).

Vous recevez vos premières convocations aux entretiens, empli de ravissement (vous dansez la cucaracha sur votre table basse).

Malheureusement les mecs, il faut bien avouer que les entretiens pourront bien vous faire rejouer le cycle depuis le début (découverte émerveillée/obstacles R.H/rébellion « pff-fuck-off »/etc.)…

Temps 5/6/7/… : joie et volupté professionnelle (peut-être)

J’aimerais drôlement vous dire que la suite vous sortira d’affaire, que le job de vos rêves viendra un jour toquer à votre boîte mail, qu’un type des R.H. finira par s’émerveiller devant votre parcours et votre répondant… Mais en vrai, camarades de galère, toute cette histoire post-diplôme aura aussi à voir avec le hasard, le contexte, le timing, le feeling, et d’autres mots en -ing. Armons-nous d’optimisme, de funky-tude, allons à l’assaut de l’univers professionnels… Demain, il fera jour les gars !

Ça vous a plu ? Faites tourner !

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Les 10 dernières réactions à cet article

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  1. lili.M lili.M

    Le 09/10/2010 à 22h11

    Citation:
    Posté par .Charlie
    Très bien fait et tellement vrai cet article.. Je m'y reconnait totalement.
    Je suis dans la phase "personne ne veut de moi et je fais un boulot que je n'aime pas" là ahah.
    Idem pour moi!.. C'est dur! Et j'ai cette impression que les autres s'en sortent mieux que moi....
  2. Hodor Hodor

    Le 09/10/2010 à 22h25

    J'ai galéré pendant un an et j'ai cru que jamais je n'y arriverais, c'est clair que j'étais pathétique dans mon vieux jogging à passer mon temps sur mon pc ! J'étais vraiment déprimée.
    Et puis j'ai finalement été embauchée en CDI (je n'y croyais plus) il y a un an.
    Donc je sais que c'est horrible de ne pas trouver de travail, et quand on a ses parents qui nous demandent "pourquoi eux ils trouvent et pas toi ?" ça énerve.
    Bon courage à toutes celles qui passent par là
  3. O-mamori O-mamori

    Le 12/10/2010 à 17h22

    la phrase que j'adore :" vous n'avez pas assez d'expérience " ou "vous n'avez pas l'expérience requise"
    en même temps si tu me donnes pas la chance d'exercer je la trouve ou ma PUTAIN DE BIP DE BIP D'expérience moi è________________é

    et mes deux lieux de stages qui m'avaient gentillement limite se prosternait pour m'embaucher si j'avais mon diplôme... oué oué...

    enfin, peut être un peu d'éclaircit vers le mois de janvier, je croise les doigts et les orteils !! faites pareils !!! ;]
  4. !Mamzelle Swing! !Mamzelle Swing!

    Le 12/10/2010 à 18h01

    Citation:
    Posté par Mopi
    mais pourquoi nos parents nous ont-ils aidé à faire des études ? j'aurais du faire un BAC Pro !
    Avoir un bac pro n'aide pas toujours.
    J'ai changé de filière mais j'ai passé un Bac Pro il y a un an et beaucoup de mes anciennes camarades ont soit changés de filière ou tout simplement abandonnés.

    Bonne chance à toutes les Mad qui sont à la recherche d'un boulot
  5. redbAll redbAll

    Le 12/10/2010 à 22h37

    roh, c't'article, !
    je me sens moins seule d'un coup !
  6. Chaudron_Magique Chaudron_Magique

    Le 13/10/2010 à 09h32

    sympa cet article.
    Heureusement la petite phrase de fin résume l'optimisme qu'il faut avoir ...
    m'enfin bon, c'est quand même bien naze le marche de l'emploi en ce moment ;(
    J'aurais du bosser chez un pharmacien, un magasin de lunettes ou une agence immobilière, ils crèveront jamais ces secteurs, tiens !
    M'ont pas dit mes parents, de réduire à la baisse mes idéaux!
  7. bbear bbear

    Le 13/10/2010 à 18h06

    Je vis exactement la même situation, franchement si j'avais su, je n'aurais pas fait un lycée générale, et quelque chose qui te lance direct dans le travail. Mais bon...
  8. Zoelis Zoelis

    Le 24/11/2010 à 17h21

    Tellement vrai cet article! Je regrette pas d'avoir fait les études que j'ai faites mais j'espère vite sortir du temps 3.. lol
  9. Solna Solna

    Le 21/11/2011 à 21h05

    moi j'ai fait fort au moment de la phase 1 , j'ai décrété que ce métier de merde qui correspondait à mon master était bien en dessous de qui j'étais vraiment. Et que je ne m'abaisserais pas à rentrer mollement dans cette routine d'adultes déprimante . Non moi ce que je voulais soudainement c'était l'aventure , c'est à dire, tout foutre en l'air pour faire caissière chez Carrefour et emmerder mon paternel au passage ( ado attardée bonjour c'est moi ) .... Seulement, quand j'ai compris qu'on ne voulait de moi nul part parce que je n'avais de l'expérience que dans mon domaine , j'ai vite arrêté mes délires en comprenant que de toute manière j'avais le choix entre galérer à trouver un taf alimentaire , ou galérer à trouver un taf dans ma branche , car en effet , on ne nous attend nulle part, pas plus au coin de la rue que dans une superbe entreprise privée.
    en ce moment je me dis que chez mac do, pourquoi pas, puisque j'ai trouvé un super nouveau shampoing cheveux gras...

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