Cherche Job Désespérément : l’anarchie post-diplôme

J’étais en train de suçoter de la compote glacée avec mes copains de galère lorsque la vérité m’a frappée… Une révélation, une apparition de Marie pour les croyants, une veste heimstone bradée pour les blogueuses mode : mais bon sang, le temps post-diplôme/pré-job nous fait revivre notre croissance en accéléré ! Temps 1 : l’extase […]

J’étais en train de suçoter de la compote glacée avec mes copains de galère lorsque la vérité m’a frappée… Une révélation, une apparition de Marie pour les croyants, une veste heimstone bradée pour les blogueuses mode : mais bon sang, le temps post-diplôme/pré-job nous fait revivre notre croissance en accéléré !

Temps 1 : l’extase insouciante du nouveau-né

Le diplôme fraîchement empoché, la confiance sans faille, l’optimisme à toute épreuve, vous débarquez dans le monde officiel adulte (il paraît), persuadé que celui-ci va nécessairement vous ouvrir les bras avec chaleur (vous êtes un enfant désiré, bordel!).

Empli d’auto-satisfaction (vous êtes peut-être même le seul diplômé de votre famille), vous profitez des vacances d’été, retournez chez Papa-Maman et passez en mode « farniente ». Les parents vous préparent vos Banania le matin et vous font des grillades le soir, vous êtes pleinement heureux – parfois, un gazouilli vous échappe.

Temps 2 : l’enfance, les bugs de la découverte

En Septembre, vos copains retournent à l’école, vous retournez dans votre appart’, Papa-Maman vous ont donné un sac de victuailles (et de P.Q), vous courez découvrir le monde.

Confiant, vous pianotez mollement sur votre clavier et jetez un œil distrait les offres d’emploi. Easy buddy, vous dites, en cliquant « envoyez votre C.V. » (selon vous le parfait équilibre entre trésor de créativité et modestie professionnelle). Vous faites vos premiers pas hors des jupons de la Mère Université/École et allez vous frotter vaillamment à feu l’Agence Nationale pour l’Emploi, où vous pensez vous gargariser de votre réussite devant la nouvelle maîtresse (aka votre conseillère perso). Manque de bol : vous passez surtout votre temps à cocher des cases et remplir blancs, comme au kindergarden.
Quelques temps plus tard, les recruteurs vous ont envoyé sur les roses (« certes, vous êtes très très mignons et votre cursus est tout bonnement formidable, mais quand même : allez vous faire voir ailleurs, tiens ») et votre conseillère vous envoie un mail enthousiaste certifiant avoir trouvé l’emploi qu’il vous faut : télé-opérateur, 3 semaines, Trifouillis-les-Oies. Vous réalisez brutalement que la bienveillance parentale est bien loin, que les gens ne sont pas obligés de vous aimer et que non, vous n’êtes pas le centre de l’univers (il paraît même que les gens ne s’arrêtent pas d’exister lorsque vous ne les voyez pas).

diplomée

Temps 3 : adolescence, rébellion & sex pistols

Ecoeurée par vos découvertes enfantines (le monde ne vous attend pas), vous envoyez bouler vos parents (« mais chaton, tu n’as pas vu l’offre d’emploi XVFRED65 ? »), vous lâchez vos copains (« je ne sors pas, je POSTULE »), vous jetez des pierres sur votre ancien lieu de stage (« je n’étais donc rien pour toi ?! ») et finissez par vous vautrer en jogging (troué et tâché, pour rajouter dans le pathos) sur votre canapé devant Dilemme (la télé-réalité discount). Votre conseillère vous harcèle et vous force à vous rendre à des ateliers (« Écrire une lettre de motivation », « Se présenter en public ») peuplés (selon vous) de vieux cons (comme à l’école). Votre mot préféré redevient « pffff ».

Votre poisson rouge semble plus actif que vous, vous avez la désagréable sensation que le monde entier trouve un job (sauf vous, donc). Vous oscillez entre dépression profonde (où vous ne postulez pas) et rage excitée (où vous postulez en écrivant « fuck forever » en lettres transparentes sur votre C.V.) : en bref, il y a comme une mauvaise ambiance entre le Monde et vous.

Temps 4 : après la tempête hormonale, jeune adulte paisible

Tout compte fait, les vieux cons des ateliers n’étaient pas si nazes, et même plutôt intéressants. Vous avez retravaillé la forme de votre C.V, les formules de politesse n’ont plus de secrets pour vous, vous dites « Bien cordialement » à votre mère et « Maman » à votre conseillère. Vous réseautez comme si votre vie en dépendait, vous cloisonnez votre vie privée/pro online. Vous avez compris que certes, le monde ne vous attendait pas, mais qu’il faudra bien qu’il s’habitue à votre présence (et peut-être même qu’un jour, il vous tapera amicalement dans la main).

Vous recevez vos premières convocations aux entretiens, empli de ravissement (vous dansez la cucaracha sur votre table basse).

Malheureusement les mecs, il faut bien avouer que les entretiens pourront bien vous faire rejouer le cycle depuis le début (découverte émerveillée/obstacles R.H/rébellion « pff-fuck-off »/etc.)…

Temps 5/6/7/… : joie et volupté professionnelle (peut-être)

J’aimerais drôlement vous dire que la suite vous sortira d’affaire, que le job de vos rêves viendra un jour toquer à votre boîte mail, qu’un type des R.H. finira par s’émerveiller devant votre parcours et votre répondant… Mais en vrai, camarades de galère, toute cette histoire post-diplôme aura aussi à voir avec le hasard, le contexte, le timing, le feeling, et d’autres mots en -ing. Armons-nous d’optimisme, de funky-tude, allons à l’assaut de l’univers professionnels… Demain, il fera jour les gars !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mamzlle
    Mamzlle, Le 22 novembre 2013 à 16h59

    Cet article décrit teeeeeeeeeeelment bien ce que je suis en train de vivre!!!!!

    La fin des études, les vacances d'été en mode :cheer:

    le début de la recherche d'emploi ou tu te dis que tu n'es pas comme tout les autres, que toi tu vas trouver le taf parfait en une semaine :ordi:

    Et puis au final ça fait 6 mois que tu cherches, sans même avoir réussi à passer un entretien... :crying:

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