Le clip de Thérèse « Chinoise ? » est sorti, et il est beau et politique


Avec le clip de Chinoise ?, Thérèse fait la nique aux clichés racistes et sexistes qui touchent les femmes asiatiques avec humour, impertinence, et beaucoup de couleurs.

Le clip de Thérèse « Chinoise ? » est sorti, et il est beau et politique
Si vous avez lu notre article sur les 21 meufs qui vont percer en 2021 ou que vous suivez Madmoizelle avec attention, vous connaissez déjà Thérèse. Styliste, modèle, activiste, musicienne, l’artiste touche à tout a sorti aujourd’hui le clip de son dernier titre, Chinoise ? dont nous vous parlions il y a peu.
Dans un clip coloré qui mélange le kitsch et le beau, Thérèse joue avec les codes. Vestimentaires, culturels, langagiers. Le but ? Rire avec adresse des clichés du sexisme et du racisme anti-asiatique, qui font partie de son vécu, et se les réapproprier jusqu’à en faire une force.

Se réapproprier son identité

« 2020, vis ma vie », chante Thérèse : la violence du racisme anti-asiatique, déja bien présente en France, s’est aggravée depuis le début de la pandémie. Dans ce contexte, les paroles puissantes de Chinoise ? sonnent comme une libération.
« Manga », «Chun Li », « Chintok », « Grain de riz » : la voix profonde de l’artiste énumère les mots que l’on impose aux femmes asiatiques de France, perçues par des prismes fétichisants et réducteurs. On les voit recouvrir le visage de Thérèse dès les premiers instants du clip pour en faire des armes, et les renvoyer au visage de ceux qui les prononcent… Jusqu’à ce qu’ils se taisent.

Capture d’écran du clip Chinoise ? de Thérèse

Car c’est bien de réappropriation de son identité et de sa – ou plutôt ses – culture(s) que parle ce clip. Dans Chinoise ?, Thérèse s’empare de son vécu et de ce qu’un monde raciste et patriarcal projette sur elle pour démonter les clichés, en faisant au passage des doigts d’honneur aux rageux. 

Une esthétique lourde de sens

La direction artistique léchée du clip porte son message encore plus loin. Tourné dans le quartier de Belleville de Thérèse, on y voit les étals du primeur du coin se refléter sur les outfits brillants des participantes et participant. Rouges à lèvres pop, bijoux énormes et manteaux fluos, de chaque apparat transpire le même message : on ne va pas s’excuser d’être là, d’être visibles, et de prendre de la place.
On se trouve plongée immédiatement dans l’univers esthétique de Thérèse, saupoudré d’effets spéciaux à base de chien aux yeux vert laser : en plus d’être beau et politique, le clip nous fait rire, tant par ce qu’il nous montre que par la manière dont il le fait, avec une maîtrise du kitsch à ravir.
Au fur et à mesure, les « clichés » mis en voix par Thérèse sont sublimés au point d’oublier la violence qui y était associée : on n’en voit plus que la beauté, la richesse, la force. C’est ça, la puissance du retournement de stigmate.

Un message tourné vers le vivre-ensemble

La diversité, Thérèse la vit autant par son bagage pluriculturel que dans son quotidien Parisien. C’est ce qui permet à Chinoise ? de jouer avec les codes, qu’ils soient visuels ou musicaux.
Les références culturelles, culinaires et vestimentaires se croisent et s’assemblent dans une harmonie lumineuse, qui correspond à ce que l’artiste veut mettre en avant : le « vivre-ensemble », et l’idée qu’elle s’en fait. Et ça marche !
Et en nous montrant, à travers ce clip, la réalité de ce vivre-ensemble, l’artiste en fait aussi un appel à la convergence des luttes : si son vécu lui est propre, son message est universel.

Aïda Djoupa

Aïda Djoupa


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Commentaires

Léona B.

@cringe Merci j'avais pas pensé à Youtube, je vais aller faire un tour ! :d
 

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