La charge sexuelle, quand tu gères toute seule la sexualité dans ton couple

Faire passer le plaisir de l'autre avant le sien, gérer la contraception et la protection contre les IST, se rendre désirable... Tout ça, c'est une affaire de femmes ?

La charge sexuelle, quand tu gères toute seule la sexualité dans ton couple

La charge mentale, c’est quand une personne, dans un couple, généralement la femme, s’occupe de penser aux tâches ménagères et à l’état du foyer.

La charge émotionnelle, c’est quand une personne, dans un couple, généralement la femme, s’occupe des liens sociaux et du bien-être mental des deux partenaires.

La charge sexuelle, c’est quoi ?

La charge sexuelle, c’est quand une personne, dans un couple, généralement la femme, s’occupe de la santé sexuelle, du désir et du plaisir des deux partenaires !

Par exemple, c’est elle qui doit penser à sa contraception, et la payer, sans aide mentale (« T’as pris ta pilule chérie ? ») ni financière (« Je paie la moitié de ta pose de DIU, c’est normal »).

C’est elle, et seulement elle, qui se renseigne sur la meilleure façon de donner du plaisir, et même d’en prendre.

C’est elle qui s’épile, achète de la lingerie affriolante, se demande comment redonner un coup de fouet à sa vie sexuelle ET à celle de son partenaire.

C’est elle qui lit des conseils sexo, se demande si la fellation avec un glaçon c’est vraiment aussi bien que ça, envisage la sodomie non pas par désir personnel, mais pour « faire plaisir »…

À lire aussi : Dora Moutot de @Tasjoui dénonce le tabou du plaisir et de l’orgasme

La charge sexuelle expliquée

Tu te reconnais peut-être dans l’un ou plusieurs de ces points.

Moi-même, j’ai beau être consciente de pas mal de biais sexistes concernant la société dans laquelle je vis, j’ai plus souvent été en charge de la contraception dans mes couples (hétéro) par exemple.

Si tu veux en savoir plus, je ne peux que te conseiller d’aller lire le passionnant article paru sur Slate !

À lire sur Slate

Désir, plaisir, contraception, MST… c’est la charge sexuelle

(Par Clémentine Gallot)

Commentaires

Plumn

@Chandernagor a parfaitement exprimé ma pensée et bien mieux que je ne l'aurais fait et @Chat-au-Chocolat aussi. :fleur:
Après, @Mélusine94 tu dis que déroger aux règles sociales, c'est être puni d'office. C'est pas vrai. Etant quelqu'un qui déroge à de très nombreuses règles sociales, dans de nombreux domaines, je peux en témoigner. Ça m'arrive de subir l'agressivité des autres en réaction. Mais la plupart du temps, tout le monde s'en tape. Et ça compte aussi pour mon rapport à ma féminité.
Ce règne de la terreur est tellement insidieux que ça demande de multiples déconstructions avant de pouvoir purger sa pensée de modèles violents et d'en arriver au point où on peut se faire son propre avis. Je pense que c'est quelque chose qui ne prend jamais vraiment fin.
J'ajoute que pour ma part, je n'ai aucun amour pour le féminisme, je suis anti-sexiste et intimement persuadée que l'équité et les rapports équilibrés se construisent ensemble et pas les uns contre les autres. Je défends aussi les hommes dans une société qui certes leur offre de sacrés avantages, mais à un prix excessivement élevé.
Donnons plutôt à ceux qui agressent, violent, se moquent, assassinent ou juste ne respectent pas la place qu'ils méritent. Ils n'ont rien à faire dans tous les articles qu'on lit, ni dans nos pensées. Ils ne méritent pas une miette de notre attention. Leurs victimes par contre, oui. Et je te tiens le pari que le jour où les femmes imposeront en masse de nouveaux modèles quant à la qualité de leurs amants, il y en a beaucoup qui s'empresseront de changer, parce qu'ils veulent baiser.

C'est moi qui choisis ce que je fais de ma vie, et de mon cul. J'ai tout pouvoir sur ce que je fais et ce que je pense.

@plic tic
C'est pas mal d'en avoir qui y arrivent oui, mais pas comme exemple forcément. Comme soutien. C'est là que la solidarité est indispensable, on a chacune nos qualités, nos défauts, nos compétences. Les partager et aider les autres, c'est tout l'intérêt. Effectivement, @Mélusine94 tout le monde n'est pas apte à se défendre face à l'agression. C'est plutôt pas mal d'en avoir qui peuvent le faire, et qui peuvent aussi défendre les autres. Ces autres qui n'ont pas de réponse violente, ou protectrice face à l'agression, elles ont bien d'autres choses à apporter en échange. Moi par exemple, j'ai passé des mois à discuter avec ma mère de ses réactions face aux hommes, à l'aider à trouver comment reprendre le pouvoir qui lui appartient, à aider à déconstruire des croyances et des modèles encore pires que les nôtres, générations plus récentes. Je lui ai transmis ce que j'ai compris, et les astuces que j'ai employées pour secouer les épaules et redresser la tête. Et elle a tout utilisé pour faire les choses à sa façon. Elle subissait cet effet de sidération par exemple à chaque fois qu'un homme lui faisait des propositions sexuelles dont elle ne voulait pas. Se sentait coupable de ne pas en vouloir, cherchait où était sa faute. Bref, faisait comme on l'a toutes fait. Je lui ai parlé de ce que je savais à ce sujet, j'ai cherché à l'aider à se déculpabiliser d'avoir ce genre de réactions, à reprendre la maîtrise des choses plutôt que de tout donner à cet homme qui lui fait peur, j'ai cherché à la rassurer. Elle m'a aidée à prendre conscience de plein d'autres choses dans ma vie, qui n'ont pas forcément de rapport. On apporte toutes les deux notre personnalité et on profite des qualités de l'autre quand on en a besoin.

Voir des femmes qui arrivent à se débarrasser du carcan n'est pas une injonction à le faire, en tout cas pas forcément, mais quelqu'un de plus qui pourra peut-être t'aider si t'en as besoin.
 

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