Les câlins et leur pouvoir… immunitaire

Les câlins, ça fait du bien au coeur, au moral... et au corps. Ils pourraient nous aider à être en meilleure santé, selon plusieurs chercheurs !

Les câlins et leur pouvoir… immunitaire
C’est la journée internationale du câlin ! L’occasion de (re)découvrir cet article, dans la douceur et la tendresse.

– Article initialement publié le 6 avril 2015.

Êtes-vous du genre à ouvrir les bras à votre prochain et à enchaîner les accolades ? Ou plutôt de celles et ceux qui préfèrent ne pas trop tripoter autrui ?

Figurez-vous que les câlins pourraient avoir un sacré pouvoir : ils pourraient nous permettre de ne pas tomber malades ! Cette affirmation est étrange, surtout à l’heure ou beaucoup sortent du métro en se badigeonnant de gel hydroalcoolique jusqu’aux aisselles, mais c’est la conclusion d’une équipe de recherche menée par Sheldon Cohen.

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Un câlin par jour éloigne le docteur

La recherche, publiée dans le journal Psychological Science en février dernier, explique que les câlins auraient deux grands bénéfices : tout d’abord, grâce à eux, nous nous sentirions « connecté-e-s » les un-e-s aux autres, et ensuite, ils agiraient comme une « prévention » de certaines maladies. Quoi, comment ?

De prime abord, on aurait tendance à penser que prendre dans ses bras les premier-e-s inconnu-e-s venu-e-s augmenterait notre exposition aux germes, aux virus et autres joyeusetés, ce qui augmenterait nos chances de tomber malades… Mais pour Sheldon Cohen, les choses sont plus nuancées !

Son équipe de scientifiques a interrogé 404 volontaires. Dans un premier temps, les participant-e-s ont répondu à un questionnaire mesurant leur perception de soutien social (pour schématiser, l’objectif du questionnaire était de voir si les participant-e-s se sentaient soutenu-e-s par leur entourage). Ensuite, les psychologues se sont entretenus par téléphone, chaque soir pendant deux semaines, avec les volontaires, afin de parler de leurs journées, des conflits éventuels rencontrés pendant ce laps de temps, des câlins qu’ils avaient reçus, de leur fréquence…

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Enfin, pour la dernière étape de la recherche, les chercheurs-es « infectent » les participant-e-s avec un petit virus (censé conduire à un simple rhume) et les placent en quarantaine pour observer leurs symptômes et réactions.

Le soutien social, les câlins et… le rhume

La première observation faite par l’équipe de scientifiques, c’est que la plupart des personnes interrogées ont déclaré au cours des questionnaires et entretien un sentiment de soutien social plutôt fort : de manière générale, le panel interrogé avait le sentiment d’être plutôt entouré et soutenu. De ce fait, ses membres ont également semblé plus susceptibles d’avoir des câlins que d’avoir des conflits dans leurs quotidiens.

Selon les analyses de Cohen et ses collègues, ce sentiment, accompagné par les câlins, pourrait agir comme un « effet tampon contre le stress » : les personnes qui avaient déclaré un fort sentiment de soutien social ont développé des symptômes moins forts que ceux qui se sentaient moins soutenu-e-s par leur entourage, et qui faisaient moins de câlins.

En fait, les conflits induisent du stress, de l’anxiété, et cette tension affaiblirait nos systèmes immunitaires. Vous voyez l’effet ricochet ? Lorsque nous nous sentons soutenu-e-s, et que nous avons des contacts physiques avec les personnes qui nous entourent, nous serions moins susceptibles de vivre des conflits. Puisque nous vivons moins de conflits, nous sommes moins touché-e-s par le stress. Et puisque nous sommes moins stressé-e-s, nos petits corps (et nos esprits) sont plus forts pour lutter contre les rhumes potentiels !

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Et même lorsque nous vivons des conflits, si nous avons toujours un fort sentiment de soutien social et que nous obtenons toujours des câlins au quotidien, cela pourrait suffire pour avoir moins tendance à tomber malades.

Les câlins et la perception d’un soutien social serviraient de « ressources psychologiques » un peu préventives.

Les maladies moins fortes face au soutien de nos proches

Cette recherche n’est pas la première étude menée sur ce thème et sur l’importance du soutien social dans les maladies, qu’elles soient bénignes ou plus graves.

Une étude précédente a par exemple montré que plus l’on a de relations sociales différentes (des ami-e-s, de la famille, une communauté, des collègues), moins nous aurions tendance à être atteints par des petits virus. Des recherches ont également étudié l’importance du soutien social pour aider les personnes âgées dans le vieillissement.

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De manière générale, le soutien social joue un rôle particulièrement important dans notre santé : il aide à mieux faire face à des situations stressantes, à traverser les maladies autrement… à être en meilleure forme.

Pour finir, Sheldon Cohen souligne une dernière chose : les bénéfices du soutien social existent pour celles et ceux qui le reçoivent, mais aussi pour celles et ceux qui le donnent ! Finalement, lorsque nous voulons prendre soin de notre santé, nous pensons souvent à notre rythme de vie, notre alimentation, nos dépenses énergétiques… et si nous pensions aussi à prendre soin de nos relations sociales pour prendre soin de nous ?

Pour aller plus loin…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Bibi Tricotin
    Bibi Tricotin, Le 10 octobre 2016 à 9h46

    Et comment on fait quand les câlins vous provoquent stress et nausées (et grosses possibilité de vous faire mal *coucou douleurs "chroniques" * ) ?

    Au final, quand même, c'est pas tant les câlins qui "aident", c'est que le soutien moral de ses proches est primordial pour affronter la maladie et toutes autres formes d'épreuves.

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