Brock Turner, le « violeur de Stanford », fait appel de sa (légère) condamnation

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Brock Turner a été condamné à six mois de prison pour viol. Libéré après trois mois pour bonne conduite, il fait à présent appel.

Brock Turner, le « violeur de Stanford », fait appel de sa (légère) condamnation

Souvenez-vous : en mars 2016, Brock Turner a été condamné pour viol.

Il a été reconnu coupable d’avoir violé, en janvier 2015, alors qu’il avait 20 ans, une jeune femme de 23 ans, derrière une benne à ordures.

Sa condamnation à seulement 6 mois de prison (la peine maximale étant de 14 ans) avait provoqué un vif émoi aux États-Unis et relancé le débat sur le traitement, par la justice, du viol et des personnes en étant victime.

À lire aussi : #MeToo : pourquoi je n’ai pas porté plainte après mon viol

Pendant le procès, la jeune femme, connue sous le pseudonyme d’Emily Doe, avait lu une lettre extrêmement poignante qui avait fait le tour du monde. Elle y disait notamment, en s’adressant à Brock Turner :

« Tu n’aurais jamais dû me faire ça. Deuxièmement, tu n’aurais jamais dû me forcer à me battre si longtemps pour te dire : tu n’aurais jamais dû me faire ça.

Mais on en est là. Le mal est fait, personne ne peut le défaire.

Et à présent, nous avons tous les deux le choix.

Nous pouvons laisser ça nous détruire, je peux rester en colère, blessée et toi dans le déni, ou bien nous pouvons l’affronter en face, moi j’accepte la douleur, toi tu acceptes la punition, et on passe à autre chose. »

Libéré pour bonne conduite après seulement 90 jours derrière les barreaux, Brock Turner fait appel de sa condamnation.

Brock Turner fait appel de sa condamnation pour viol

Le New York Times explique que selon Eric Multhaup, l’avocat de Brock Turner, son client n’a pas eu droit à un juste procès et mérite d’être jugé à nouveau.

Il a transmis un document de 172 pages à la Cour, qui s’appesantit notamment sur des témoignages arguant que Brock Turner est un très bon nageur ainsi qu’un homme honnête. Plus de 60 pages sont dédiées au taux d’alcoolémie de la victime.

Si Brock Turner fait appel, c’est probablement en grande partie pour laver son nom.

Il est connu comme « le violeur de Stanford », sa photo a été utilisée pour illustrer « viol » dans un manuel sur la justice pénale, et il est enregistré en tant qu’agresseur sexuel dans son État d’origine, l’Ohio.

Le procès en appel devrait avoir lieu courant 2018.

Les réactions à l’appel de Brock Turner

Pour rappel, le juge qui avait condamné Brock Turner à seulement 6 mois de prison, Aaron Persky, avait fait l’objet d’une pétition réclamant sa démission.
Il exerce toujours, mais dans un tribunal différent, qui ne traite plus d’affaires pénales.

Michele Dauber professeur de droit à Stanford qui milite pour la démission du juge, explique :

« Le jury a vu les preuves et a fermement rejeté les tentatives de Turner de blâmer la victime. Le problème avec ce cas, ce n’est pas que le juge Persky a été injuste avec Brock Turner, c’est qu’il l’a été avec la victime. »

Le procureur du comté de Santa Clara a déclaré au sujet de l’appel :

« Brock Turner a eu droit à un procès équitable et sa condamnation était juste. Elle ne sera pas levée.

Rien ne peut ternir l’héritage laissé par Emily Doe, qui a aidé le monde à prendre conscience des violences sexuelles. »

À lire aussi : Contre les violences sexuelles, la pétition #1FemmeSur2 interpelle Emmanuel Macron

D’autres réactions sont moins rassurantes. Je suis tombée sur cette info via un titre qui m’a personnellement choquée, signé Sky News :

« Un ancien espoir olympique de natation fait appel de sa condamnation pour viol »

Mettre ainsi l’accent sur les capacités sportives de Brock Turner est une des techniques utilisées pour le défendre. C’est en partie pour que la peine n’« impacte pas trop son avenir » qu’il a été condamné à seulement 6 mois de prison.

Brock Turner a le droit de faire appel. Il sera jugé de nouveau… et il est tout à fait possible que ce nouveau procès mène à une condamnation bien plus lourde que le premier.

L’avenir nous le dira.

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu’elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.


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Commentaires
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  • Zazouyeah
    Zazouyeah, Le 12 décembre 2017 à 12h20

    Quelqu'un pour compter le nombre de fois où cette fille a vu son humanité niée ? viol + exposé des faits complet et détaillé devant un avocat de la défense irrespectueux et diffamatoire + sentence ridicule + que le violeur ne purge même pas en entier + appel de ce dernier. Moi qui pensais qu'il n'était pas possible de la détruire encore plus, je n'ai plus de mots...

    C'est sûr qu'un témoin de ses qualités de nageur et de "gars bien" (et aussi que le viol n'a pas eu lieu littéralement "derrière une poubelle", une autre raison que les avocats avancent pour faire appel) auraient fait pencher la balance face aux témoins direct de son agression et de sa tentative de fuite lorsqu'ils l'ont interpellé (merci @Manea pour le rappel).

    Ça m'intéresse aussi si quelqu'un est au courant du système Etasunien, est-ce que par exemple il pourrait demander des dommages et intérêts à la victime ? (histoire de pousser encore plus loin le cauchemar :goth:)

    PS : allez, on reste positif et on croise les doigts pour que le tollé pour la démission du juge Persky, l'affaire Weinstein et la vague des #MeToo fasse en sorte qu'aucun juge n'ose même songer à alléger sa sanction...

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