Escale en Birmanie, un pays où il est possible de voyager malgré les a priori

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Alexia fait le tour du monde, et est tombée amoureuse de la Birmanie. Elle nous raconte son voyage dans un pays où beaucoup n'imaginent pas s'aventurer !

Escale en Birmanie, un pays où il est possible de voyager malgré les a priori

Hey les madmoiZelles ! Vous vous souvenez de moi ? Je suis partie en janvier faire le tour du monde avec mon copain et en free-lance.

Aujourd’hui en Argentine, je reviens avec vous sur un de mes coups de cœur en Asie du Sud-Est : le Myanmar – aussi connu sous le nom de Birmanie !

Un pays qui s’ouvre peu à peu

Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire (je suis un peu mal placée) mais si vous suivez un tant soit peu l’actualité, vous devez savoir que la Birmanie était il y a encore peu de temps sous la junte militaire et que la célèbre Aung San Suu Kyi a été libérée de son assignation à résidence.

Elle est entrée au gouvernement en 2015 mais les militaires détiennent encore une grande partie du pouvoir. Hé oui, le changement se fait petit à petit et Aung San Suu Kyi a du pain sur la planche et doit pour l’instant travailler en coordination avec l’armée.

D’ailleurs, certaines régions étaient déconseillées car des conflits armés étaient en cours. L’Ouest du pays où se trouvent les minorités Rohingya persécutées était complètement inaccessible.

En effet, les minorités Rohingya en Birmanie n’ont aucun droit, et ne peuvent pas non plus prétendre à la citoyenneté.

Pour comprendre la crise enracinée depuis longtemps, je te conseille cet excellent article du Courrier International qui reprend tous les éléments.

En août et dans les mois qui ont suivis, les violences se sont accentuées à l’encontre des Rohingya. L’ONU ainsi que l’ONG Médecins sans Frontières parlent de « nettoyage ethnique ».

Médecins Sans Frontières évalue au minimum à 6700 le nombre de morts dans le mois qui a suivi le déclenchement de cette vague de violence sans précédent – un chiffre sans doute sous-estimé.

Il y aurait désormais 655 000 réfugié•es ayant rejoint le Bengladesh voisin, et Aung San Suu Kyi est d’ailleurs très critiquée pour sa gestion de la crise.

Aujourd’hui on parle de rapatriement en Birmanie, mais comme l’expliquait Gwendoline Debono vendredi 26 janvier sur Europe 1, la question est épineuse.

La Birmanie était un pays que nous avions envie de visiter également pour cette raison : une ouverture récente au tourisme, une culture différente, des tensions qui existent encore…

Finalement, le pays est encore assez vierge de touristes mais pas autant qu’on l’aurait cru. Les français sont assez présents mais en comparaison aux autres pays d’Asie que nous avons visité, on est bien plus en contact avec les locaux qu’avec les occidentaux.

On a rencontré des personnes d’une cinquantaine d’années qui avaient été en Thaïlande il y a 20 ans, y sont retournés aujourd’hui et ont été très déçus. On se plaît à dire que ce sera la même chose pour nous dans quelques années !

Les étudiants en anglais de Rangoon

Notre première étape qui sera aussi la dernière nous a mené•es à Rangoon, ancienne capitale du pays. La première chose qui nous surprend en arrivant est la circulation extrêmement dense mais contrairement aux autres grandes villes d’Asie, les deux-roues sont absents, il y a uniquement des voitures.

On retrouve de nombreux stands de rue ou les locaux viennent manger, les chiens errants sont paraît-il au nombre de 100 000 dans la ville, et on le croit sans problème.

L’attraction principale de la ville est le Shwedagon, pagode immense ou les locaux aiment se retrouver pour prier mais aussi pour discuter, rire, chanter et parfaire leur anglais.

Deux groupes d’étudiants en anglais sont venus nous aborder pour discuter afin de progresser dans la langue de Shakespeare. C’était un moment agréable, simple et un peu hors du temps.

Rangoon offre également un marché immense, une rue de bouquinistes, une pagode au milieu d’un rond-point, un parc pour se prélasser et des salons de coiffure dissimulés derrière des rideaux qui offrent des coupes pour 2 €.

Un trek de 3 jours entre Kalaw et le lac Inle

S’il y a bien deux choses que l’on connaît de la Birmanie, c’est le lac Inle et les temples de Bagan. Pour se rendre au lac Inle, nous avons opté pour un trek de 3 jours depuis Kalaw, petite bourgade qui rappelle nos villages de montagne. 60 kilomètres de randonnée dans la boue, même pas peur !

Le départ se fait à 8h du matin avec deux autres français de notre âge et deux guides birmans. Nous sommes en période de mousson et nous redoutons la pluie qui rendrait le trajet encore plus glissant mais les éléments ont été cléments.

Les paysages sont magnifiques, la verdure est partout et on croise plus de buffles que d’habitants les deux premiers jours. Les cultures alternent entre riz, chili et gingembre.

Les deux nuits se font chez l’habitant. Le confort est sommaire mais la convivialité est au rendez-vous. Ils mettent les petits plats dans les grands et on mange avec plaisir les repas copieux qu’ils nous préparent.

Le troisième et dernier jour est le plus court mais les courbatures et les ampoules se font sentir, il nous tarde d’arriver. Un dernier trajet en bateau sur le lac Inle et nous pouvons prendre une vraie douche bien méritée à l’hôtel.

En balade autour et sur le lac Inle

Il y a pas mal de choses à faire autour du lac Inle. La plupart des hôtels se trouvent au nord du lac. Quelques hôtels haut de gamme se trouvent sur le lac mais généralement, le bruit des bateaux à moteur est constant et de toute façon c’était totalement hors budget pour nous.

À lire aussi : 11 astuces pour voyager pas cher (et à la dernière minute)

Le premier jour, nous avons pris les vélos, prêtés par notre hôtel et avons fait un tour dans un village. Puis sur le retour, en bons français que nous sommes, nous avons opté pour une dégustation de vins birmans à la red Mountain winery. Vue sur les vignes, il ne manquait plus que le fromage et le pain !

Le deuxième jour, direction le lac à proprement parler avec un tour en bateau pour découvrir un marché local, les pagodes d’Indein et d’autres artisanats locaux comme la fabrication de bijoux en argent, de foulards en lotus ou encore de cigares faits à base de feuilles de cheroot.

Le tour est assez touristique et nous n’avons pas particulièrement apprécié découvrir les femmes girafes de cette manière mais malheureusement pour se déplacer sur le lac, un guide est obligatoire. Libre à vous de refuser certaines escales, cependant.

Le développement du tourisme a beau être récent, nous sommes en Asie, tout va très vite. Une question se pose alors : l’équilibre du lac Inle peut-il être préservé avec toute cette affluence et ces bateaux à moteur à longueur de journée ?

Les temples de Bagan

Que serait la Birmanie sans Bagan ?

Nous y avons passé trois jours et avons opté pour le meilleur moyen de visite des temples, très espacés les uns des autres : le e-bike. C’est un petit scooter électrique avec lequel on peut rouler à 40 km/h au maximum et sur lequel on peut monter à deux.

Le cadre est magnifique, les couleurs sur les temples changent tout au long de la journée et, basse saison aidant, le calme règne dans des temples. Il est aisé d’éviter les touristes tant les temples sont nombreux.

On a tenté le lever de soleil mais en saison des pluies, peu de chances qu’il soit réussi. Les couchers de soleil étaient un peu mieux mais pas beaucoup plus. Les meilleurs moments étaient le matin quand il ne faisait pas encore trop chaud et que la pluie n’était pas de la partie.

En trois jours, on avait eu le temps de largement faire le tour des pagodes.

Vous aussi, filez découvrir la Birmanie !

Malgré les conflits actuels et la situation compliquée avec les Rohingya, la Birmanie reste un pays où il est facile de voyager à condition de suivre les consignes de sécurité et de ne pas trop sortir des sentiers battus pour le moment tout du moins.

Je ne peux que vous pousser à y aller, tant que les touristes n’ont pas encore dénaturé la gentillesse des locaux et que les prix restent relativement abordables.

Pour plus d’informations sur la Birmanie, je vous invite à lire les articles publiés sur Les Oiseaux Migrateurs à ce sujet et à nous suivre sur Instagram et/ou Facebook pour découvrir d’autres pays.

À lire aussi : Allez viens, on part au Ladakh — Carte postale d’Inde

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Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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Commentaires
  • Harder-faster
    Harder-faster, Le 31 janvier 2018 à 3h53

    Je fais aussi partie des gens qui refusent de voyager dans les pays dont la politique contredit mes convictions, mais je suis bien placée pour savoir que c'est pas toujours aussi simple (... parce que je vis aux USA maintenant alors que c'était inenvisageable pour moi avant), alors j'ai lu cet article avec un maximum d'ouverture d'esprit. Je suppose que la Mad qui témoigne voulait montrer "une autre facette du pays", et c'est plutôt une bonne chose si l'article provoque des discussions, mais je travaille dans une clinique pour réfugiés et j'accueille tous les jours des gens qui viennent de Birmanie, donc j'ai malgré tout un goût un peu amer...

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