BioWare et ses jeux vidéo résolument modernes

BioWare est un célèbre studio de jeux vidéo, connu entre autres pour deux sagas : Mass Effect et Dragon Age. Flavien crie aujourd'hui son amour pour ces véritables oeuvres vidéoludiques.

BioWare et ses jeux vidéo résolument modernes

BioWare est une société canadienne de développement de jeux vidéo basée à Edmonton, et qui appartient depuis quelques années au géant américain Electronic Arts. Si elle est connue pour des jeux plus anciens qui ont posé les bases de son succès (Baldur’s Gate en 1998, Star Wars : Knight of the Old Republic en 2003), nous allons parler ici de ses productions les plus modernes : Mass Effect et Dragon Age, deux sagas qui ont propulsé BioWare sur le devant de la scène, souvent en raison de leurs qualités narratives et « gameplayesques » (pardonnez la mocheté du néologisme), mais aussi grâce aux romances possibles entre le héros/l’héroïne et les personnages secondaires.

Dragon Age/Mass Effect : tour d’horizon

Les deux sagas, de prime abord, sont bien différentes l’une de l’autre : Mass Effect nous place dans un environnement de type science-fiction saupoudré d’une bonne dose de space opera, alors que Dragon Age se déroule dans un univers heroic fantasy. L’un propose donc de bouter les vilains hors de la galaxie à coup de pétoires hi-tech et de canons magnétohydrodynamiques, quand l’autre préfère vous demander de manier l’épée/la magie/l’arc/les dagues pour trucider l’ennemi avec panache.

Cependant, schématiquement parlant, nous faisons face à deux sagas similaires, aux qualités plutôt rares : un-e héro-ïne-s (au choix) que vous pouvez customiser physiquement de façon fort détaillée, un univers immersif avec des personnages secondaires qui ne sont pas là que pour le décor, un gameplay orienté RPG vous permettant de diriger les compétences de votre personnage, mais surtout : des compagnons qui aideront votre héro-ïne-s dans sa quête et dont l’importance est capitale, car vos relations avec eux vont fortement impacter votre expérience de jeu.

Odes fréquentes au féminisme, et volonté d’éviter les archétypes de manière générale

Dans un milieu où se pose encore la question de savoir si les femmes sont correctement représentées ou si elles ne sont qu’un outil marketing à utiliser avec modération, BioWare tranche dans le vif du sujet : leurs personnages seront ce qu’ils doivent être, en fonction de ce qu’ils apportent au jeu, et en prenant soin de toujours placer la qualité de l’histoire très haut dans la liste des priorités. Nous pouvons donc croiser des personnages féminins hauts en couleurs, et ça fait plaisir !

« Si tu lui fais du mal, je te coupe les roubignoles ». Ça a le mérite d’être clair.

Dans Dragon Age, cela passe par Morrigan (une sorcière indépendante et manipulatrice au caractère bien trempé qui n’hésite pas une seconde à nous gratifier de ses phrases les plus cassantes), Wynne (une mage quinquagénaire au tempérament maternel mais qui cache bien son jeu), ou encore Léliana (une barde aux apparences douce et fragile mais qui réserve bien des surprises).

Mass Effect nous met face à des personnages comme Liara (une archéologue mièvre et naïve qui verra son caractère se renforcer au fil de la saga), Jack (qui a passé son enfance torturée en laboratoire, et qui est devenue une véritable machine à tuer dont la puissance et la folie obscurcissent une quête inconsciente de paix intérieure), ou encore Samara (justicière d’un certain âge au code de conduite inflexible et dont la vie n’est dictée que par la traque de sa criminelle de fille).

Même au niveau masculin, on tombe souvent sur des personnages riches, qui apportent des soutiens différents au héros/à l’héroïne en fonction de leurs caractères respectifs. Pêle-mêle parmi les deux sagas, on va ainsi du meilleur ami dont l’humour lourdingue n’est qu’un prétexte pour fuir les sujets sensibles au flic blasé par l’inefficacité de sa hiérarchie et tenté continuellement par les bénéfices d’une pratique de la justice plus violente, en passant par l’assassin philosophe et père absent qui cherche la rédemption. Sans oublier le pilote de vaisseau spatial atteint de la maladie des os de verre, l’elfe tueur à gages sexuellement libéré, etc.

Ces productions nous donnent la possibilité d’interagir avec cette énorme palette de personnalités, ainsi que d’orienter l’évolution psychologique de certain-e-s. S’ils sont vos compagnons de route et vos supports dans votre croisade contre l’ennemi du jeu, vous êtes également pour eux une sorte de guide spirituel, un véritable modèle qui peut les mener vers un accomplissement personnel qui leur sera profitable, mais aussi, parfois, vers leur perte pure et simple…

Cette synergie dynamique entre vous et les personnages contribue à créer de véritables liens affectifs, vous rattachant au scénario d’une manière plus efficace que dans d’autres jeux.

« Ce soir, j’vais conclure »

Ces relations atteignent souvent leur paroxysme via un système peu présent sur la majorité des jeux vidéo du genre : les romances. Jamais trop mises en avant, jamais trop anecdotiques, elles savent rester dans leur rôle : rajouter de la richesse à l’aventure, sans tomber dans l’artifice « y a du cul, cherchez pas, c’est comme ça » (les fameuses culbutes rapidos de Geralt dans The Witcher 2) ni dans le « y a du cul, c’est pour faire vendre sous prétexte de respecter le réalisme du background » (les péripatéticiennes de Grand Theft Auto).

Dans ces deux sagas, les romances ne sont jamais le fruit d’une pression de bouton sur le choix de dialogue « on baise ? », mais la conclusion d’une approche toujours progressive avec le personnage visé, au cours de laquelle le héros ou l’héroïne aura eu le temps de nouer des liens particulier au cours de missions spécifiques ou de dialogues adaptés au caractère du personnage. Par exemple, Jack, la psychopathe citée plus haut, ne fonctionnera pas de la même manière qu’Alistair, gros romantique-timide mal à l’aise avec l’idée qu’on puisse s’intéresser à lui.

Parfois même, la romance sera l’occasion d’édifier un personnage, ou de créer des situations avec d’autres compagnons approuvant ou désapprouvant votre amour !

Une volonté de rendre la tolérance banale, mais jamais commerciale

Il est important de préciser que ces relations sont accessibles à tous et toutes. BioWare jette un pavé dans la mare en toute décontraction et propose des romances hétérosexuelles, bisexuelles et homosexuelles. L’orientation sexuelle des compagnons de votre personnage principal est d’ailleurs en accord avec leur psychologie : il est logique de voir Zevran, l’assassin qui parle de sexe comme il respire, être ouvertement bisexuel, puisqu’il vante les mérites de profiter sans vergogne de chaque petit plaisir offert par la vie.

Jamais on aura l’impression que les homosexuel-le-s et bisexuel-le-s sont des arguments de vente unidimensionnels. Ils et elles sont là pour enrichir le scénario avec la même puissance que le classique personnage trentenaire hétérosexuel.

Bien évidemment, de tels jeux comportant de maléfiques sodomites et autres pervers possédés par le Diable n’ont pas été développés et édités sans heurts : aux États-Unis, plusieurs associations religieuses ont milité pour que soient interdites/censurées ces romances désapprouvées par leurs croyances. Même si, concernant Dragon Age II, ils ont partiellement réussi en provoquant la censure d’une scène homosexuelle avec un personnage bi, Electronic Arts (le propriétaire actuel de BioWare) a maintes fois refusé de se plier à leurs nombreuses exigences.

Remercions également  la grogne des fans qui refusaient de voir leurs jeux favoris censurés par des traditionnalistes, et qui ont fait pression de leur côté. Car la communauté de fans de BioWare est globalement très ouverte d’esprit et extrêmement réactive !

VOTRE jeu, VOS choix

Un autre point commun liant les sagas Mass Effect et Dragon Age est celui des choix. Votre héro-ïne-s, au fil des dialogues, aura la possibilité de répondre de différentes manières (selon les jeux, ça varie de pragmatique à conciliant, mais on a aussi l’humour, le sarcasme, la gentillesse, ou la méchanceté).

Certains choix seront triviaux, et uniquement là pour appuyer le caractère que vous aurez choisi de donner à votre personnage (mises en situations et conséquences à cours terme différentes), alors que d’autres vont influer sur le scénario à plus long terme (avenir d’un peuple entier, par exemple), en sachant que vous devez concilier l’intérêt de votre quête avec celui des personnes croisées durant l’aventure.

Si vous décidez de demander l’aide d’un peuple en les aidant face à l’oppresseur, est-ce que vous allez en tirer le même bénéfice que si vous demandiez directement le soutien de l’oppresseur lui-même ? Ou est-ce que vous aurez effectué les bons choix en amont pour maîtriser le délicat jeu d’équilibriste de la diplomatie, en tentant d’instaurer une paix permettant d’avoir l’aide des deux camps (quitte à prendre le risque de se louper dans les négociations et de laisser un génocide se produire) ?

« C’est pour ça que j’adore traîner avec vous ! Pourquoi tirer sur un truc une fois alors qu’on pourrait tirer dessus 46 fois de plus ? »

Tout au long de l’histoire, vous aurez donc des questions à vous poser, sachant que vos compagnons ont également des états d’âme : certains ne cautionneront sans doute pas vos agissements. Morrigan, la sorcière indépendante et calculatrice citée plus haut, n’aimera sans doute pas vos décisions de gentil-le justicier-e, étant pragmatique de nature et n’hésitant pas à cautionner des choix qui vous paraîtraient cruels mais dont le bénéfice pour votre quête serait conséquent !

Il est également probable de faire face à une dispute entre deux personnages, et prendre parti pour l’un ou pour l’autre pourra avoir de fâcheuses conséquences sur la loyauté d’un des belligérants. D’où l’intérêt, parfois, de booster ses talents d’orateurs pour éviter au maximum les situations critiques impossibles à résoudre.

Des jeux accessibles, même pour les débutant-e-s

Si ces précédents paragraphes vous ont titillé la curiosité, peut-être demeure-t-il une question suspendues aux lèvres de celles et ceux n’étant pas très habitué-e-s aux jeux vidéo : « est-ce que c’est facile à prendre en main ? ». La réponse est un gros « oui » !

Les Mass Effect et Dragon Age possèdent des niveaux de difficultés très bien échelonnés. Et si les joueuses et les joueurs acharnés y trouveront leur compte avec des modes de difficultés très élevés, les plus occasionnel-le-s peuvent choisir des paramètres faciles. Et personne ne vous traitera de « noob » pour autant : chacun-e joue à Mass Effect ou a Dragon Age comme il/elle l’entend !

Certains fans de RPG y chercheront du challenge, quand d’autres y verront un roman interactif avec des scènes d’exploration sympathiques entraînant parfois des dialogues sauvages entre les membres de l’équipe, et des combats vite pliables pour que les prochaines cinématiques et autres dialogues à choix puissent s’effectuer. L’avantage est que tout le monde peut y trouver ce qu’il souhaite.

Me concernant, en tout cas, j’en suis tombé amoureux depuis plusieurs années déjà, et c’est pourquoi je tenais à partager avec vous ce coup de coeur, car je sais que beaucoup de personnes aimeraient faire l’expérience de ces sagas formidables, mais hésitent encore à franchir le pas.

Certes, tous ces jeux ne sont pas parfaits — on citera par exemple Dragon Age II, à la réalisation technique imparfaite, ou Mass Effect 1, qui commence un peu à vieillir graphiquement. Mais Mass Effect et Dragon Age sont des exemples de ce que peuvent devenir les jeux vidéo lorsqu’on permet à des développeurs de travailler un minimum de façon indépendante : des oeuvres inoubliables, accessibles à tous, et qui savent vous transporter dans des univers aussi efficacement que les meilleurs livres ou les plus grands films !

Allez-vous vous laisser tenter par l’aventure ?

Pour plus d’informations, je vous conseille deux fanpages françaises dédiées à ces jeux : Dragon Age France et Mass Effect France ! Ces communautés sont très sympathiques et répondront volontiers à vos questions.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • MsOriginalDoll
    MsOriginalDoll, Le 18 juillet 2014 à 15h50

    Je dois bien avouer qu'au vu de la description que tu en as faites, le jeu Mass Effect me tente beaucoup et vu que je suis en vacances, je vais pouvoir en profiter pour essayer cette merveille *v*

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