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Batman The Dark Knight

Il est rare qu’un film fasse autant de battage avant même d’être arrivé sur les écrans : d’abord la découverte de ce Joker à l’allure morbide, incarné par un Heath Ledger dont on murmure déjà qu’il sera au sommet de son art, puis le tragique décès de l’acteur et enfin les premières reviews aux US, toutes plus unanimes les unes que les autres.

Batman, un gars comme toi et moi

Batman fait partie de ces quelques super-héros à ne pas être doté de super-pouvoirs : il a juste la bat-gnac, un bat-costume et une bat-capacité accrue à enfiler les bat-bourre-pifs. Dans les comics US, quelques auteurs ont joué sur cette veine ultra-réaliste, faisant souffrir l’homme chauve-souris de mille blessures et le réduisant à l’état de « simple » être humain.

C’est la voie qu’a choisie Christopher Nolan pour adapter Batman au cinéma. Son premier, Batman Begins, traçait déjà les grandes lignes de ce que serait le suivant : sombre, dur, violent, ambigu. Pas blanc, ni noir, mais gris.

2008 08 26 batman3 Batman The Dark Knight
« Oh oui, vazy, fesse-moi, grand fou ! »

« Vous allez m’arrêter pour quel motif ? »

Le scénario donne de suite le ton : Batman (Christian Bale) a donné l’exemple et a incité tout Gotham à se rebiffer contre la pègre. En tête de cette rébellion citoyenne, le Procureur Harvey Dent (Aaron Eckhart), qui prend un malin plaisir à coffrer le malfrat pour mangeage de choucroute interdit.

C’est dans ce contexte un peu tendu du slip pour les méchants que se pointe le Joker, bien décidé à ré-inculquer la trouille aux habitants de Gotham…

Quatre choses, juste quatre

S’il ne fallait retenir que quatre choses de ce Batman, ce serait celles-ci :

- L’ambiguité des personnages, Harvey « Double Face » Dent en tête. Plus que dans n’importe quel autre film de super-héros – ou plus globalement dans un blockbuster estival – les lignes tracées sont floues, les caractères des personnages n’obéissent pas au traditionnel distingo bien/mal, gentil/méchant.
Batman n’est pas un super-héros invicible, il se recoud tout seul salement blessé par un molosse. Le Joker n’est pas un méchant assoiffé de pouvoir et d’argent, il est bien plus complexe que ça… et le Procureur Harvey Dent finit par adopter le « on n’est jamais si bien servi que par soi-même » quand il s’agit de se venger.

- La performance d’Heath Ledger est… inracontable. Vraiment, il faut le voir. En VO de préférence. Ce mec a absorbé, digéré tout ce qui fait le Joker. Il a dû s’avaler des centaines de comics, tellement il l’incarne à merveille. Le Joker est le vrai héros de ce film, ce qui en dit long sur sa teneur en darkness. Dans un tout autre style que celui de Jack Nicholson dans le Batman original.
La scène – sans le moindre son – où il s’enfuit à bord d’une voiture de police, cheveux au vent, au petit matin est sublime. Elle mérite à elle seule de retourner voir le film.

2008 08 26 batman1 Batman The Dark Knight
Avec une image qui bouge, c’est encore mieux.

- On tient là le meilleur Batman de la série et sans doute le meilleur film de super-héros, tous confondus. En tout cas, y’a match avec le Spiderman 1, qui valait — à l’époque — à lui seul le déplacement pour la claque visuelle qu’il envoyait.
Ce Batman-là n’est pas un modèle de film d’action, les scènes de bagaaaarre ne sont pas trancendantes – il en manque certainement une d’anthologie pour boucler le film.

– Et bon sang, le film donne à réfléchir sur la nature humaine, sur le rapport entre le Bien et le Mal sans jamais tomber dans le larmoyant, dans le sortage de trompettes et drapeaux étoilés (la scène des ferrys bombes à retardement s’arrête juste là où il faut, ni pas assez, ni trop). Sans oublier le dernier monologue, qui illumine le spectateur sur la signification de ce titre abscons. C’est trop rare, les films où tu comprends toute la finesse du titre dans les cinq dernières secondes.

En tout cas, on espère que le prochain sera de la même trempe, avec ou sans Joker… espérons sans, tellement le potentiel successeur d’Heath Ledger aura fort à faire.

2008 08 26 batman2 Batman The Dark Knight
Salut, l’artiste.

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Les 5 derniers commentaires dans le forum :

  • Lilie-Rose Lilie-Rose a dit :

    Je trouve que le début a du mal à se mettre en place, mais la psychologie des personnages est touchante et la fin très belle.

  • Missoula Missoula a dit :

    Vu cette après-midi, et j'ai été soufflée : Heath Ledger est géant, bien entendu, il arrive à transmettre toute la folie du Joker sans cabotiner, en le rendant plus humain là où Nicholson rendait un personnage bien plus caricatural, plus dans l'esprit comics, peut-être. Quand on le voit jouer, on ne pense pas à l'acteur, on oublie tout ses rôles précédents tellement c'est le Joker qui prend toute la place. D'ailleurs, contrairement à toi, je n'ai pas trouvé que c'était un personnage ambigu : OK, il ne fait pas le mal par intérêt, mais justement, il le fait par plaisir de faire le mal, il est le Mal - c'est un personnage fou, extrémiste, il n'y a pas de demi-mesure chez lui.
    Par contre, Christian Bale m'a paru un peu fade en Bruce Wayne (en plus je pouvais pas m'empécher de penser à American Psycho, en particulier quand il arrive à la fête de milliardaires avec ses poules de luxe). En fait, le coté Batman est réussi, mais on dirait que le coté Bruce Wayne a été moins travaillé : là où Batman est ambigu, Bruce est juste pas très déterminé. Et puis, on a des fois l'impression que Nolan ne maitrise pas tout. J'ai pas vu Batman Begins, je ne peux pas voir comment il a évolué, mais la partie en Asie m'a semble d'un nawak total et pas vraiment dans le style du reste du film - un peu comme s'il avait fait le film, créé ses pesonnages, par parties, réussies séparément, mais qu'il avait du mal à les assembler entre elles. Ca reste quand même un bon film classique, et ça augure bien du futur du réalisateur (je précise, parce que sinon on va croire que mon seul but c'est de détruire le film, alors que je l'ai vraiment bien aimé ).

    Ce qui est drôle, c'est que Burton et Nolan ont tous les deux révolutionné le cinéma de super-héros, non en le "prenant à l'envers" (raah, je trouve pas le mot, je veux dire pas en cassant le mythe en utilisant des anti-héros, par exemple) mais au contraire en revenant à ses sources, les comics : Burton dans la forme (l'univers, la photographie, l'ambiguité des personnages), Nolan dans la mythologie (les deux chevaliers que sont Dent et Batman), alors que les autres films du genre, pour la plupart, se contentent de resservir la surface, l'histoire. C'est pour ça que je ne vois pas trop pourquoi tu fais la comparaison entre Superman et The Dark Knight : Superman est certes un bon film d'action sympathique, qui a été une première au niveau des effets spéciaux, mais son but c'est de faire passer un bon moment et basta, pas de faire réflechir le spectateur. Ce sont deux styles de film différents, je trouve.

    Rooh la la, j'ai encore écrit tout un pavé de mon avis qui intéresse personne, va falloir que j'apprenne à me maitriser sur mon clavier. Soit dit en passant, j'ai bien aimé ta chronique (je précise aussi, parce que sinon on va croire que mon autre but, c'était de la détruire elle aussi).

  • Patti Patti a dit :

    "Wahou" je sors du ciné, et ce film est vraiment génial, je m'attendais à un gros bon film bien américain, avec des tonnes d'images de bagarres impressionnantes et tout... (je n'y allais pas de mon plein gré) Mais que nenni!! Il y a une histoire, des personnages creusés, travaillés particulièrement le joker, incarner avec un tel talent un personnage aussi complexe relève de la performance! Bref, allez-y!

  • Adawen Adawen a dit :

    Jcrois qu'il y a un couac, au moment où Bruce est au resto et demande au serveur de lui apporter une autre table pour se joindre à Rachel et Harvey. Le plan suivant, on les voit tous les 4 sur une seule table.

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