Agresseur sexuel filmé dans le métro : un suspect interpellé

Une jeune femme a filmé celui qui l'a agressée sexuellement dans les couloirs du métro. Sur le visage de l'homme, aucun repentir.

Agresseur sexuel filmé dans le métro : un suspect interpellé
Une interpellation après l'agresseur sexuel filmé dans le métro

Mise à jour du 6 novembre

Adélaïde, 35 ans, a filmé ce 29 octobre un homme qui l’a touchée sur les quais du métro. Sa vidéo, postée sur Twitter, a beaucoup circulé (lire ci-dessous).

C News indique qu’un homme a été interpellé. La femme doit à présent aller l’identifier et porter plainte.

Une agression sexuelle dans le métro

Le 31 octobre 2018

Avez-vous déjà plongé vos yeux dans ceux d’un agresseur sexuel ?

Si vous êtes une victime d’agression sexuelle, c’est probable. Sinon, vous vous apprêtez à le faire.

Arièle Bonte raconte sur RTL ce qui est arrivé à Adélaïde, 35 ans, ce 29 octobre.

Elle marchait dans les couloirs du métro parisien à la station Gare de Lyon lorsqu’elle a senti un homme lui frôler les fesses. Pas tout à fait sûre de ce qu’elle venait de vivre, elle a d’abord douté…

« Mais il s’est retourné et m’a fait un clin d’œil, le regard glaçant. »

Adélaïde décide alors de filmer l’homme avec son smartphone, pour avoir une preuve vidéo s’il récidive. L’inconnu remarque rapidement qu’elle enregistre.

Il reste planté là. La regarde longuement. L’air goguenard, souriant. Puis s’éloigne d’un pas énergique.

Adélaïde, choquée par cet attouchement, a attendu d’être en sécurité dans une autre station pour prévenir les contrôleurs… qui lui ont dit ne rien pouvoir faire si le signalement n’est pas effectué là où l’agression a eu lieu.

À lire aussi : Que faire si vous êtes victime d’une agression dans les transports ?

Le visage d’un agresseur sexuel

Ce que vit Adélaïde, je le connais, je l’ai connu, comme des milliers de femmes dans l’espace public. Le geste entre deux eaux qui fait douter, l’air innocent, mutin de l’agresseur, les genoux qui tremblent au moment de lui échapper.

Et le visage de son agresseur, je le connais aussi. Le voici, en vidéo :

Non, je ne connais pas spécifiquement cet homme, je n’ai pas été agressée par cet homme, mais oui, je connais cet homme, et probablement que je ne suis pas la seule.

Je connais cet homme les mains dans les poches, absolument pas perturbé par le fait d’être filmé par celle qu’il a agressée — si peu perturbé qu’il tente, comme l’article de RTL l’explique, d’interpeller une autre inconnue en s’éloignant.

C’est bien que cette vidéo existe, qu’Adélaïde ait eu le courage de la tourner, car elle montre ce qu’il est parfois si dur de faire comprendre aux personnes épargnées par les violences sexuelles : les hommes qui agressent des femmes sont normaux.

Ils sont Monsieur Tout-le-Monde. Ils sont ce mec en jean-baskets dans le métro, dont je n’ai a priori aucune raison de me méfier. Ils sont ces passants, ces collègues, ces amis, ces compagnons, ces frères, ces pères.

Regardez ce mec. Est-ce que vous l’auriez identifié comme agresseur ? Probablement pas. Moi non plus. Et j’ai décidé de ne pas me méfier de tout le monde, de ne pas vivre dans la peur…

Mais si un jour quelqu’un vous confie avoir été victime d’une personne que vous connaissez, tournez bien votre langue dans la bouche si votre réflexe est de dire « Oh, ça n’a pas l’air d’être son genre ».

Parce que les actes des agresseurs ne sont pas gravés sur leur front.

À lire aussi : Comment réagir face à quelqu’un vous confiant avoir été victime d’un viol ?

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
  • Sophie L
    Sophie L, Le 6 novembre 2018 à 15h24

    Si elle ne l'avait pas filmé, il n'aurait pas été interpellé. Si elle n'avait pas diffusé son image, nous ne serions pas nombreu.x.ses à être soulagé.e.s qu'un agresseur sexuel de plus se fasse épingler.
    Oui, la question des droits d'image se pose. Mais ne s'agit-il pas d'un cas de force majeure ici ? C'est pour dénoncer une agression. Pour dénoncer un phénomène de masse qui maintient les femmes dans la peur. Alors, quel droit est le plus fort ? Celui du droit au respect de la vie privée ou celui du droit de circuler librement ?

    Team liberté de circuler dans ce cas précis.

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