5 raisons de se (re)mettre à l’écriture

Écrire, Sophie-Pierre Pernaut aime bien ça. Elle le fait même un peu tout le temps, et ça lui fait vachement de bien. Voici ses 5 raisons de se (re)mettre à l'écriture.

5 raisons de se (re)mettre à l’écriture

Publié initialement le 15 juillet 2014

Le 1er novembre 2016 — C’est le 1er novembre, début du NaNoWriMo 2016 ! L’occasion de vous re-proposer cet article.

Le 15 juillet 2014 — L’écriture, c’est probablement le truc qui m’a rapportée le plus de choses positives dans ma vie. Je parle même pas de l’écriture fictive, d’un roman ou de nouvelles, avec l’espoir fou que le résultat soit un jour publié. Je parle de l’écriture pour soi, dans un journal intime par exemple, ou sur un blog avec un public plus ou moins large.

De l’écriture à la portée de tous, celle sans ambition (du moins pas au début). Celle qu’on n’a pas forcément envie de faire lire à autrui parce qu’elle relève plus de la réflexion sur soi-même. À l’image de quelqu’un qui essaierait de te convaincre des bienfaits du yoga, laisse-moi te vanter les mérites de l’écriture : voici cinq raisons de se mettre ou se remettre à écrire.

Quand je me touche la nouille après avoir écrit une phrase que j’aime bien.

La prise de recul pour mieux sauter

J’ai eu l’idée de cet article il y a quelques temps : depuis des années, dès qu’un truc me chiffonne, j’écris dessus. Soit pour en tirer une petite histoire qui m’amuse à écrire, soit pour faire le point sur moi-même, creuser un peu mes émotions pour trouver la source de la gangrène temporaire de ma mauvaise humeur.

Poser à plat la chose qui me dérange, sur le papier ou mon écran, me permet, à la relecture, de trouver quelques solutions.

Ça peut être sous forme de listes, ça peut être sous forme de phrases, ça peut être en schéma, en texte long ou concis… C’est comme tu le sens. Mais je suis intimement convaincue que plus tu t’habitues à l’exercice et plus tu t’améliores. Je parle pas au niveau du style : je parle au niveau du recul que tu réussis à prendre sur chaque situation.

J’en veux pour preuve un truc récent qui m’est arrivé : il y a quelques temps, j’ai écrit sur un blocage que j’avais par rapport à un truc que j’avais envie de faire depuis des années.

Disons que c’était sur « j’ai envie de manger des épinards, mais je sais pas comment faire ». J’ai donc écrit là-dessus. Des lignes et des lignes sur les raisons pour lesquelles j’avais envie de manger des épinards, d’autres sur pourquoi j’arrivais pas à le faire.

Le lendemain, j’arrivais à manger des épinards. Le lendemain, sans déconner. Au début j’ai commencé à en rigoler à base de « ah bah puisque c’est comme ça je vais écrire sur le fait que j’ai envie de gagner des millions au loto comme ça j’serai blindax vingt-quatre heures plus tard ».

Mais c’est pas ça ! Ça n’a rien à voir avec le hasard : c’est juste que déblatérer sur cette frustration m’a permis d’avoir un déclic. Écrire sur ce qui te pèse te permet d’attraper un peu plus vite que prévu les clés pour résoudre ce problème.

Parce que non seulement, tu fais ton introspection (ce qui demande de prendre beaucoup de recul), mais en plus tu peux la relire (ce qui permet de prendre encore un peu plus de recul et d’ouvrir ton horizon de réflexions).

Garder une trace des bonnes choses

Pendant, par exemple, une amitié ou une relation de couple, on vit plein de vrais bons moments. Malheureusement, il arrive que le lien avec l’autre s’étiole un peu, ou beaucoup, et qu’on coupe les ponts plus ou moins rageusement.

Comme je te le contais il y a deux mois, ma nouvelle technique pour oublier les personnes qui ont décidé de sortir de ma vie, c’est de lister d’un côté les raisons pour lesquelles je suis triste et de l’autre celles pour lesquelles je devrais plutôt être contente. Ça marche bien. En tout cas ça a vraiment, vraiment très bien marché pour moi.

Le but est donc de se focaliser sur les mauvais côtés de l’autre, sur pourquoi votre relation n’avait plus lieu d’être (et si tu brises le lien avec un-e ami-e ou ton/ta partenaire, c’est que cette relation n’a plus lieu d’être).

Mais elle a eu lieu d’être un jour, et c’est pas parce qu’on doit se reconstruire qu’il faut oublier ce point précis. Alors chaque fois que je commence à être très proche de quelqu’un, que ce quelqu’un a une importance toute particulière dans ma vie depuis quelques temps, je prends garde.

Et dès que les choses commencent à partir en vrille, que je sens que la fin de la relation est proche, je note pour me souvenir les vrais beaux moments qu’on a eus. C’est un peu comme un album photo, mais avec des mots.

Sinon ? Sinon j’aurais tendance à oublier qu’il n’y a pas eu que du mauvais dans nos rapports et j’aurais l’impression d’avoir perdu du temps avec cet-te autre dès lors qu’il/elle ne fait plus partie de ma vie. Ce qui serait faux, et agaçant.

Tirer un enseignement des erreurs du passé

Dans la vie, on fait des erreurs. Mais quand on n’est pas trop aveuglées par la honte (tu sais, quand on grimace à chaque fois qu’on repense à un truc qu’on n’est vraiment pas fier d’avoir fait ?), mieux vaut les noter pour toujours s’en souvenir.

Reprenons un exemple à base de nourriture : « j’ai mangé trop de carottes d’un coup tellement j’étais enthousiaste et maintenant je suis constipée ».

Le but n’est pas de s’assurer de ne pas les reproduire, ces erreurs, mais de savoir à quoi s’attendre. Parce que tu auras peut-être envie de remanger beaucoup de carottes un jour, qui sait, et pourquoi s’en empêcher ? Mais tu sauras qu’il vaut mieux les accompagner de pruneaux, par exemple, tu sauras mieux les appréhender.

C’est comme se remettre chaque fois en couple avec un-e de ses ex un peu toxique, quoi : une fois que c’est fini, que tu as à nouveau le coeur brisé, l’impression d’avoir encore fait la même connerie que d’habitude, alors que tu l’as faite différemment, un peu plus mature que la dernière fois, un peu plus en connaissance de cause.

Tirer un enseignement d’une erreur, ce n’est pas s’empêcher de la reproduire un jour (je trouverai ça triste), c’est s’empêcher de la reproduire exactement de la même façon, et se mettre au fait des potentielles conséquences.

Le défouloir le moins cher

  • Prix d’un abonnement à une salle de sport. Du genre, le moins cher possible : environ 15€ par mois (vraiment, VRAIMENT le moins cher quoi).
  • Façon de s’y défouler : suer en bougeant beaucoup.
  • Proportion de la population capable de se défouler de cette façon : j’ai pas les chiffres mais pas tout le monde.
  • Prix de l’activité d’écrire : une feuille et un stylo.
  • Façon de se défouler ce faisant : jeter toutes les insultes qu’on a en tête, tous les trucs qui nous gonflent à l’écrit, en mot-clé, en phrase, comme on préfère.
  • Proportion de la population capable de se défouler de cette façon : infinie.

Perso j’ai choisi mon camp.

Crois-en l’expérience de Jack Torrance :
l’écriture fera de toi quelqu’un de tout à fait équilibré.

On peut se faire plein de surprises

Quand je vais bien, quand je suis heureuse et sereine, j’ai conscience d’un truc : rares sont les êtres humains qui savent le rester la plupart du temps. Rares sont ceux qui savent ne pas se focaliser sur ce qui ne va pas, sur leurs angoisses et leurs blocages. Je connais pas les chiffres exacts, mais en tout cas, quand je dis « rares », j’ai l’impression de voir deux personnes sur le reste de la population mondiale.

Mais en revanche, on est tous capables d’être vraiment plein de bonheur de temps en temps. Ça peut durer une heure ou un mois sans qu’aucun nuage n’obscurcisse notre horizon. Dans ces cas-là, j’ai un rituel depuis quelques temps : je m’écris une sorte de lettre, que je range sous mes t-shirts dans ma commode.

De toute façon, plus personne n’écrit de lettre à personne, alors comme ça j’ai quand même le plaisir d’ouvrir une enveloppe de temps en temps sans que ce soit une facture à l’intérieur. Plutôt cool. Rien que ce geste est réconfortant.

Cette lettre, je la veux pleine d’estime de moi et de joie. Je m’écris finalement une sorte de déclaration d’amour, quoi, comme si j’essayais de toutes mes forces de me choper (et j’en suis capable, puisque je vais bien quand je l’écris et que quand je vais bien je m’aime vachement), tout en foutant des coups de pied au boule de la moi-qui-déprime.

Et je ne vais la chercher pour la relire que quand j’ai le moral dans les cuticules d’orteil. Je sais pas si t’as déjà fait ça, mais ça accélère le processus de jouasserie retrouvée. Vraiment.

L’avantage, c’est qu’a priori, on sait quels sont les mots qui peuvent nous faire le plus plaisir, puisqu’on se connaît souvent bien plus que le reste du monde nous connaît. Parfois, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Et toi, quelles sont les raisons pratiques pour lesquelles tu aimes écrire ?

À lire aussi : Conseils pour écrire — les 7 règles d’écriture de Fab

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Sakura5192
    Sakura5192, Le 1 novembre 2016 à 8h58

    Hey ! que voilà comme sujet qu'il est bon ! (fiou, je déterre un vieux sujet XD)

    ça fait du bien de tomber sur cet article aujourd'hui, parce que ça fait des mois et des mois que je déprime de ouf (siiii, crise de larmes et tout le tralala, et pas un copek à passer chez le psy..)

    Spoiler: racontage :p

    Tout ça pour dire : faut que je m'y remettre, et fissa !
    Merci pour le coup de boost :)

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