Et les 10 livres les plus difficiles à lire sont…

Pondu par Sophie-Pierre Pernaut le 8 août 2012     

Le site The Millions, spécialisé en littérature, a dévoilé son top 10 des grands classiques les plus difficiles à lire.

Depuis 2009, Emily Colette Wilkinson et Garth Risk Hallberg du site The Millions travaillent sur le sujet, enchaînant lecture sur lecture d’oeuvre compliquée à déchiffrer sur oeuvre impossible à comprendre. Cet été, après des mois et des mois de cerveaux qui fument, ces deux grands passionnés de littérature ont enfin atteint leur but : lister les dix livres les plus difficiles à lire de par leur syntaxe, ou leur vocabulaire, ou leur style d’écriture, ou leurs digressions, ou leur longueur. Ces pavés, les voici, avec un petit résumé si jamais vous voulez tenter de les dévorer sur la plage abandonnée, coquillages, crustacés et slips bariolés :

Et les 10 livres les plus difficiles à lire sont... 10 livres plus difficiles1

Les 5 choix d’Emily Colette Wilkinson

Le bois de la nuit, de Djuna Barnes : publié en 1936, Le bois de la nuit raconte l’histoire de Robin Vote, une femme qui épousera un baron qui ne s’intéresse qu’à son argent et vivra une relation amoureuse avec une autre personne du même sexe. Sachant qu’il ne fait que 180 pages, ça vaut peut-être le coup d’essayer de s’y mettre.

Le conte du tonneau, de Jonathan Swift : publié en 1704, Le conte du tonneau est le premier gros travail notable de l’auteur des Voyages de Gulliver et d’Une modeste proposition (un pamphlet ironique où il propose de manger des enfants (c’est très drôle (si))). Wikipedia me dit que c’est un mélange de digressions humoristiques et d’un conte narrant les aventures de trois frères. Boah. Dis comme ça, ça n’a pas l’air bien méchant, mais je vais faire confiance aux pros.

La phénoménologie de l’esprit de Hegel (1807). J’ai chopé un extrait qui va bien :

« Cependant, on ne peut pas dire pour autant que le faux constituerait un moment ou même une composante du vrai. Qu’en tout faux il y ait du vrai, – dans cette expression les deux ont valeur, comme l’huile et l’eau qui, sans pouvoir se mélanger, ne sont reliées que de façon extérieure. Précisément, eu égard à leur signification [qui est] de caractériser le moment de l’être-autre-parfait, il faut que leurs expressions ne se trouvent plus utilisées là où leur être-autre est sursumé. Tout ainsi que l’expression de l’unité du sujet et de [l']objet, du fini et de [l']infini, de l’être et [du] penser, etc., a cet aspect impropre qu’objet et sujet, etc., signifient ce qu’ils sont en dehors de leur unité, [et] donc dans l’unité ne sont pas visés selon ce que dit leur expression, pareillement justement le faux n’est plus, comme faux, un moment dans la vérité. »

Bon, ok. Mais sur 916 pages, faut s’accrocher.

La promenade au phare, de Virginia Woolf (1927) : J’ai beaucoup aimé Mrs Dalloway, que j’ai lu plusieurs fois pour être sûre d’avoir apprécié l’oeuvre à sa juste valeur, mais il est vrai qu’en lisant la première page de La promenade au phare à la bibliothèque universitaire en des temps anciens, j’ai vite eu fait de renoncer à l’emprunter. Virginia Woolf y use de son procédé de stream of consciousness (le courant de conscience) et, à moins d’être un lecteur très, très averti et très, très concentré, il y a des chances pour que le livre vous tombe des mains.

Clarisse Harlowe (1748) : Deuxième roman de Samuel Richardson, il est présenté sous la forme épistolaire. Emily Colette Wilkinson explique son choix par les 1500 pages du roman très fournies en profondeur psychologiques où les actions et les éléments perturbateurs sont, en comparaison, très faibles.

Les 5 choix de Garth Risk Hallberg

La veillée des Finnegan de James Joyce (1939) : Un livre qui mêle plusieurs langues et qui est réputé très, très difficile à lire jusqu’au bout. Philippe Lavergne, qui l’a traduit en français, a passé vingt ans à retranscrire le texte dans notre langue de Molière après avoir eu un coup de foudre pour cette oeuvre à l’âge de 17 ans. Je sais pas vous, mais ça m’aide à visualiser.

L’être et le temps, de Martin Heidegger (1927) : une oeuvre philosophique qui aurait partiellement influencé l’existentialisme et la déconstruction.

La Reine des fées, d’Edmund Spenser (1590) : un poème épique sur 6 livres.

The Making of Americans, de Gertrude Stein (1925) : un petit roman d’un peu plus de 1000 pages écrites par la mécène, féministe, auteure, poétesse et dramaturge (entre autres). Une fiction qui contient bon nombre de passages autobiographiques et de réflexions sur l’écriture de l’oeuvre en elle-même.

Women & Men, de James McElroy (1993) : un roman issu de la période post-moderniste. Garth Risk Hallberg dit de cette oeuvre : « C’est un livre étrange et merveilleux. Je ne peux pas attendre avant de me replonger dedans à nouveau ».

Et qu’en est-il pour toi ? Quels sont les livres que tu as trouvé les plus difficiles à terminer, et surtout, donne-nous ton palmarès : lesquels as-tu lu, lesquels as-tu tenté de lire, lesquels ne connais-tu même pas de nom ?

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Sophie-Pierre Pernaut (dite SPP, dite Sophie) écrit pour madmoiZelle depuis l'an 2011. Elle s'est donnée pour mission de vous informer, de vous divertir et d'éventuellement vous faire rigoler avec son humour somme toute assez crétin. Elle aime la tartiflette et les chèques en blanc.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. AnthraxAnthrax

    Le 15 août 2013 à 23:59

    Presque tous les bouquins que j'ai lu pour les cours de français ont été chiants pour moi :shifty:
    Mais les deux pires ont sans conteste été Au Bonheur des Dames, de Zola et Derborence, de Ramuz.
  2. RomanegainsbourgRomanegainsbourg

    Le 16 août 2013 à 01:53

    Quatre-vingt-treize de Victor Hugo vient de me tomber des mains. Trois chapitres à citer des noms de révolutionnaires, puis des noms de royalistes. Que des noms, rien de plus. Ca se fait pas, Victor, ça se fait pas.
  3. CheakycharlyCheakycharly

    Le 16 août 2013 à 12:18

    Je viens de terminer Belle du Seigneur, d'Albert Cohen, et honnêtement c'est un des livres les plus difficiles à finir que j'ai jamais lu. Et pourtant j'en ai lu des pavés, mais là j'ai dû m'obliger à le finir, ce qui ne m'arrive jamais d'habitude!

    Le truc qui m'en a le plus fait baver, ce sont les chapitres sans ponctuation; je pense qu'ils ont été écrits comme ca pour ressembler à de la transcription littérale de pensée. L'idée est pas mauvaise, mais bon, 10 pages sans ponctuation, c'est pesant :O

    Après la longueur du livre c'était pas trop un obstacle, j'en avais déjà lu des plus longs. Mais après c'est vrai que sur ces 850 pages (environ), il ne se passe pas grand chose…

    Pour tout ce qui est réflexion sur la nature humaine c'est très intéressant, mais sinon j'ai pas du tout accroché… C'est pas faute d'avoir fait preuve de mauvaise volonté pourtant! :/
  4. Neïa.Neïa.

    Le 16 août 2013 à 13:55

    Madame Bovary est difficile au début… Trop de descriptions à mon goût, du coup je les sautais, mais après c'est tellement bien ! :coeur:

    Sinon, dans mes imbuvables :
    - Candide de Voltaire (évidemment je suis tombée dessus à mon oral de Bac, on m'a demandé ce que j'avais pensé du livre… :facepalm:)
    - La Métamorphose de Kafka
    - Le comte de Monte-Cristo de Dumas. Un truc long, long, long… Lecture obligatoire de mon congé de Noël en 4ème. Je me souviens encore du retour en voiture à pleurer sur la page 40 en voyant tout ce qu'il me restait à lire en 2 jours…
  5. MoBelievesMoBelieves

    Le 16 août 2013 à 15:02

    Définitivement, je mettrais Mme Bovary en tête de liste. Je me suis arrêtée a la page 67 tellement j'arrivais pas à lire. rarement un livre m'a autant ennuyée, à tel point que j'étais systématiquement obligée de relire la page d'avant pour me souvenir de quoi ça parlait, ce qui rendait la lecture encore plus affreuse haha. Je devais le lire pour le bac français et bien sûr, c'est dessus que je suis tombée à l'oral, alors que j'avais LU ET AIMÉ quasiment TOUS les livres de la liste sauf celui-là ! Injustice :lol:

    Sinon récemment ma mère m'a conseillé un livre dont le titre m'est déjà sorti de l'esprit (c'est vous dire…) qui était apparemment ab-so-lu-ment génial et que j'ai trouvé illisible. Je crois que j'ai tenu encore moins de pages que Madame Bovary !! Il faut dire que l'auteur (enfin, je ne sais pas si c'est le style de l'auteur ou du traducteur…) était de rédiger toutes ses phrases du genre "il m'est arrivé ci et puis ça et ensuite machin a fait ci et ça et ci et ça et je suis tombé." je ne pouvais m'empêcher de réécrire dans ma tête CHAQUE phrase avec des virgules, parce que sinon j'avais l'impression que j'allais comme mourir asphyxiée ou quelque chose. Du coup, je n'arrivais pas à "rentrer" dans le livre et je pense qu'il m'est tombé des mains au bout d'un chapitre. Je n'aurais jamais cru ça possible :lol:

    Moi j'ai adoré Candide :O
  6. OrénistaleOrénistale

    Le 17 août 2013 à 11:36

    Ulysse de James Joyce est quasiment impossible à comprendre en une seule lecture, il faut relire au moins trois fois chaque phrase pour se représenter la chose!
  7. MetapowaaMetapowaa

    Le 17 août 2013 à 15:31

    J'aime les livres, je pourrais les dévorer. Mais si il y'en a un qui m'ont PARTICULIÈREMENT donné envie de me jeter contre un mur en hurlant, c'est Lorenzaccio de Musset. Ce livre m'a vraiment donner du fil à retordre, pourtant beaucoup de personnes m'ont dit que cette pièce était géniale. Mais je sais pas, j'ai vraiment pas accroché. Peut être à cause des Ha ha ha, je compte pas toutes les fois où j'ai eu envie d'allumer un grand feu avec et de danser autour en sautant de joie où de le jeter à l'eau. Mais juste parce que j'aime les livres, je vais le garder sur mon étagère (en fait j'ai pas tellement le choix non plus). Et puis je le passerais à ma petite sœur plus tard. Non, je suis pas méchante comme ça :innocent: Non mais franchement, il est vraiment pas facile ce livre, il m'a bien marqué comme il fallait, je pense que je vais mettre un peu de temps avant de le relire hein :goth:
  8. MadoneMadone

    Le 26 août 2013 à 19:19

    Y a quand même que des livres anglo-saxons là non? Il y a pour ma part des livres que j'ai adoré, genre Belle du Seigneur, mais je ne sais pas si je serais capable de le lire aujourd'hui, j'ai juste la sensation que je trouverai ça hideusement chiant (comme quoi on change entre 15 et 20 ans ahahahah) :shifty:
    Est ce qu'il y a des Madz qui ont accroché à Anna Karénine? Je viens d'achever (euh non j'ai peine à achever) le premier tome…
  9. MadoneMadone

    Le 26 août 2013 à 19:22

    Posté par neia
    Madame Bovary est difficile au début… Trop de descriptions à mon goût, du coup je les sautais, mais après c'est tellement bien ! :coeur:

    Oui oui oui je plussoie ! :) J'oublie cette citation qui dit "J'avais tant rêvé" à la fin de l'histoire, en tous cas il y a énormément de choses un peu sous-jacentes et tout qui font que c'est un portrait superbe et ironique aussi, bref, essayez quand même !
  10. Kiwi-kiwiKiwi-kiwi

    Le 26 août 2013 à 20:36

    Et les Pensées de Pascal!
    Personne n'y pense hein! :yawn:
    Le lire le plus horrible du monde, c'est celui là!

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