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Féminisme

Victoire ou défaite, les femmes anglaises sont toujours victimes de violences à l’après-match

Les événements sportifs augmentent-ils le danger qui pèse déjà sur les femmes victimes de violences conjugales ? En Angleterre, il existe plusieurs campagnes pour alerter sur ce phénomène.

« Tout le monde n’attend pas avec impatience le match de ce soir… Les cas de violence domestique augmentent de 26% quand l’Angleterre joue et de 38% quand elle perd. »

C’est un rappel glaçant que le National Centre for Domestic Violence a fait ce dimanche, jour de finale de l’Euro 2020 où se sont affrontées les équipes masculines d’Italie et d’Angleterre.

Glaçant, mais nécessaire, car il montre que derrière la liesse, la joie populaire, l’élan collectif pour soutenir son équipe, il peut y avoir des conséquences terribles pour les femmes qui subissent des violences dans leur couple.

Ce n’est pas la première fois que ce type de messages est diffusé. Lors de la Coupe du Monde de 2014, un autre spot avait déjà été très partagé : « Personne ne souhaite plus la victoire de l’Angleterre que les femmes. »

Une étude récente repérée par The Guardian montre aussi que lorsque les événements sportifs démarrent tôt dans la journée, cela engendre une plus grande consommation d’alcool, ce qui a pour conséquences d’augmenter les violences domestiques.

La culture de l’alcool en jeu

Pourtant, il est encore difficile de contrer la culture de la consommation d’alcool lié au sport, comme l’explique la parlementaire belge Latifa Aït-Baala, qui souhaiterait mettre en place des campagnes de sensibilisation sur le sujet, comme elle l’expliquait en juin auprès de la RTBF :

« Il y a eu des spots publicitaires pour avertir sur les dangers de l’alcool au volant, tournés et diffusés pour l’Euro 2020. On sait donc qu’il y a une augmentation de consommation d’alcool et que c’est dangereux pour la santé publique. Il n’y a rien eu, par contre, pour prévenir des violences faites aux femmes et aux enfants, c’est encore un impensé. Si l’on est dangereux au volant, on est aussi potentiellement dangereux dans le cadre familial ou envers d’autres femmes que l’on croise en pleine rue. »

Les violences n’ont en effet pas lieu que dans l’espace privé. Elles se manifestent aussi dans les fan zones. Comment oublier les témoignages de femmes

qui elles aussi voulaient soutenir l’équipe de France masculine lors de la dernière Coupe du Monde, mais qui ont aussi subi attouchements et baisers forcés de la part d’hommes qui, parce que c’était soir de match, croyaient que tout était permis ?

À noter qu’en France, il n’existe pas d’étude sur l’impact des événements sportifs sur les violences conjugales. Selon la Fédération nationale Solidarité Femmes, il n’y aurait pas de « modifications significatives » lors des soirs de match.

La solidarité féministe par un soir de finale

Lors de la finale de ce dimanche 11 juillet qui se tenait au stade londonien de Wembley, un important mouvement de solidarité s’est créé sur Twitter :

« Aux femmes qui sont à East London et qui s’inquiètent des violences domestiques, écrivez-moi en DM, on vous donne un alibi pour rester avec nous et nous rejoindre ensuite (évidemment, on est limité en place, mais toutes celles qui peuvent offrir un espace sûr, s’il vous plait, faites-le) »

Aussitôt l’initiative lancée, elle a été suivie par d’autres femmes prêtes à aider et protéger celles qui en avaient besoin.

Une fin de match aux relents racistes

Et si l’on regarde au-delà des violences conjugales, il y a aussi d’autres types de violences en cas de défaite.

Les trois joueurs anglais ayant manqué leur tir au but à la fin du match de cette finale de l’Euro 2020 sont, depuis hier, la cible d’attaques racistes. Bukayo Saka, Marcus Rashford et Jadon Sancho ont subi un harcèlement en ligne abject après le match.

Difficile de ne pas songer aux propos de Karim Benzema en 2011 ( « Si je marque, je suis français, mais si je ne marque pas, je suis arabe »), qui montrent qu’il suffit d’une défaite pour que les joueurs racisés perdent les faveurs des supporters et que les bas instincts racistes ne sont jamais loin.   

La fédération anglaise de football a aussitôt condamné ces agissements et apporté son soutien aux joueurs.

À lire aussi : J’ai été victime de violences conjugales — Témoignage

Violences conjugales : les ressources

Si vous ou quelqu’un que vous connaissez est victime de violences conjugales, ou si vous voulez tout simplement vous informer davantage sur le sujet :


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Les Commentaires

8
Avatar de Kyuumi
13 juillet 2021 à 03h07
Kyuumi
Quand j'habitais en Angleterre, le voisin du dessous était un mec atroce, qui hurlait à tout va, bref, le gros connard violent. Une fois on l'a même entendu insulter son gamin de 4 ans à travers la porte.....

Un jour, un soir de match justement, on a entendu des cris, des gros bruits et puis plus rien. On a appelé la police, qui sont venus et nous ont contacté une vingtaine de minutes plus tard en nous disant qu'il n'y avait pas a s'inquiéter, c'était juste à cause du foot..

Je ne sais pas s'ils nous ont dit ça juste pour nous rassurer en prenant tout de même des précautions et en faisant un rapport derrière où si ils sont juste partis comme ils étaient venus en ne faisant rien. Nous avons déménagé peut après, j'espère qu'elle et son fils vont bien aujourd'hui
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