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Société

Un an sous la présidence de Nicolas Sarkozy

Souviens-toi, il y a un an… Tu étais devant ton poste de télévision, nerveuse, dans l’attente du résultat de l’élection présidentielle qui t’avait tenue en émoi tout le printemps… Et sa tête est apparue : ça y était, c’était parti pour cinq ans de… Nicolas Sarkozy. Un an jour pour jour après l’élection, je te propose de faire le bilan de celui qui se voulait le champion de la réforme.

Celui qui le 6 mai 2007 avait été élu avec plus de 53% des suffrages, se retrouve aujourd’hui avec seulement 38% de la population qui lui fait confiance, et plus de 70% de français mécontents de son bilan. Que s’est-il passé durant cette année pour que le Président arrive à une cote d’impopularité pareille ?

Une réforme certaine de la forme

Incontestablement, la première année de présidence Sarkoziste a été associée à la rénovation de l’image du Président de la République. Que l’on parle de présidence bling-bling ou juste de surmédiatisation, on ne peut pas nier que Nicolas Sarkozy a incarné une véritable rupture par rapport à ses prédécesseurs dans ce domaine. La mise en place d’un style désinvolte voire arrogant, comme le décrit quasi unanimement la presse étrangère, avait commencé lors de la campagne électorale.
Depuis, nous avons eu le droit à « Nicolas part en vacances aux Etats-Unis », puis « Nicolas divorce de Cécilia », « Nicolas se marie avec Carla », mais « Nicolas n’arrive pas à oublier Cécilia donc il lui envoie un texto, », ou encore « Nicolas a des amis super classes (Jean-Marie Bigard, Didier Barbelivien ou Christian Clavier) »… Bref, contrairement à ses prédécesseurs, Sarkozy a une vie privée et il le fait savoir.

Au delà de la source intarissable de plaisanteries que représentent ses frasques, les évolutions sur le style du Président pourraient avoir des conséquences institutionnelles plus importantes. En effet, comme le soulignait alors l’ancien ministre socialiste Pierre Moscovici : « Nicolas Sarkozy poursuit l’abaissement de l’image de la fonction présidentielle. L’épisode du salon de l’agriculture est superficiel. Il n’en est pas moins révélateur de cette dégradation présidentielle. Son insulte n’est pas anecdotique, elle est inquiétante ».

Toujours est-il que sur la forme la rupture a eu lieu. Mais n’aurait-on pas pu s’en passer ?

Sur le fond, un an de réformes… manquées

Sur le fond, le bilan semble encore plus mitigé. Si on doit lui reconnaître quelques succès comme la libération des infirmières bulgares en juillet dernier, la relance du processus européen avec l’adoption du traité simplifié de Lisbonne, ou une réelle prise en considération des enjeux climatiques grâce au Grenelle de l’environnement, ces réussites ont souvent fait l’effet d’être les arbres cachant une forêt bien touffue…

En politique intérieure…

  • Le pouvoir d’achat et la chasse aux coûts dans le service public

Lors des débats de campagne, il affirmait qu’il serait le « Président du pouvoir d’achat ». Un an après, la France connaît un niveau d’inflation historique et une population plus qu’inquiète sur le sujet… Si la conjoncture internationale est en partie responsable du phénomène, en instaurant des franchises médicales, en choisissant de réduire les impôts des plus riches, en montrant sa volonté de modifier le système des allocations familiales, le Président n’a fait qu’entériner le mouvement.

A cela s’ajoute une apparente volonté de démantèlement du service public : réforme de la carte scolaire, de la carte judiciaire et de l’hôpital public, tentative de démantèlement des régimes spéciaux des fonctionnaires, réduction du nombre de professeurs annoncé pour la rentrée prochaine, tentative d’instaurer un service minimum… Autant de mesures qui tendent à prouver que le Président français veut changer la tradition française dans le domaine. Autant de mesures qui ont renforcé son impopularité et creusé le fossé entre le Président et la population.

  • La remise en cause des valeurs fondamentales de la République Française

Dois-je aussi ajouter qu’en un an de Présidence, Nicolas Sarkozy a aussi réussi à remettre en cause certaines des valeurs fondamentales du pays ? En affirmant que c’est « par le baptême de Clovis que la France est devenue fille aînée de l’Eglise », ou encore que « les racines de la France sont essentiellement chrétiennes » ajoutant que « la laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû.», la laïcité est apparue comme la cible préférée du Président.

  • Les couacs de l’équipe gouvernementale

Pour finir, les nombreux couacs au sein du gouvernement et les désaveux entre les ministres n’ont fait que confirmer cette impression de grand n’importe qui ne participera pas à regagner la confiance des Français !

… et en politique extérieure

Sur le plan de la politique internationale, ce n’est pas beaucoup plus clair…

  • Les relations franco-américaines

Après la crise de la guerre en Irak sous la présidence de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy avait pour objectif de resserrer les liens avec les Etats-Unis… et pas seulement en décidant de passer ses vacances chez l’Oncle Sam ! Augmentation du contingent de soldats présents en Afghanistan et annonce de la réintégration de la France au commandement intégré (c’est-à-dire le cadre organisationnel) de l’OTAN en 2009 : Nicolas Sarkozy a bien montré à Georges Bush que l’anti-américanisme français touchait à sa fin.

  • Une politique des Droits de l’Homme incohérente

Rama Yade a beau être de loin la plus glamour des membres du gouvernement, au vu de l’année écoulée, la défense des Droits de l’Homme n’a pas été la priorité du gouvernement (surtout quand il fut question de signer des contrats commerciaux).
Avant de se poser en défenseur du peuple tibétain, Nicolas Sarkozy avait tout de même accepté de négocier avec quelques dictateurs. On se souvient de Kadhafi et de ses tentes dans les rues de Paris, et en novembre dernier le non-respect des Droits de l’Homme par Pékin semblait peu importer au chef de l’Etat devant 20 milliards d’euros de contrats commerciaux. Le coup de téléphone à Vladimir Poutine après la victoire de son parti lors d’élections plus que douteuses en décembre dernier n’est qu’une autre illustration de l’ambiguïté de la politique étrangère du Président français.

Au final, après un an de présidence, sur les 101 promesses du candidat Sarkozy, seules une vingtaine ont été tenues. Mais il lui reste quatre ans pour en venir à bout… C’est surtout l’incohérence de la politique du Président qui pose question. Si sur la forme les couacs ont été nombreux, sur le fond il ne semble pas non plus que la politique soit encore tenue par une quelconque ligne directrice.

Et toi, dis-moi, quel bilan tires-tu de cette année sous la présidence de Nicolas Sarkozy ?


Écoutez Laisse-moi kiffer, le podcast de recommandations culturelles de Madmoizelle.

Les Commentaires

61
Avatar de AnonymousUser
31 juillet 2008 à 02h07
AnonymousUser
y a mieux que lui , c'est vrai ... mais franchement , y a pire !!! bieeeen pire !!!! attention , j'ai pas dit que j'aimais Sarko , mais regardez un peu ce qui se présente , c'est pathétique !!!
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