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Tranquille, Macron soutient la culture du viol en associant le crop top à « une volonté de choquer ou d’exister »

Le président de la République française s’exprime contre le port du crop top à l’école, qui renvoie selon lui à « une identité, une volonté de choquer ou d’exister ». Et ça sonne beaucoup trop comme un argument digne de la culture du viol…

Après l’échec cuisant de La République en Marche aux régionales et départementales, Macron ne trouve rien de mieux que de déclarer la guerre au crop top. OK, peut-être que ce raccourci s’avère un brin démago, mais le timing prête au sourire… amer.

« Je ne suis pas un défenseur de l’uniforme, mais… »

Dans une interview exclusive accordée au magazine ELLE et publiée le 1er juillet 2021, le président de la République française répond à différentes questions autour du féminisme, des violences conjugales, de Gérald Darmanin, et conclut ainsi quand on lui demande son avis sur le crop top :

« Je suis pour la liberté. J’ai été élevé de cette manière, et nos petits-enfants le sont aussi. Mais la liberté ne vaut que lorsqu’il y a des règles de vie commune. À la maison ou chez des amis, c’est une chose. À l’école, je suis plutôt “tenue décente exigée”, aussi bien pour les filles que pour les garçons.

Je ne suis pas un défenseur de l’uniforme, mais tout ce qui vous renvoie à une identité, une volonté de choquer ou d’exister n’a pas sa place à l’école. On peut tenir compte de la part de fantaisie d’un ado et tenir bon sur certains principes ! »

Sa réponse induit qu’il s’agit d’un vêtement contraire à la décence, d’une part, et qu’il pourrait avoir pour but d’affirmer « une identité, une volonté de choquer ou d’exister », d’autre part. Peut-être tentait-il de partir du cas particulier des hauts raccourcis pour renvoyer plus largement à d’autres tenues, mais la question portait spécifiquement sur le crop top qui a déjà fait couler tant d’encre et vibrer beaucoup trop de micros…

En 2020, des lycéennes et collégiennes avaient justement lancé le mouvement #Lundi14Septembre pour témoigner en même temps des réflexions reçues dans leurs établissements sur l’indécence supposée de leurs tenues. Dans la foulée, le ministre de l’Éducation nationale a dit le 21 septembre 2020 au micro de la radio RTL :

« Chacun peut comprendre que l’on vient à l’école habillé d’une façon, disons… je dirais républicaine. »

On baigne tellement dans la culture du viol qu’on voudrait que les femmes existent moins fort

Une étude de l’Institut français d’opinion publique interrogeait ensuite les Français sur ce que devrait être une « tenue correcte » pour une fille au lycée. Il en ressortait notamment que 55% des Français souhaitent une interdiction des tee-shirts laissant apparaître le nombril dans les lycées publics. Deux Français sur trois (66%) souhaitent une interdiction du port de « haut sans soutien-gorge au travers duquel la pointe des tétons est visible » — les femmes adultes y sont d’ailleurs plus opposées (73%) que les hommes (58%). Pour les décolletés, 62% des Français souhaitent également leur interdiction dans les lycées publics.

En attendant, le Code de l’éducation ne donne aucune précision sur les vêtements que les élèves n’ont pas le droit de porter (en dehors de ceux manifestant ostensiblement une appartenance religieuse). Cela dépend donc des règlements intérieurs de chaque établissement.

Bizarrement (non), toutes ces prises de paroles médiatiques de personnalités politiques concernent essentiellement la décence des femmes, tenues comme responsables du regard masculin. À aucun moment, ces politiques ne se demandent si ce ne serait pas plutôt aux hommes d’arrêter de sexualiser le corps des femmes à tout va.

Rejeter la faute sur le corps des femmes et faire de cet enjeu vestimentaire une question de décence, c’est baigner dans la culture du viol. Cette dernière implique notamment qu’une bien trop grande partie de l’imaginaire collectif croit qu’une victime de violences sexuelles l’ait bien mérité à cause de la façon dont elle était habillée. Une croyance populaire qui s’appuie sur les productions culturelles, mais aussi des prises de parole telles que celle que vient d’avoir Macron dans ELLE.

Réguler autant ce que les femmes ont le droit de porter ou non, c’est une façon de les contrôler elles tout en laissant les hommes beaucoup plus libres. C’est renforcer des stéréotypes sexistes et entériner la culture du viol. Bien ouej pour le président qui affirme faire de l’égalité entre les femmes et les hommes, la « grande cause du quinquennat »…

Soyons la #GénérationÉgalité !

Et quand bien même les filles porteraient éventuellement des crop tops à l’école dans un désir d’affirmer « une identité, une volonté de choquer ou d’exister », comme le dit Macron, les garçons, et surtout les adultes qui encadrent tout ce beau monde peuvent bien se contrôler, non ? Le collège et le lycée correspondent à des périodes de questionnement identitaire, d’expression et d’affirmation de soi, dont les errances stylistiques peuvent faire partie.

Pourquoi les garçons auraient-ils le droit de se chercher, de porter ce qu’ils veulent, et non les filles, si ce n’est pour des raisons purement sexistes ?

Erratum : le titre originel comportait une légère erreur factuelle et a été modifié.

À lire aussi : Madmoizelle fait sa rentrée 2020 en tenues non-républicaines

Les Commentaires
44

Avatar de Marre des
3 juillet 2021 à 15h05
Marre des
Le truc dérengeant c'est que macron n'a jamais dit tout cela pour interdire le croc top... Les propos ont été détourné par des journalistes de slate (au départ)...
Macron, c'est également avec les équipes de madz qu'il a paru "sympathique" lors de sa campagne... Et il fait des trucs bien degueu pour notre avenir, qu'il met déjà en place et son parti n'est absolument pour la démocratie...
Et le plus triste on risque de l'avoir 5 ans de plus...
2
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