Quand les adolescentes retouchent leurs selfies…

Un photographe a demandé à des ados de retoucher leur portrait jusqu'à ce que l'image soit « prête pour les réseaux sociaux ».

Quand les adolescentes retouchent leurs selfies…

Pourquoi postons-nous des selfies ? Pour recevoir des likes ? Des compliments ?

Le photographe John Rankin Waddell a demandé à des ados de retoucher leur portrait jusqu’à ce qu’elles l’estiment « prêt à être posté sur les réseaux ».

Selfie Harm : elles retouchent leur selfie pour les réseaux

Ce projet s’intitule Selfie Harm (un jeu de mot avec « self-harm » qui signifie « se faire du mal à soi-même ») (toujours aussi concise cette langue française).

John Rankin Waddell veut mettre en avant la pression sur l’apparence que les réseaux sociaux font peser en particulier sur les jeunes femmes.

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For my latest series, Selfie Harm 🤳 I photographed teenagers & handed them the image to then edit & filter until they felt the image was ‘social media ready’. People are mimicking their idols, making their eyes bigger, their nose smaller and their skin brighter, and all for social media likes. It’s just another reason why we are living in a world of FOMO, sadness, increased anxiety, and Snapchat dysmorphia. It’s time to acknowledge the damaging effects that social media has on people’s self-image. Thanks to: the incredible individuals that took part in the @Visual.Diet project; Jennifer, Felix, Alessandra, Maisie, Isaac, Seb, Beneditcte, Shereen, Mahalia, Eve, Siena, Tomas, Emma & Georgia. Also, @mimigray_ at @mcsaatchilondon, @marinetanguyart, @gemfletcher, @technicallyron & @justintindall on making this project come to life 🙌 PLEASE NOTE 📝 The majority of subjects preferred their original image.

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Une petite dizaine d’adolescentes de 14 à 18 ans se sont prêtées au jeu, révélant l’impact des images « sociales » sur l’image qu’elles ont d’elles-mêmes, explique le photographe :

« Elles imitent leurs idoles, grossissent leurs yeux, rapetissent leur nez et éclaircissent leur teint, tout ça pour des likes.

C’est juste une raison de plus pour laquelle nous vivons dans un monde de tristesse, d’anxiété et de dysmorphie. »

La dysmorphie est ce phénomène qui fait qu’on amplifie la perception de ce que l’on pense être un défaut.

Le photographe fait ici directement référence à la « dysmorphie Snapchat », la tendance des patientes en chirurgie esthétique à vouloir ressembler à leurs selfies retouchés.

Les réseaux sociaux, source de complexes ?

Même si l’impact des réseaux sociaux sur l’estime de soi est difficile à mesurer, leur usage peut être corrélé à des symptômes dépressifs chez les jeunes et être à la source de comparaison négative avec des modèles normés.

Difficile aussi de savoir si les retouches effectuées par les adolescentes visent à correspondre aux normes visuelles des images sociales ou à effacer leurs complexes…

Le photographe souligne néanmoins que la plupart des participantes préféraient leur portrait original à l’image retouchée.

Et toi, tu te préfères avec ou sans filtre ? 

À lire aussi : Qu’est-ce qu’on fout encore sur les réseaux sociaux, honnêtement ?

QueenCamille

QueenCamille


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Commentaires

mélishnek

@Enimo Oui, j'admet le côté un peu malsain de la chose.
On peut se demander le pourquoi de tels codes. Pourquoi n'est-il que rarement admis de poster une image de soi réaliste (dans le sens non posée ni retouchée)? Et d'ailleurs pourquoi poster des photos de soi? *
Obtenir l'aprobation des pairs? Renforcer son lien avec une communauté? dans ce cas on comprend que l'adolescent sera enclin a poster une photo de lui très conforme aux normes de beauté (je dirai même des fantasmes de beauté car au final, ils se préfèrent au naturel).
 

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