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Féminisme

Le numéro de téléphone « anti-relous » temporairement désactivé, « victime de son succès »

Le numéro «anti-relous », qui explique à un dragueur lourd que son comportement doit changer avec pédagogie, a dû être temporairement désactivé, victime de son succès.

Mise à jour du 30 octobre 2017 — Clara Gonzales, l’activiste féministe à l’origine de la création d’un numéro « anti-relous » version française, a expliqué ce dimanche que le fameux numéro avait dû être désactivé, « victime de son succès ».

En effet, l’envoi des messages pédagogiques en réponse aux SMS reçus a un coût : 16 centimes pour réceptionner un message et y répondre.

En quelques heures, le service développé par Clara Gonzales et Elliot Lepers a reçu plusieurs milliers de SMS, dépassant ainsi la capacité de financement du projet.

Numéro anti-relous : un appel au financement participatif

Ils ont alors lancé une campagne de financement participatif, dans laquelle ils détaillent le coût de l’opération :

« Chaque message traité avec ce service nous coûte 16 centimes : 0.0075 € pour le recevoir, puis deux fois 0.07627 € pour y répondre (puisque le message envoyé dépasse la limite des 140 caractères).

Vous avez été plus de 3000 à vouloir essayer ce numéro pour voir s’il fonctionne vraiment ?.

C’est normal, et on ne vous en veut pas. Mais on vous assure qu’il fonctionne bien, vous pouvez arrêter de vérifier ! On a même dû mettre en place un filtre sur les messages de test. »

Les 2 activistes précisent qu’ils ne touchent aucun bénéfice sur ce projet, l’intégralité des sommes récoltées servant à financer le service.

Cagnotte Leetchi du numéro anti-relous

Mise à jour du 27 octobre 2017 — Un numéro anti-relou fonctionnant sur le même principe a été lancé en France, par Clara Gonzales (@Claranote sur Twitter). Je l’ai contacté pour en savoir plus !

Ce numéro version française est l’oeuvre de Clara Gonzales et Elliot Lepers, deux militant•es féministes que j’avais déjà eu le plaisir de rencontrer au moment du lancement de Macholand.

Action, réaction : c’est après avoir découvert cette initiative, à travers notre article, que les deux activistes ont décidé de reproduire ce numéro en France.

Au téléphone, Clara Gonzales me précise l’intention derrière cette démarche :

« Ce n’est pas du tout une mesure d’urgence.

Si tu es dans une situation dangereuse, par exemple un harcèlement caractérisé, un comportement menaçant et violent, tu vas chercher à te mettre à l’abri, trouver de l’aide, pas à laisser ton numéro de téléphone pour avoir la paix. »

La vocation de ce numéro, et du message que l’on reçoit par la suite, est avant tout pédagogique. Clara m’explique effectivement que les femmes qui subissent le harcèlement de rue n’ont pas un devoir de pédagogie et d’éducation vis-à-vis des mecs qui présentent des comportements lourds, sans être dangereux.

C’est souvent face à eux que de nombreuses femmes jouent de stratégies d’évitement : sourire, rester polie et courtoise, et c’est là par exemple qu’on peut être tentée de laisser son numéro pour avoir la paix…

« Donner ce numéro, ça peut-être une façon de se réapproprier son consentement : ce n’est rien de moins qu’une solution technique simple et rapide pour effectuer une action militante, sans se mettre en danger. »

« Une forme de pédagogie collective »

Ce qu’espèrent Clara et Elliot, en lançant ce numéro, c’est de provoquer des discussions :

« Je vois bien le jeune mec qui reçoit ce message, le montrer peut-être à des ami•es, surpris peut-être d’avoir reçu ça. Ça peut permettre d’ouvrir une discussion sur le sujet !

De cette façon, ce n’est pas à la nana qui a subi le harcèlement d’expliquer en quoi le comportement du mec était lourd. C’est une forme de pédagogie collective. »

J’ai envoyé un SMS à ce numéro, et effectivement, une heure après, j’ai reçu le fameux message-réponse. Il ne se veut ni moqueur, ni humiliant, mais bien pédagogique. Peut-être que certains seront surpris de le recevoir, et que cette surprise les amènera à réfléchir à la façon dont ils se comportent avec les femmes dans l’espace public ?

Qu’en penses-tu ? Y a-t-il une ou des situations dans lesquelles tu aurais eu recours à ce numéro ?

— Merci à Clara Gonzales d’avoir répondu à mes questions.

Publié le 26 octobre 2017

La situation est souvent la suivante.

Une personne, le plus souvent une meuf, marche dans la rue pépouze. Appelons-la Cindy.

Une personne inconnue, le plus souvent un mec, l’aborde et commence à lui tenir la jambe.

Michel (on va l’appeler comme ça) finit par lui demander de plus en plus lourdement son numéro.

Cindy n’a clairement pas envie de lui laisser un moyen de la contacter.

Viens alors un dilemme : est-ce qu’elle refuse, au risque de mettre l’autre dans une colère noire ? Est-ce qu’elle donne un faux numéro, au risque de se mettre en danger si l’autre s’en rend compte ?

Il existe dorénavant une troisième solution, offerte par le site américain The Mary Suedonner un numéro qui, quand il sera contacté, enverra un message un peu spécial à Michel

Le numéro pour rejeter les dragueurs lourds

Voici donc une capture d’écran de ce que recevra Michel :

« Oh, bonjour ! Si vous lisez ce message, c’est que vous avez mis une femme mal à l’aise. Avec vous, elle ne s’est pas sentie en sécurité, elle ne s’est pas sentie respectée.

Apprenez s’il vous plaît à accepter un non comme réponse. Respectez l’autonomie des femmes dans leurs actes et décisions. Merci. »

Et comme les créateurs et créatrices de cette hotline spéciale personnes relou ont pensé à tout, cette réponse ne sera envoyée qu’une heure après la réception du premier message.

Le temps pour Cindy, moi, et toutes les personnes confrontées à ce genre de situation de prendre la fuite !

Un numéro anti-dragueur lourd pédagogique

Malheureusement, le numéro en question, (646) 926-6614, est américain.

Alors, en attendant qu’un numéro similaire soit ouvert en France, la conclusion de l’article présentant ce projet me semble très parlante :

« Nous adorerions penser qu’il n’y aura pas de nombreux appels ou textos envoyés à ce numéro, mais nous savons qu’il y en aura.

Alors, messieurs, si vous voulez vous éviter cette situation embarrassante, apprenez que si vous demandez un numéro une fois à une femme et qu’elle semble réticente, arrêtez-vous là.

Ça sera meilleur pour toutes et tous sur le long terme. »

S’il n’y avait plus de crainte de subir une agression en cas de refus de donner son numéro, ce genre d’hotline spéciale relou n’aurait plus d’intérêt. Alors vivement qu’elle ferme faute d’utilisateurs !

À lire aussi : « Donne un faux numéro à ce mec qui te drague si tu n’es pas intéressée ! », la fausse bonne idée

Les Commentaires
40

Avatar de Laoragwen
3 novembre 2017 à 11h34
Laoragwen
@nka

je trouve ça quand même assez cher pour 1 sms mais okay merci pour les infos
1
Voir les 40 commentaires

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