Live now
Live now
Masquer
metoo-rap-vins
Musique

Le rap de Vin’s sur #MeToo, sans pincettes et sans patience pour les relou

Le rappeur Vin’s a posé sa voix et sa colère sur #MeToo, pour dénoncer les violences sexistes subies par les femmes, mais aussi la lâcheté des hommes qui minimisent ou ne disent rien.

Je sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais j’aime bien le rap.

Ça veut un peu rien dire, parce qu’il y a un milliard de styles différents dans ce genre musical, mais comme plein de gens s’autorisent à dire « Moi j’aime tout sauf le rap », bah voilà : moi j’aime bien le rap.

Alors quand a débarqué dans mes timelines la dégaine nerveuse de Vin’S, survêt-casquette parmi une bande de mecs, avec son titre #MeToo, j’ai pas hésité à cliquer…

Et j’ai pas DU TOUT regretté.

Le rap #MeToo de Vin’S, sans prendre de pincettes

Comme JE TE VIOLE, la vidéo aux airs de slam énervé de Simon Puech qui ne ménageait pas les mecs face au sexisme, #MeToo de Vin’S ne prend absolument aucune pincette.

Et ça fait du BIEN, putain.

En 4 minutes 30, Vin’S pose sa voix sur #MeToo, sur les normes genrées, sur la masculinité toxique, sur #BalanceTonPorc, sur la justice trop rarement rendue aux victimes de violences sexuelles.

Il évoque le viol conjugal, l’éducation genrée qui crée des petites filles sages et des petits garçons « turbulents », le danger d’avoir le porno comme seule éducation sexuelle.

Vin’S ne ferme pas les yeux sur le harcèlement sexuel au travail, le mépris du succès des femmes qui réussissent, le sexisme en politique et le harcèlement de rue.

En 4 minutes 30. Wow.

Rencontre avec Vin’S, à l’origine du rap percutant #MeToo

J’ai contacté Vin’S, rappeur de 25 ans originaire de Montpellier, pour en savoir plus sur lui, et sur ce morceau qui est devenu viral en quelques jours, cumulant à l’heure où j’écris plus d’un million deux cent mille vues.

Vin’S m’explique que l’affaire Weinstein

, en soi, ne l’a pas choqué. Il n’a pas été surpris d’apprendre qu’un puissant d’Hollywood était un agresseur, car il avait entendu parler d’autres cas, dans d’autres milieux prestigieux.

Comme beaucoup de gens qui s’intéressent aux diverses affaires de sexisme concernant des célébrités, Vin’S était devenu blasé, un peu désensibilisé. Et pour lui comme pour moi, #MeToo a été le vrai raz-de-marée.

« Ce qui m’a donné envie d’écrire, c’était bien sûr la parole des femmes, mais surtout la réaction de ces hommes qui dédramatisaient, qui voulaient les faire taire.

Pour une fois que les langues se délient, qu’on aborde ENFIN ce sujet, les réactions négatives c’est juste pas possible. »

Vin’S a donc pris la plume, et c’est bien aux hommes qu’il s’adresse pendant la majorité de #MeToo, à ces hommes qui font du mal aux femmes — parfois par peur d’assumer leurs propres faiblesses.

À lire aussi : La masculinité ne rend pas les hommes heureux… Et tout le monde s’en fout !

Les réactions à #MeToo, le rap de Vin’S

J’étais curieuse de savoir comment le morceau avait été reçu. Les commentaires Facebook les plus mis en avant sont positifs, mais je me suis dit que Vin’S avait pu recevoir des critiques.

« Je n’ai reçu quasiment que des réactions positives. Principalement de femmes, mais d’hommes aussi.

Je n’ai pas vraiment eu de commentaire négatif, même dans ma vie privée, parmi mes proches… Ah si, sur Internet, des personnes m’ont dit que je devais « laisser la parole aux concernées ».

Je peux comprendre : ça surprend qu’un homme parle de ce sujet. »

À mon sens, Vin’S ne vole la parole de personne. Dans #MeToo, il ne se fait pas passer pour une femme harcelée, ne prétend pas nous sauver, nous les princesses.

Il parle en tant qu’homme, et monte au créneau face aux hommes, à tous ces mecs qui blessent les meufs, encore et encore. Lorsqu’il parle aux femmes, il ne leur donne aucune injonction : il ne fait que tirer un triste portrait de leur condition.

À lire aussi : Messieurs, pour lutter contre le harcèlement des femmes, sortez-vous de l’effet témoin

Vin’S, de FBitch à #MeToo

Vin’S a « fait le buzz » avec le morceau FBitch sorti en 2014, qui clashait les jeunes femmes se dénudant sur les réseaux sociaux.

Certains sont surpris de le voir à présent s’élever contre le sexisme, et l’accusent d’avoir « retourné sa veste », ou de « dire tout et son contraire ».

À lire aussi : « Je me mets nue sur le web », Delilah témoigne sur son rapport à la nudité

Vin’S m’explique :

« Dans FBitch, ce que j’essayais de dire (mais sans être très clair) c’est qu’il est dangereux pour des femmes parfois très jeunes, parfois des filles, de s’exhiber sur Internet.

Parce qu’elles pensent que c’est relativement privé, mais les photos peuvent sortir, circuler, et des personnes mal intentionnées peuvent essayer de les retrouver, de leur faire du mal.

Et je pensais que les femmes qui font ça encouragent les idées reçues des mecs qui estiment qu’une meuf c’est juste sexuel, juste bonne à être mise à poil.

Je crois que c’est le message que j’ai voulu faire passer. Mais honnêtement, c’était en 2014, surtout. C’était il y a longtemps. »

À lire aussi : Je poste des photos de moi nue sur Instagram, et ça me fait beaucoup de bien !

Ce n’est pas forcément être hypocrite que de tenir des propos défendant l’égalité des sexes, trois ans après avoir sorti un morceau clashant certaines femmes.

Ça peut être… évoluer, tout simplement !

Moi-même, je suis passée en quelques années de « fille qui aime pas les filles » (et qui juge les femmes « sexy », oui oui) à fervente défenseuse de la solidarité féminine.

Y a que les cons qui changent pas d’avis, tout ça…

Le rap, incompatible avec l’égalité ?

Beaucoup de gens entretiennent encore cette idée reçue selon laquelle le rap est bourré d’artistes sexistes et de textes prônant la haine des femmes, comme si le genre était de facto incompatible avec le féminisme.

J’ai demandé à Vin’S ce qu’il voudrait dire aux personnes pensant encore que le milieu rap déteste les femmes :

« Il y a plein de raps différents. Il suffit de trouver celui qui vous convient. Plein de rappeurs et rappeuses défendent l’égalité des sexes.

Un exemple qui me vient en tête là c’est par exemple Les poissons morts, un titre de Furax et Scylla. »

« Et même quand tu prends un mec comme Damso, très critiqué pour certaines paroles au sujet des femmes…

À mon sens, Damso il raconte sa vie, et surtout il y a énormément de mal-être qui se dégage de ses morceaux. Ce n’est jamais glorifié.

Pour moi, l’art, ça sert à ça : à raconter un être humain, avec sa part d’ombre. Damso, il parle de lui. Il ne tire pas de fierté des choses qu’il raconte. On sent qu’il est usé, au niveau affectif. »

Et puis si vous voulez une meuf qui en fait, du rap, pourquoi pas Chilla, qu’on avait reçue chez madmoiZelle et qui a sorti un morceau au sujet de #BalanceTonPorc ?

https://www.youtube.com/watch?v=8FXwOIrRUvE

Bravo et merci à Vin’S pour ce salutaire #MeToo. Voir de plus en plus d’hommes se dresser clairement contre le sexisme et se remettre en question par la même occasion, moi je dis : OUI.

À lire aussi : Messieurs, l’égalité hommes-femmes ne se fera pas sans vous


Écoutez l’Apéro des Daronnes, l’émission de Madmoizelle qui veut faire tomber les tabous autour de la parentalité.

Les Commentaires

14
Avatar de Boite de conserve
12 décembre 2017 à 10h12
Boite de conserve
@Kaus Australis ma question est peut être con mais tu veux dire quoi par parler "pour eux". Je suis pas sure de bien comprendre ce que tu veux dire par cette tournure...
Quand est-ce qu'on peut défendre une cause qui ne nous concerne pas directement et quand est-ce que c'est ok ?
Je suis pas sure de bien saisir les limites et le problème...
0
Voir les 14 commentaires

Plus de contenus Musique

DNK, le quatrième album d’Aya Nakamura est sorti le 27 janvier 2023
Musique

Aya Nakamura chantera pour la céréomine d’ouverture des JO 2024, et le mépris contre elle redouble déjà

133
Pour la fashion week, même IKEA s'invite à la fête, avec Annie Leibovitz // Source : Annie Leibovitz pour IKEA+
Actualité mode

Pour la Paris Fashion Week, même IKEA s’invite à la fête, avec Annie Leibovitz

Bilal Hassani pour Zalando // Source : Zalando
Mode

Bilal Hassani : « Le vêtement peut nous rassurer et nous armer de confiance »

The Beatles // Source : tmdb
Culture

Les Beatles auront chacun droit à leur biopic pour raconter leur légende

Charlotte Adigéry et Bolis Pupul // Source : © Camille Vivier
Musique

Charlotte Adigéry et Bolis Pupul, le duo qui adore « danser, faire danser et sensibiliser »

1
Taylor Swift // Source : capture d'écran youtube
Culture

Taylor Swift : on sait (enfin) quand son film The Eras Tour débarque sur Disney+

Beyoncé annonce son nouvel album country, l'acte II de RENAISSANCE, Yee-haw // Source : Capture d'écran Instagram
Musique

Beyoncé annonce son nouvel album country, l’acte II de RENAISSANCE, Yee-haw !

2
Les Vulves Assassines // Source : Selbymay
Musique

3 bonnes raisons de découvrir les Vulves Assassines

Pierre Garnier / Star Academy // Source : capture d'écran youtube
Télé

Star Academy : Pierre remporte la onzième saison du télécrochet culte

Tracy Chapman chante "Fast Car" aux Grammys, faisant pleurer tout le monde (et peut-être vous aussi) // Source : Capture d'écran vidéo Twitter
Musique

Tracy Chapman chante « Fast Car » aux Grammys, faisant pleurer tout le monde (et peut-être vous aussi ?)

La pop culture s'écrit au féminin