Je me branle devant les dessins animés de mon enfance

Cette madmoiZelle préfère le sexe en solitaire plutôt qu'à deux. Dans l'intimité de sa chambre, elle oublie la femme alpha qu'elle essaie d'être chaque jour pour se reconnecter avec sa vulnérabilité...

Je me branle devant les dessins animés de mon enfance

Je n’ai possédé un ordinateur que très tardivement, vers l’âge de 15 ou 16 ans, tandis que mes amies surfaient sur Internet depuis déjà bien des années.

La pornographie comme seul exutoire sexuel

L’une des premières choses que j’ai donc faites en recevant un Mac à la maison a été de combler mon retard en films X, ma seule source d’informations en matière de sexe ayant à l’époque été les DVD porno du beau-père de ma meilleure amie et les films érotiques du dimanche soir sur M6.

J’étais jeune ado, ma libido était à son paroxysme, ma virginité encombrante. 

J’ai donc passé un bon paquet d’heures à ingérer de la pornographie, sans jamais être choquée des pratiques parfois hard-core des acteurs et actrices.

Je me doutais bien que le vrai sexe de la vraie vie ne ressemblait pas à un gang-bang se terminant en bukkake, et qu’il pouvait aussi dans le sexe du quotidien y avoir de la tendresse, de l’affection, et pourquoi pas de l’amour.

J’ai perdu ma virginité peu de temps après avoir eu un ordinateur et donc un accès direct à la pornographie. Je suis restée près de trois ans avec l’homme plus âgé que moi avec qui j’avais fait l’amour pour la première fois.

La masturbation, meilleure que le sexe à deux

Le sexe de la vie de couple m’est alors apparu tel qu’il est vraiment : hasardeux au début, excitant ensuite et chiant à la fin.

Par la suite, le schéma s’est toujours renouvelé. Tâtonnant, surexcitant et bestial, puis chiant à mourir. 

J’ai été rattrapée par les réalités de la vie d’adulte : la passion ça dure quelques temps, ça fane et après on s’emmerde sec, alors on se casse.

Mes relations finissaient toujours pas être décevantes car j’acceptais difficilement le quotidien sans passion. Alors le feu, je l’ai trouvé ailleurs, mais en terrain connu et avec le meilleur partenaire qui soit : mon lit et moi-même. 

La masturbation est finalement mon exutoire préféré. 

Quoi qu’il arrive, je sais comment me faire jouir, que je veuille prendre mon temps ou me faire décoller en 2 minutes avant d’aller faire mes courses chez Carrefour.

J’aime tellement le sexe toute seule qu’il m’arrive de passer des après-midis entières à ne faire que le pratiquer, avec des pauses entre deux branlettes pour manger des croques-monsieur. 

Je sais vivre quand même.

Alors depuis 10 ans que j’ai vraiment découvert ma sexualité, en pluralité ou en solo, j’ai eu le temps d’apprendre ce que j’aime vraiment.

Si tu veux connaître mon petit secret, celui dont seules mes amies les plus proches sont au courant, c’est que je commence toujours par regarder de la pornographie pour jouir une première fois sur des images qui illustrent mes fantasmes, avant de tomber dans une pratique masturbatoire bien plus singulière…

De la pornographie à la masturbation émotionnelle

En effet, je peux passer plusieurs heures à mater du porno, en retenant mon orgasme pour ne pas le gâcher car le premier est pour moi souvent le plus puissant.

J’ai toujours envie de le garder pour la meilleure vidéo et pour le passage de plus excitant de celle-ci.

Mais une fois le premier orgasme survenu, la pornographie me DÉGOUTE au plus haut point. 

Quand mon bas-ventre se calme, je ferme immédiatement ma fenêtre de navigation privée, et j’ouvre YouTube.

Non pas pour me détendre en regardant une vidéo de Squeezie, mais bien pour mettre des bandes-annonces, des passages de mes films préférés, ou encore… des chansons Disney, et me laisser aller à plusieurs orgasmes d’un autre ordre. 

Laisse-moi t’expliquer : si la première phase de mon excitation sexuelle réside dans le sexe hard, le reste de ma sexualité je la vis de manière purement émotionnelle.

C’est à dire que je ne jouis plus par désir purement sexuel mais simplement devant des images que je trouve belles, qui m’émeuvent ou me rappellent un souvenir, comme si je faisais l’amour à une autre partie de mon cerveau : celle des émotions qui comptent.

Tu vois ?

Et ça, c’est la phase qui peut durer des heures.

Se faire jouir devant des bandes-annonces

Souvent, je commence par des bandes-annonces de films que je n’ai d’ailleurs pas forcément aimés, comme Blood Ties de Guillaume Canet. Cette bande-annonce me fait particulièrement kiffer parce que j’adore sa bande-son : Bad Girl de Lee Moses.

La musique monte progressivement, et au moment où elle éclate, les images de la BA se font plus intenses, violentes et explosives.

C’est le moment que je choisis pour jouir, dans ce cas précis, c’est au moment où Matthias Schoenaerts crie : « Who the fuck do you think I am ? ».

J’essaie donc de faire coïncider mon orgasme avec cet instant précis dans la vidéo.

Une fois que j’en ai terminé avec cette BA, j’en change. Souvent, j’opte pour l’un de mes films préférés, signé Jane Campion (mon IDÔLE ATOMIQUE) : Bright Star

L’histoire vraie du poète John Keats (je l’adore) et de sa voisine Fanny Brawne qui vivent une passion secrète et interdite, dans l’Angleterre du XIXème siècle.

La bande-annonce est romantique, parfaite, sa musique est poignante et je conserve donc mon orgasme pour la toute fin, lorsque Ben Whishaw récite un poème de Keats, que je prononce en même temps que lui pendant que je jouis (souvent en pleurant un peu) :

« I almost wish we were butterflies and liv’d but three summer days – three such days with you I could fill with more delight than fifty common years could ever contain. »

C’est la meiiiiiiiiiiilleure chose.

Dans ces moments d’extase absolus, où je suis en harmonie complète avec moi-même et mes émotions, j’ai l’impression de comprendre mieux la vie et ses enjeux à travers l’histoire des personnages à l’écran et à travers ma sexualité.

C’est difficile à expliquer puisque très sensoriel, instinctif et personnel.

La masturbation, le seul moment où je me reconnecte à mes vraies émotions

Mais le sexe devient un moyen d’accéder à une partie de moi que je ne libère jamais d’ordinaire, en tout cas jamais en public.

J’ai tendance à être une femme qui montre ses forces, pas ses faiblesses, et qui ne pleure que quand elle est à bout ou très en colère.

Mes émotions sinon, je les garde pour moi. 

Avec les hommes, j’ai une tendance à la domination émotionnelle. Je m’arrange toujours pour avoir l’ascendant, car le pouvoir sur l’autre, aussi minime soit-il, me permet de garder un contrôle sur mes émotions et me préserve d’une éventuelle souffrance.

Je préfère blesser quelqu’un que d’être blessée.

Mais ce que je fais ne rejoint pas ce que je suis pour de vrai : une meuf hyper fragile émotionnellement, qui prend tout très à cœur, est très exigeante avec elle-même, est prête à tout pour les gens qu’elle aime, et aime justement toujours à la folie.

Ça n’est donc que dans l’intimité de ma chambre, quand personne ne me voit, qu’aucun humain ne peut me juger, par le biais étrange de la sexualité, que je m’autorise à être moi même : romantique, vulnérable, presque enfantine. 

La masturbation devant des dessins animés

D’ailleurs, après les bande-annonces de films, je passe souvent au visionnage de mes moments préférés des dessins animés Disney. Ce sont toujours les mêmes : Pocahontas et Le bossu de notre dame.

Les deux seuls films qui proposent des héroïnes auxquelles je m’identifie. Pour commencer, elles ne sont pas blanches, elles sont fortes devant les autres, plutôt entreprenantes avec les hommes, et surtout ultra fières. 

Je choisis alors, toujours sur YouTube, les passages de ces films que je préfère, qui montrent les forces ou la vulnérabilité de ses héroïnes, et j’essaie de faire coïncider mon orgasme avec mes secondes d’images et de sons favoris.

Par exemple, j’adore la chanson L’air du vent dans Pocahontas.

C’est un moment charnière du film, dans lequel la jeune femme explique à John Smith qu’il doit ouvrir son esprit et essayer de voir plus loin que sa propre culture et plus généralement que le bout de son nez.

Je vis donc une partie de ma sexualité en solo sur cette chanson, aussi bizarre que cela puisse paraitre.

Je pense qu’à travers cette pratique, je parviens à reconnecter avec la moi enfant, qui admirait cette femme pour sa robustesse et sa liberté. 

La masturbation et la jouissance me permettent donc simplement de recoller avec mes essentiels, à être en parfaite symbiose avec mes sentiments enfouis.

VOILÀ.

C’est très bizarre d’avoir couché sur papier mon secret le plus intime, beaucoup plus difficile à avouer qu’un pourtant plus trash gang-bang BDSM sur Xvidéos.

Mais peut-être que toi aussi, qui lis cet article, tu as une approche émotionnelle de ta sexualité, et que cet article peut t’aider à ne pas te sentir seule.

Alors, je ne me serais pas confiée pour rien.

À lire aussi : Comment avoir un orgasme… sans se déshabiller !

Une madmoiZelle

Une madmoiZelle


Tous ses articles

Commentaires

Risaa Litchi

Hyper touchant cet article. Ça me parle beaucoup cette vision du plaisir solo comme quelque chose d'hyper personnel et fondamentalement lié aux émotions les plus intimes, ça rejoint beaucoup mon expérience.
J'aime beaucoup utiliser de la musique comme support aussi. Mon petit favori c'est dans l'OST d'Harry Potter 6, "Journey to the Cave" qui a une montée en intensité dans la musique... juste jouissive ^^
 

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!