Agression d’un couple de femmes à Londres : 5 jeunes interpellés

Un couple de femmes a été agressé dans un bus londonien pour avoir refusé de s'embrasser. 5 personnes ont été interpellées.

Agression d’un couple de femmes à Londres : 5 jeunes interpellés
Les suspects de l'agression lesbophobe de Londres

Mis à jour le 11 juin 2019

Une semaine après l’agression lesbophobe survenue dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 mai à Londres, cinq suspects ont été interpellés.

Cinq jeunes hommes, âgés de 15 à 18 ans, ont été arrêtés puis placés en garde à vue entre vendredi et samedi.

Soupçonnés d’avoir agressé et volé Melania Geymonat et sa petite amie alors qu’elles rentraient en bus de nuit, les cinq adolescents ont depuis été libérés sous caution.

Comme l’a annoncé la police britannique, ils sont convoqués début juillet pour la suite de l’affaire.

Deux lesbiennes agressées par des homophobes

Publié le 7 juin 2019

Une jeune femme et sa petite-amie rentraient via un bus de nuit, quand elles ont été interpellées par un groupe de quatre hommes, insistant pour qu’elles s’embrassent devant eux.

Dans un post Facebook, Melania Geymonat, l’une des deux victimes raconte son agression :

Ils ont commencé à se comporter comme des hooligans, en nous demandant de nous embrasser pour qu’ils puissent regarder, ils ont lancé des insultes lesbophobes et se sont mis à décrire des positions sexuelles.

English & Español, against CHAUVINIST, MISOGYNISTIC AND HOMOPHOBIC VIOLENCE / En contra del MACHISMO, MISOGINIA Y…

Publiée par Melania Ps sur Mercredi 5 juin 2019

L’hôtesse de l’air et sa compagne ont tout d’abord cherché à calmer la situation, pensant que les jeunes hommes les laisseraient tranquilles après quelques blagues.

Chris [la petite-amie de Melania] a même fait semblant d’être malade. Mais ils n’arrêtaient pas de nous harceler. Ils nous lançaient même des pièces de monnaie et ça avait l’air de les amuser de plus en plus.

Une bagarre éclate alors entre entre Chris et les quatre hommes. Melania la rejoint rapidement et la voit en sang, tabassée par trois de ses agresseurs. À son tour, elle est frappée au visage et s’écroule.

La suite se passe à toute vitesse : le bus s’arrête, les hommes s’enfuient et la police arrive.

« Ras-le-bol d’être prise pour un objet sexuel » (parce que je suis lesbienne)

Dans son post Facebook la jeune femme ajoute :

Ce qui me met le plus en colère, c’est que la violence est devenue banale, qu’il est parfois nécessaire de voir une femme en train de saigner après avoir été frappée pour qu’il y ait un impact.

J’en ai ras-le-bol d’être prise pour un objet sexuel, ou de découvrir que ce genre de situation est commun, que des amis gay sont frappés, juste « parce que ».

On subit harcèlement et chauvinisme, misogynie et homophobie violente, parce que quand on se défend, voilà le genre de truc qu’il se passe.

Tu entends ce son ? C’est moi en train d’applaudir.

Les hommes qui bavent sur les lesbiennes, arrêtez

Assise à mon bureau, je n’ai pas pu retenir quelques larmes en lisant l’article du Daily Mail relatant les faits…

Et puis, à ces larmes à demi étouffées par le plaid qui ne me quitte plus depuis ce matin, a succédé un tourbillon d’émotions, dont deux qui tournent dans ma tête.

La peur et la colère.

J’assume ouvertement mon attirance pour les femmes depuis environ cinq ans maintenant, et je suis en couple avec la fille que j’aime depuis plus d’un an.

Si nous n’avons jamais vécu d’agression comme celle de ces deux femmes à Londres, et comme tant d’autres ailleurs, on a bien entendu eu notre lot de réflexions déplacées, de regards en coin, de jugements…

Un lourd qui essaie de nous appâter avec un verre à boire avant de nous « traiter » de lesbiennes quand ma copine et moi l’ignorons.

Un coup d’oeil sur nos doigts entrelacés quand nous marchons dans la rue, suivi d’un « J’adoooooore les lesbiennes » beuglé par un mec à moitié bourré.

Les gars, putain. C’est quoi vos bails ?

Les femmes qui aiment les femmes ne sont pas des objets sexuels dont l’existence se résume à assouvir vos fantasmes.

Notre sexualité n’est ni une blague, ni un jeu, et ne vous donne en aucun cas le droit de nous diminuer de quelque façon que ce soit.

Notez-le sur un post-it ou faites-le vous tatouer, mais par pitié, arrêtez de croire que vous jouez le moindre rôle dans notre existence.

Ma copine et moi n’avons jamais été agressées, jamais menacées, et pourtant je suis terrorisée à chaque fois qu’un mec un peu louche s’approche de nous.

Je me dis qu’à tout moment le prochain fait divers pourrait nous concerner.

À chaque nouvel article comme celui-ci j’ai envie de casser des trucs (et p’tetre même des gens), et je me dis « Moi j’ai de la chance, ça ne m’est jamais arrivé »…

Sauf que ça ne devrait pas être une « chance » de ne pas se faire éclater la gueule quand on aime une personne du même genre que le sien.

Juste le fucking bon sens.

À tous les homophobes, deux mots : niquez-vous

Déjà parce qu’une bonne baise ne vous fera sûrement pas de mal.

Ensuite parce que, malgré votre haine écœurante, vos mots, vos gestes et votre violence, vous ne toucherez jamais au bonheur que j’ai avec ma copine.

Agnes Cerighelli, les hétéro fragiles qui veulent organiser une Straight Pride à Boston, et tous les homophobes à l’esprit étriqué feraient bien de sortir leur parapluie : ce mois-ci c’est la pride et il risque de pleuvoir de l’amour en arc-en-ciel.

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LouiselleD

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