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En Inde, les étudiantes se rebellent contre le couvre-feu sur les campus

22 oct 2015 15
En Inde, le couvre-feu sur les campus universitaires a été instauré en réponse au nombre effarant de viols. Mais les étudiantes se rebellent et manifestent contre ces mesures.

En Inde, une femme est violée toutes les 22 minutes. Une statistique horrifiante, qui rappelle que la culture du viol en Inde est omniprésente.

À lire aussi : « India’s Daughter », le documentaire sur le viol barbare de Jyoti, a été censuré en Inde

Le couvre-feu, une fausse solution

Pour y remédier, le Washington Post rapporte que les autorités de nombreuses universités ont décidé d’imposer un couvre-feu à leurs étudiantes – je précise bien leurs étudiantEs, et pas leurs étudiants. Ce couvre-feu à sens unique est censé protéger les femmes d’agressions dans les endroits mal éclairés des campus.

Mais les étudiantes se sont mises à protester, avec pancartes, slogans, et violations générales du couvre-feu. En effet, ces couvre-feux les empêchent de bénéficier des mêmes libertés que les hommes, ne serait-ce que celle d’accéder à la bibliothèque jusque tard le soir pour préparer leurs examens. Et quid de celles qui auraient envie de se promener le soir, ou de retrouver des ami•e•s à l’extérieur ?

Les étudiantes subissent un véritable interrogatoire lorsqu’elles sortent : où vont-elles, avec qui ont-elles rendez-vous et quel est le numéro de téléphone de cette personne, etc. Sans compter que leurs heures de sortie et de rentrée sont souvent inscrites dans un carnet. Les femmes ont donc l’impression d’être constamment surveillées et traitées comme des enfants.

La réponse des étudiantes

Sur certains campus, les étudiantes ont donc lancé la campagne « Pinjra Tod », ou « Défoncer la cage ». Elles ont défilé tard le soir, créé des pétitions en ligne, conduit des débats en classe, scandé des slogans, et même tagué les murs des dortoirs et le sol avec les mots « Je suis dehors ce soir ». Bref, les étudiantes se sont rebellées. Et pour l’une des universités où de telles démonstrations ont eu lieu, cela a fonctionné… en partie : le couvre-feu est passé de 18:30 à 22:00.

Kavita Krishnan, une activiste prônant les droits de la femme qui a notamment participé aux manifestations anti-viols en 2012, a déclaré :

« Ce que l’on voit fleurir c’est une nouvelle génération de mouvements féministes en Inde. Cela vient de la tension créée par le nouveau climat économique, selon lequel on veut envoyer de plus en plus de femmes en éducation supérieure et au travail, tout en contrôlant leur comportement au nom de la tradition ».

À lire aussi : La vie entravée des femmes – Carte postale d’Inde

Les universités, elles, se défendent en expliquant qu’elles ne font que respecter la volonté des parents, et que si les étudiantes désirent obtenir plus de liberté, elles doivent négocier avec leurs parents.

Les mouvements pour les Droits des Femmes ont donc encore du pain sur la planche. Mais les femmes elles-mêmes s’engagent de plus en plus et la voix de la moitié du pays ne pourra pas être ignorée beaucoup plus longtemps.

À lire aussi : « My choice » encourage les femmes en Inde à reprendre le pouvoir

Les Commentaires
15

Avatar de Freehug
23 octobre 2015 à 14h14
Freehug
C'est ignorer complètement la réalité du viol. 80% des femmes violées connaissent leur agresseur et dans beaucoup de cas le crime a lieu dans le cadre familial. Bon après ce sont les chiffres français mais je doute que le schéma "inconnu de la ruelle" devienne majoritaire sous prétexte qu'on est en Inde. Non mais sinon ils peuvent construire des dortoirs pour filles en forme de mini-ville avec magasins, café, cinéma et interdiction de sortir sauf pour rentrer chez ses parents (avec interdiction de rester dans la même pièce qu'un homme en toutes circonstances bien sûr). Et des bracelets d'alarme. Non en fait si on les faisait étudier dans des cages à roulettes ?

En plus, si la rue est risquée elle l'est autant pour tout le monde. Les hommes aussi sont victimes d'agressions mais ce sont en général des vols ou des passages à tabac. Pourtant eux peuvent sortir.
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