Ma petite histoire de violences sexistes, homophobes, absurdes et gratuites


Pomme, chanteuse de talent, est aussi Claire, jeune femme pleine d'entrain. Et parfois victime de violences idiotes, imbéciles, absolument non provoquée, car Claire est une femme, vous comprenez.

Ma petite histoire de violences sexistes, homophobes, absurdes et gratuites© Sofar Paris
Pomme, chanteuse et jeune femme

Pomme, tu la connais probablement !

Cette musicienne est passée sur madmoiZelle pour chanter en acoustique La même robe qu’hier et J’suis pas dupe.

Aujourd’hui, ce n’est pas en tant qu’artiste qu’elle prend la plume, mais en tant que jeune femme qui a été victime de violences sexistes et homophobes aussi bêtes qu’absurdes.

Elle te raconte son histoire.

Salut,

Je m’appelle Claire Pommet, j’ai fraîchement 22 ans, et je suis auteure-compositrice-interprète.

Le mardi 18 septembre 2018 autour de midi, j’ai posté une vidéo absurde, comme j’ai l’habitude d’en faire, sur Twitter. Une vidéo anodine dans laquelle je danse, une vidéo qui ne porte atteinte à personne.

Le soir, en rentrant chez moi après une journée de travail, j’ai découvert que la vidéo était sortie du réseau habituel des gens qui me suivent, et que, pour une raison qui m’est toujours aussi mystérieuse, le dark Twitter s’en était emparé tranquillement.

J’ai alors commencé à recevoir des dizaines, puis des centaines et des milliers de messages, au départ intimidants, puis violents, puis menaçants.

Des messages sexistes, misogynes, des messages de haine envers les femmes en général, des remarques violentes sur mon physique et mon hygiène corporelle (???).

Des messages d’interrogation quant à ma « certification Twitter », qui « valide » en quelque sorte mon compte comme étant bien le mien (« elle a sucé qui pour l’avoir cette pute ? »).

Des messages de menaces de me fracasser ou de me casser les genoux, d’autres qui m’incitaient franchement à supprimer ma vidéo « sinon… ».

À l’heure où j’écris, j’en reçois encore. De la part d’hommes ET de femmes.

Au même moment, par un hasard étrange, ce fameux mardi 18 septembre, vers 22h30, un homme est venu crier sous ma fenêtre qu’il allait « casser tes fenêtres au lance pierre, je te jure je vais te violer sale bâtard », avant de partir.

Il s’avère que j’ai des drapeaux LGBT à mes fenêtres.

J’ai appelé la police qui m’a conseillé d’enlever les drapeaux pour la nuit, « pour ma sécurité ».

Ça m’avait coûté de mettre ces drapeaux à mes fenêtres, c’était une manière de m’affirmer quand, en réalité, je ne m’affirme pas toujours telle que je suis.

Le fait de les enlever m’a coûté aussi, parce que symboliquement, c’était comme si je me résignais à cacher mon identité, que j’avais tant de mal à accepter.

Pour quelle raison je raconte tout ça ? Parce que j’estime qu’il est important d’en parler et de mettre en lumière des problèmes dont beaucoup sont victimes aujourd’hui.

L’homophobie sous ma fenêtre n’était qu’une personnification de toute cette haine constante sur Twitter, comme une version palpable de tous ces humains en colère.

Une soirée à l’image de problèmes sociétaux récurrents.

Je n’ai aucune envie ici de faire de la victimisation, ni qu’on me plaigne.

Je voudrais simplement que chaque femme et chaque homme qui s’est appliqué à m’insulter, et à en insulter d’autres gratuitement sur un réseau social, puisse lire ceci et s’appliquer à s’ouvrir un peu l’esprit sur le monde.

Que chaque personne chez qui l’homosexualité, la libération de la femme ou la liberté d’expression réveille tant de haine puisse avoir la chance de transformer tout ce caca intérieur en quelque chose de plus beau.

Je me souhaite, et je souhaite à tout le monde, frustrés et frustrées incluses, d’ouvrir chaque jour un peu plus les yeux avec bienveillance sur la différence et l’unicité de chacun.

Les filles, soyez celles que vous avez profondément envie d’être.

Si ça passe par danser en vous déchirant un papier sur la tête, si ça passe par changer votre apparence, si ça passe par aimer des filles, si ça passe par rire fort, si ça passe par parler fort, faites-le.

Soyez sauvages.

Merci de m’avoir lue, merci aussi aux nombreux messages d’amour non négligeables que j’ai reçus dans les 3 derniers jours.

Claire.

Contre le cyber-harcèlement

Tu soutiens Pomme, mais tu ne sais pas trop quoi faire face à ce genre d’attitude ?

Marion Séclin, elle aussi cyberharcelée, t’explique comment agir ! Et il y a aussi le guide pour lutter contre le sexisme en ligne.

Une madmoiZelle

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Commentaires

ben quoi ?

C'est grave ce qui arrive à cette jeune femme car quelqu'un sait où elle habite et l'a menacée parce qu'il y a des drapeaux LGBT à sa fenêtre !!!
Je lui envoies tout mon soutien.
 

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