Et si les hommes étaient privés de sortie tous les soirs ?

Que feraient les femmes s'il n'y avait aucun homme dans la rue la nuit ? La question a été posée sur Twitter et ce serait pour beaucoup synonyme de liberté et de bien-être.

Et si les hommes étaient privés de sortie tous les soirs ?

J’ai bientôt 30 ans, je ne suis donc plus une petite fille.

Mais la dernière fois que j’ai dîné avec mon père, il m’a laissée à la station de métro en me conseillant : « Fais attention en rentrant ».

Nous sommes dans Paris, un jeudi vers 23h, et je me demande si mon père aurait eu la même inquiétude pour son fils…

Marcher dans la rue la nuit quand on est une femme

En réalité, je ne me le demande pas : je sais bien que non.

La rue est le territoire des hommes. Les femmes ne font que la traverser, exposées à toutes sortes d’interactions non sollicitées, des regards insistants aux remarques déplacées.

La peur des agressions sexuelles plane aussi, érige des murs invisibles dans l’espace public et l’esprit des femmes. 

Pour mesurer l’impact de ces pressions sur le quotidien des femmes, l’activiste Danielle Muscato a demandé à Twitter ce qu’elles feraient différemment si tous les mecs avaient un couvre-feu à 21h.

Que feraient les femmes sans hommes dans la rue la nuit ?

Imaginez donc que passée une certaine heure, tous les hommes de la planète doivent rester chez eux, tandis que les femmes se baladent librement dans la rue.

À quoi ressemblerait ce monde où ni mon papa ni personne n’aurait à s’inquiéter de la sécurité des femmes ?

Cette question virale a reçu des dizaines de réponses de femmes qui disent qu’elles pourraient sortir se promener, faire un jogging ou faire des courses après la nuit tombée.

« J’irais dans des bars toute seule, je marcherais avec les deux écouteurs dans les oreilles et sans coincer mes clés entre mes doigts. »

Toutes les réponses des femmes mettent en lumière le stress que la menace d’une agression fait peser sur elles au quotidien.

« Je continuerais de faire comme d’habitude ? Mes chances de me faire kidnapper ou violer baisseraient de 100%, ceci dit. »

Des hommes ont également réagi au thread, en réalisant à quel point leur vécu pouvait être différent de celui des femmes.

« Je suis un homme blanc qui visite régulièrement d’autres pays seul, en marchant en ville avec mes écouteurs […] Je n’avais jamais réalisé que c’était un privilège lié à mon genre. »

Un couvre-feu pour les hommes, la solution au harcèlement ?

La lecture de ce thread m’a mise mal à l’aise.

L’exercice mental qu’il propose m’a démoralisée, mais je dois lui accorder un grand mérite : celui de soulever le problème de la sécurité des femmes dans la rue. 

Bien sûr, il ne propose pas sérieusement de restreindre la liberté de circuler d’une moitié de la population mondiale au profit de l’autre.

Le choix ne doit pas se poser entre avoir peur ou éliminer tous les individus masculins de l’espace public. 

D’abord parce que la peur n’a jamais sauvé personne d’une agression, ensuite parce que la solution au harcèlement et autres violences sexistes ne sera jamais d’enfermer les hommes.

L’espoir réside déjà dans le fait d’en parler, sur Twitter et ailleurs, pour que de prise de conscience en indignation, émerge un monde où nous serons toutes et tous libres de nous déplacer vraiment.

Et toi, que ferais-tu de différent s’il n’y avait pas d’hommes dans la rue la nuit ? 

À lire aussi : « Voir sous les jupes des filles », bientôt un (nouveau) délit ?

QueenCamille

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Commentaires

Sophie L

@Cha_215
Si je t'ai paru agressive c'est parce-que je me suis pris moi-même d'un coup plusieurs commentaires ressemblant à des procès d'intention dans la face, auxquels j'ai moi aussi tenté de répondre calmement. Et c'est lourd. Je pense que tout le monde peut comprendre ça.
Et que l'on dise de moi, à la troisième personne "elle semble ne pas comprendre", ça peut être mal vécu aussi. C'est mon cas.
J'ai perdu patience.
Visiblement, le débat doit tourner court vu qu'il est difficile de se comprendre ou que les choses sont dites de façon passablement méprisantes (ou pouvant être interprétées comme telles).
Donc voilà, je propose tout simplement un stop sur ce sujet.

C'est un sujet sensible chez moi aussi.
 

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