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Politique

Ce n’est pas grâce à LREM qu’un condamné pour violences conjugales renonce à sa candidature aux législatives

Investi par le parti d’Emmanuel Macron pour les législatives, Jérôme Peyrat avait été condamné en 2020 pour violences conjugales. Pourtant sa candidature ne semblait pas poser problème à la tête de LREM, qui a continué de le défendre vaille que vaille…

Clap de fin pour l’affaire Jérôme Peyrat ? Ce matin la petite phrase de Stanislas Guérini dans la matinale de France Info a fait monter d’un cran la tension sur ce dossier. Après avoir fait couler beaucoup d’encre pendant plusieurs jours, le candidat a annoncé le retrait de sa candidature ce mercredi 18 mai en fin de journée.

Petit rappel : la condamnation en 2020 de Jérôme Peyrat, homme politique proche d’Emmanuel Macron à verser 3000 euros pour violences conjugales à son ex-compagne ne semblait pas être un frein à son investiture comme candidat aux législatives dans la quatrième circonscription de la Dordogne.

En tout cas, à la tête du parti présidentiel, ça n’avait pas l’air de poser le moindre souci. C’est bien ce qu’a maintenu Stanislas Guérini, délégué général de La République En Marche.

La séquence a tourné en boucle sur Twitter :

L’affaire Jérôme Peyrat, une affaire très très « complexe »

Certes Stanislas Guérini ne veut pas qu’on pense qu’il s’oppose à la libération de la parole des femmes, mais « en même temps », il souhaite que l’on regarde les choses dans leur « complexité », un mot qu’il va beaucoup répété pendant la séquence .

Car oui, Jérôme Peyrat n’a pas été condamné à l’inéligibilité, et oui, son ex-compagne a elle aussi reçu une condamnation, mais pour des appels malveillants postérieurs aux violences.

« Ça ne fait pas un peu tâche quand on fait de l’égalité hommes-femmes la grande cause de son quinquennat ? » questionne la journaliste Salhia Brakhlia.

Stanislas Guérini insiste, répète qu’ « il faut évidemment toujours permettre la libération de la parole », mais aussi « regarder les choses dans le détail », et tient à montrer des torts partagés en parlant d’une dispute :

« J’ai pris du temps […] pour comprendre, pour savoir, si au fond on pouvait avoir à faire à quelqu’un qui pouvait être capable de violences volontaires, je crois et j’en suis même infiniment convaincu que ce n’est pas le cas sinon jamais, jamais, je n’aurais permis cette investiture. C’est un honnête homme. Je ne le crois pas capable de violences sur les femmes. »

Finalement, si vous êtes convaincu, intimement persuadé, sûr de sûr, à mille pour cent, que cet homme en face de vous ne peut pas être violent à l’égard d’une femme, peu importe sa condamnation par la justice. Peu importe le devoir d’exemplarité que l’on est en droit d’attendre d’une personne censée représenter le peuple au sein de l’Assemblée nationale.

Un reflet de la façon dont LREM prend peu au sérieux les violences faites aux femmes

La séquence n’est pas sans en rappeler d’autres, pas si anciennes, où l’on a assisté aussi à un serrage de coude en règle côté LREM.

C’est Emmanuel Macron évoquant en juillet 2020 sa « relation de confiance d’homme à homme » avec Darmanin, suite aux accusations de viol pesant sur lui. C’est ce même Emmanuel Macron qui revenait fin 2021 sur son inaction après les premières accusations d’agressions sexuelles contre son ministre Nicolas Hulot en 2018 : « Avec le Premier ministre de l’époque nous avons vu Nicolas Hulot, il a nié avec beaucoup de force, il nous a dit que tout cela n’existait pas. »

Ces affaires se règlent en catimini, dans un entresoi d’hommes puissants, à coup de discussions profondes entre hommes, les yeux dans les yeux, et à l’abri de nos regards.

Finalement, quand elles dénoncent les violences, les victimes se prendront toujours une accusation de « tribunal médiatique », et même quand la justice finit par traiter les dossiers et prononcer des condamnations, on trouvera encore des hommes pour décider qu’un verdict n’est pas suffisamment à la hauteur et pour faire plutôt confiance à leur haute conviction.

Finalement, face à la levée de boucliers, Jérôme Peyrat a renoncé de lui-même à se présenter aux législatives. Les propos tenus ce matin par Stanislas Guérini, eux, resteront bien dans tous les esprits.

À lire aussi : Georges Tron en prison pour viol : l’impunité des élus commencerait-elle enfin à voler en éclats ?

Crédit photo : Capture – FranceInfo

Violences conjugales : les ressources

Si vous ou quelqu’un que vous connaissez est victime de violences conjugales, ou si vous voulez tout simplement vous informer davantage sur le sujet :

Les Commentaires
15

Avatar de Morgana Talbot
19 mai 2022 à 12h34
Morgana Talbot
@Ariel du Pays Imaginaire surtout avec la requalification quasi systématique des viols en simple agression(s) sexuelle(s)... C'est à la fois une bonne chose car ça évite qu'un jury ne puisse innocenter un violeur, souvent les magistrats.e.s sont moins enclin.e.s à juger que la victime "l'avait bien cherché".
En revanche, dans ces cas là, les coupables sont souvent fichés au Fijais, donc en tout les cas on pourrait restreindre l'accès à ces fonctions pour quiconque y est répertorié ?
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