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Complexée par mes poils, j’apprends doucement à les aimer

Maylis a beaucoup de poils, trop aux yeux de la société. Mais elle a décidé de leur déclarer son amour naissant pour sa pilosité dans ce nouveau Corps à cœur Cœur à corps.

Coucou vous, ça roule pour vous ce dimanche ?

Cette semaine, Corps à coeur Coeur à corps vient parler de poils… et ce n’est pas moi qui témoigne, haha !

Maylis a décidé de vous partager son combat, celui de les accepter et de s’émanciper du regard des autres.

Si tu n’as pas suivi, il s’agit d’une série de témoignages illustrés, mettant en avant des personnes qui ont décidé d’avoir un regard plus positif vis-à-vis de leurs complexes physiques.

Il ne s’agit pas de se sentir bien À TOUT PRIX (ça suffit les injonctions, oh !) ou de dire qu’il y a des complexes plus importants que d’autres, mais d’observer les chemins que prennent différentes personnes pour se sentir plus en paix avec elles-mêmes.

Tous les corps sont différents, ça te dit de les célébrer avec moi chaque semaine ?

Les illustrations sont faites par mes petites mains et à partir de photos envoyées en même temps que le texte. J’en reçois plusieurs et je choisis celle qui m’inspire le plus.

Donc, sans plus attendre, le témoignage de cette semaine.

Je complexe sur mes poils, mais ça avance

Alors moi c’est Maylis, j’ai 19 ans et j’ai toujours été très complexée par mes poils noirs très voyants.

Je me souviens, au primaire, j’avais le droit aux réflexions de mes camarades du genre « oh on dirait un singe ! » en voyant mes bras ou mes jambes. Résultat, j’ai commencé à m’épiler les jambes à 9 ans.

Au collège, en plus de ceux du maillot, j’ai commencé à avoir des poils entre le pubis et le nombril (la ligne blanche), autour des tétons, entre les seins et dans le bas du dos.

Je ne les aimaient pas trop mais c’était impossible de les blondir, tellement ils sont épais et foncés alors je les ai acceptés. Durant les vacances, lorsque j’étais en maillot, mon père ou mes frères me disaient toujours « Maylis fais quelque chose, on dirait un homme » ou bien « si tu veux, je te paye l’épilation définitive pour ton anniversaire ».

Mais à 15 ans je préférais avoir un nouveau téléphone plutôt qu’une épilation pour mon anniversaire.

Et puis un jour en soirée, je portais un t-shirt un peu court et mon crush m’a dit « ah c’est dégueulasse ! » en regardant mes poils sur le ventre. J’ai beaucoup été affectée par cet événement.

J’ai perdu toute confiance en moi. Dans le miroir je voyais un ours. J’ai décidé de m’épiler le corps entier en y laissant beaucoup d’argent et de temps (et quelques cris de douleur car sur le ventre ça fait super mal).

Puis l’année dernière, lors d’une simple visite de routine chez la gynéco, elle décèle quelques anomalies. Après vérification par échographie et prise de sang, j’apprends que je suis atteinte du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

C’est lié à un déséquilibre hormonal et il y a de nombreux symptômes dont l’un d’eux est l’hirsutisme. C’est-à-dire une pilosité excessive sur toutes les régions du corps.

On m’a donc prescrit des médicaments hormonaux, des pilules hormonales… mais je n’ai vu aucun changement sur ma pilosité.

D’ailleurs quand je l’ai dit à mon endocrinologue, elle m’a demandé de lui montrer et en voyant mes jambes elle a dit « ah oui quand même ! »

À ce moment là, j’ai pensé : « si elle dit ça alors qu’elle voit des femmes poilues à longueur de journée, c’est que je suis vraiment vraiment poilue… Bien plus que les filles normales ».

J’ai versé quelques larmes en rentrant chez moi parce que je ne me sentais pas femme.

Et récemment en voyant tes témoignages, Léa, celui d’Anouk ou de Charlie je me suis dit : mais pourquoi je m’épile alors que c’est super chiant, si ce n’est pour rentrer dans la norme ?

Moi aussi je veux m’assumer telle que je suis, je ne veux pas me changer parce que mes proches, un homme ou la société me le disent !

Qui a dit que les femmes, pour être féminines, devaient avoir les jambes lisses ?

Grâce à vous trois, aujourd’hui, après plus d’un an de traitements sans qu’ils aient le moindre effet sur mes poils, j’ai plus ou moins réussi à accepter ceux des jambes, des aisselles ou du maillot.

Je n’arrive pas encore à assumer les autres qui sont pour beaucoup de gens signes de virilité.

J’espère que m’ouvrir aux lecteurs et lectrices de madmoiZelle.com pourra m’aider à vaincre ce complexe et à m’émanciper du regard des autres !

maylis-poils

Témoigner sur ses complexes, ça fait quoi ?

J’ai également demandé à Maylis de faire un retour sur cette expérience : témoigner et voir son corps illustré, ça fait quoi, qu’a-t-elle ressenti ?

En participant à cette série et en dévoilant publiquement mon complexe j’avais quelques inquiétudes.

Je me disais que certaines personnes mal intentionnées se moqueraient de moi, de mes poils ou de ma mauvaise stylistique. J’avais vraiment l’impression de me mettre à nu.

Mais au final, le fait de mettre des mots sur ce complexe m’a fait beaucoup de bien et m’a permis de commencer à faire évoluer mon regard.

Je porte maintenant des crop tops, des t-shirt sans manche et je fais même des ourlets au bas de mes pantalons (chose qui était inconcevable pour moi avant si je n’étais pas épilée). L’été arrive mais pour l’instant je ne suis pas certaine de pouvoir bronzer sur la plage en maillot deux-pièces (ça viendra un jour !).

Quand j’ai reçu ton dessin, je sais pas trop pourquoi mais je me suis mise à pleurer.

Je l’ai trouvé vraiment magnifique dans ces tons roses, et même si ce n’est qu’une paire de jambes, je me suis reconnue.

C’est moi, avec mes bons gros cuissots, mes vergetures et mes poils ! Ces poils que je trouvais si disgracieux sur la photo que je t’ai envoyée, eh bien sur ton dessin, je trouve qu’ils sont à leur place, qu’ils ne choquent pas.

Ça me permet de voir ces poils d’une autre façon, comme s’ils faisaient partie de moi et non comme des mauvaises herbes qui poussent partout sur mon corps et qu’il faut à tout prix éradiquer.

Merci beaucoup Léa, pour cette expérience que je souhaite à tous ceux qui ont un complexe tenace.

Grâce à toi j’apprends à accepter mon corps et au fil des jours où il fait de plus en plus chaud, je mets de moins en moins d’épaisseurs de vêtements et dévoile ainsi mes magnifiques poils !

Toi, oui, toi qui as lu avec attention. Toi qui as envie de dire à ton corps que tu veux enterrer la hache de guerre. Que même s’il y a des jours avec et des jours sans, ça serait déjà un premier pas de partager ton expérience.

Bienvenue dans Corps à cœur Cœur à corps !

Concrètement, si tu veux participer, qu’est ce que je te demande ?

Le témoignage sera en 2 parties : un texte et une illustration.

  • Le texte, c’est toi qui l’écris : tu m’expliques ton rapport à ce(s) complexe(s), pourquoi tu as envie de changer de regard dessus, comment tu t’y prends…
  • Pour l’illustration, j’ai besoin de 5 photos de cette partie de ton corps et/ou de ton corps en entier.

Tu peux les prendre seul·e ou avec un·e proche; l’essentiel est que ça soit ton regard avant de devenir le mien. Ça peut être un exercice difficile, j’en ai conscience, donc je laisse le plus de liberté possible ! Mise en scène, spontanéité… c’est toi qui vois.

Je choisis la photo qui m’inspire le plus et j’en fais une illustration.

Envoie-moi ça à lea.castor[at]madmoizelle.com avec « Corps à cœur Cœur à corps » en objet du mail !

Pour suivre Léa Castor, rendez vous sur Instagram et Facebook !

À lire aussi : J’ai testé pour vous… faire partie de la #FitFamily

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Les Commentaires

16
Avatar de Laboukineuze
29 juillet 2018 à 11h07
Laboukineuze
OMG cette illu! on dirait moi! Bon contrairement à pas mal de madz ici (grokalin, au passage) je n'ai pas eu vraiment de soucis pendant mon enfance.
Par contre les docteurs que je croise sont tous persuadés qu'il y a un souci. Ma maman tient bon avec une explication très simple "ton père est bien poilu, t'as hérité, voilà".
Des années et des années que ça fronce les sourcils... cycle chelou, acné envahissante surtout dans le dos, les mêmes poils que là donc, sur une peau blanche. Chuis pas typée, chuis chatain... on tient absolument à voir un dérèglement hormonal. J'ai encore fait une écho des ovaires et des prises de sang. Mais non, rien de rien, tout est ok!

Alors... ben, ces poils, faut vivre avec. Et pas martyriser ma peau super sensible et délicate. Je regrette d'avoir testé des trucs sur les poils de ma ligne pubienne. Si j'avais pas touché, ils seraient bien moins épais et visibles... je les rasais parfois sur un coup de tête, ou je les blondissais.

Sauf qu'on sait bien, les épilations quelle qu'elles soient ça fait du mal à la peau. Alors j'ai trouvé un truc qui me convient. La tondeuse, tout simplement. Abîme pas la peau. Oh, oui, on voit encore un peu de poils, mais je m'en sors pour ça, ça va. ça me dérange pas. Et j'attends de la bienveillance de mes partenaires. Bon vu la tendance actuelle (jvous aime les madz qui choisissent de ne plus s'épiler, mais faut dire que c'est encore une niche) je préfère prévenir.

"j'ai des poils. C'est les miens,c'est mon corps, mon choix. Je n'exige rien de toi à ce sujet à part de la tolérance, alors, fais pareil et tout ira bien!"

puis en fait, à la longue, je me rends compte que les poils, chez les autres, je les aime. C'est marrant, c'est doux, on peut jouer avec, gratouiller...
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