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CO2, genre et inclusivité : ce qu’il faut retenir du dernier rapport du GIEC // Source : Unsplash
Écologie

CO2, genre et inclusivité : ce qu’il faut retenir du dernier rapport du GIEC

C’est LE rapport des rapports. Publié ce lundi, il résume tous les enseignements du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), depuis le lancement de son sixième cycle d’évaluation, en 2015. Qu’est-ce qu’il faut en retenir ? Spoiler : pour un futur plus vivable, il faudra résoudre les inégalités de genre et aller vers une société plus inclusive.

Les solutions sont déjà là

Bonne nouvelle : les solutions existent déjà ! Selon le président du Giec, le spécialiste de l’énergie Hoesung Lee, « Si on agit maintenant, on peut encore assurer un futur vivable pour tous. » Et ce, sans avoir à s’en remettre à des inventions incertaines. 

Les énergies renouvelables coûtent de moins en moins cher, l’essor de l’agroforesterie et de l’agroécologie, la diversification des cultures et la restauration écologique de zones humides sont des stratégies d’adaptation efficace, tout comme les efforts pour verdir les villes, écrit le GIEC.

On vous spoile un peu la suite de l’article, mais (surprise !) : résoudre les inégalités de genre est une partie importante de la solution, tout comme tous les autres efforts pour une société plus inclusive (notamment pour les personnes racisées et les peuples autochtones…).

Le monde s’est déjà réchauffé de 1,1 degré

Plus le temps passe, plus le défi est de taille. En 2022, nos émissions de gaz à effet de serre étaient encore en hausse d’environ 321 millions de tonnes, par rapport à l’année d’avant, selon l’Agence internationale de l’énergie. Or si l’on veut avoir une chance de rester à l’équilibre planétaire, il faudrait qu’elles se mettent à diminuer très rapidement.

 Le GIEC est catégorique. Actuellement, nos efforts sont insuffisants pour limiter le réchauffement en dessous 2 degrés et si possible, à 1,5 degré, comme s’y sont engagés la quasi-totalité des États du monde, avec l’accord de Paris, signé en 2015. 

Le monde s’est déjà réchauffé d’environ 1,1 degré depuis l’époque pré-industrielle (entre 1850  et 1900). Si l’on ne fait rien pour changer les choses, dans le pire des scénarios, on pourrait atteindre les 4,4 degrés avant la fin du siècle, tandis que les 1,5 degré peuvent être dépassés d’ici à 2035, voire, à la fin de notre décennie. Dans un scénario intermédiaire, on atteindrait les 2,7 degrés en 2100, et seulement 1,4 degré dans les projections les plus optimistes. 

Limiter le réchauffement en dessous de 1,5 degré demande d’agir rapidement. Il faudrait que nos émissions décroissent maintenant et qu’elles soient réduites de moitié d’ici à 2030.

Les conséquences sont déjà visibles

Avec le changement climatique, des vagues de chaleur de plus en plus intenses sont attendues, les pluies seront de plus en plus importantes et davantage d’événements climatiques extrêmes sont susceptibles de se produire, faisant peser des risques sur notre santé et sur les écosystèmes.  

Partout dans le monde, les conséquences sont déjà visibles. Au Pakistan, des chercheurs étudient les liens entre les inondations records qui ont fait plus de 1700 morts l’année dernière et le changement climatique. Toujours en 2022, en Europe, au moins 1 000 personnes sont décédées à cause des vagues de chaleur, selon l’Organisation mondiale de la Santé.

Les femmes davantage susceptibles de mourir lors des canicules

Valérie Masson-Delmotte explique que lors de ces épisodes, on observe une « vulnérabilité particulière des enfants et des femmes enceintes, notamment ». D’après une étude néerlandaise, les femmes ont davantage de chances de mourir lors des canicules, par exemple. 

1,5 et 4 degrés, ce n’est pas du tout la même chose

Chaque dixième de degré compte, d’autant plus qu’au-delà de certains seuils, les conséquences du changement climatique s’enchaînent et deviennent difficiles à prévoir. Au-delà de 1,5 degré, par exemple, les puits de carbone que sont les océans et les forêts seront de moins en moins efficaces. 

Les ressources en eau deviendront limitées pour les petites îles et les régions qui dépendent des glaciers, tandis que le déclin de la biodiversité amenuisera nos ressources alimentaires, menaçant tout d’abord les peuples autochtones. 

Les femmes, les personnes précaires et racisées davantage exposées

Tous les pays n’ont pas la même responsabilité, historiquement– et tous n’ont pas les mêmes moyens pour lutter contre le changement climatique. C’est pourquoi le GIEC évoque des « responsabilités et des opportunités différentes »

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Les principaux pays émetteurs de CO2, historiquement. Source : Carbon Brief

« La justice climatique est cruciale, parce que ceux qui ont contribué le moins au changement climatique sont les plus affectés », explique la chercheuse Aditi Mukherji, l’une des 93 autrices du rapport.

Entre 3,3 et 3,6 milliards de la population mondiale (un peu plus de la moitié !) vit dans des régions hautement vulnérables au changement climatique. 

Et c’est là que les choses deviennent de plus en plus injustes : la vulnérabilité augmente en fonction des inégalités économiques, des discriminations liées à notre genre ou à notre couleur de peau. 

Les femmes sont particulièrement concernées. Selon un autre rapport des Nations Unies, elles représentent 80% des personnes déplacées dans le monde en raison du changement climatique.

Lutter contre le changement climatique a beaucoup d’autres avantages

Limiter la hausse des températures à beaucoup d’autres avantages en cascade. Par exemple, « l’accès à des énergies et des technologies propres est bon pour notre santé, particulièrement pour les femmes et les enfants. La production d’électricité bas-carbone, la marche, le vélo et les transports en commun améliorent la qualité de l’air, offrent des opportunités d’emplois et aide à atteindre l’équité, écrit le GIEC. Or, « les bénéfices économiques pour la santé d’une meilleure qualité de l’air seraient à peu près les mêmes, si ce n’est plus important que les coûts associés à la réduction de nos émissions », poursuivent les experts du climat.

Un exemple tout simple : « dans beaucoup de pays du monde, on cuisine avec des combustibles polluants », nous explique Valérie Masson-Delmotte. « Changer de système à un impact direct sur la santé des personnes exposées, surtout les femmes ».  

Il faut augmenter les investissements

Selon le GIEC, il existe suffisamment d’argent sur Terre pour réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre. Le problème, c’est que les investissements sont loin d’être insuffisants. Les gouvernements ont un rôle à jouer, en augmentant les financements, comme les investisseurs, les banques centrales et les régulateurs financiers.

Pour lutter contre le changement climatique, il faut des sociétés inclusives

Les solutions efficaces pour le climat sont celles qui incluent « les entreprises, la société civile, les femmes, les jeunes, les travailleurs, les médias, les peuples autochtones et les communautés locales », écrit le GIEC. C’est la seule manière de mettre en place des solutions justes et équitables pour tous et toutes. 

D’autant que, quand les femmes sont au pouvoir, elles prennent de bien meilleures décisions pour le climat : selon une étude, les pays dans lesquels les femmes sont à la tête du pouvoir ou représentées dans les instances de gouvernance ont une empreinte carbone plus faible que dans les autres pays. Une réalité suffisamment parlante pour faire bouger aussi, les mentalités ?


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Les Commentaires

1
Avatar de Bloem
20 mars 2023 à 20h03
Bloem
Explications sur le titre:
Le genre c'est parce-qu'on estime que les femmes sont plus touchée car elle se déplacent plus à cause du réchauffement climatique.
Déjà je trouve l'argument critiquable en l'absence d'explications plus approfondies.
J'aurais tendance à penser que si le déréglement du climat, les catastrophes que ça déclenche, sont assez importantes pour provoquer un déplacement de population, alors les personnes qui restent ne sont pas dans une position confortable.
L'inclusivité c'est parce-qu'on doit inclure tous les acteurs de la société, "entreprise, société civile, les femmes, les jeunes" etc...
Je précise car en lisant le titre je m'attendais à autre chose.
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