Le CV du cul, ma drôle d’idée pour pécho

Le CV du cul, c'est un outil original pour draguer en faisant le bilan de sa sexualité. Présentation !

Le CV du cul, ma drôle d’idée pour pécho

En partenariat avec Love and Vibes (notre Manifeste)

Dans les épisodes précédents...

Retrouve les autres épisodes de la série cul de l’été :

  1. Je t’emmène dans mon été du cul, à la découverte du BDSM
  2. J’ai testé un site de rencontres dédié au BDSM

Récemment, je me suis inscrite sur un site de rencontre spécialisé dans le BDSM (cf. l’épisode précédent). J’y ai découvert une dimension artistique à laquelle je ne m’attendais pas.

Une fois que j’ai posté des clichés, ambiance boudoir, de mon corps (sans ma tête) en lingerie, des photographes ont commencé à me parler, me proposant de me prendre en photo.

Les artistes, la photo et moi

J’ai un rapport un peu chelou aux artistes.

J’ai passé plusieurs années à être proche d’artistes « maudits », qui n’arrivaient pas à percer. Certains essayaient de tout leur coeur, mais ce n’était jamais assez.

Aujourd’hui j’ai peur de choper des sentiments pour un artiste dont je n’aimerais pas le travail, parce que mon empathie me donnerait envie de le suivre et de l’aider malgré le malaise que je ressentirais par rapport à son taf.

À l’inverse, je suis facilement impressionnée quand je côtoie des créateurs dont j’aime le travail — voire, encore pire pour ma timidité, quand leurs œuvres me touchent…

Mais le jour où j’ai reçu un message de ce mec dont j’adore les photos, j’ai oublié tout ça.

Parlons photos, BDSM et expérience

On discute. On échange sur l’érotisme, la sensualité, l’excitation que peut procurer le fait de ne pas tout montrer.

J’aime ses photos, et lui les miennes. Je lui explique que ce sont mes premières. Lui, ça fait 10 ans qu’il fait ça, alors il propose de retoucher mes clichés.

Il est blagueur et très gentil, le courant passe bien, alors on s’échange nos numéros histoire de parler plus facilement et qu’on puisse chacun découvrir la tête de l’autre.

Il me dit qu’il aimerait prendre des photos de moi. Ça me fait terriblement peur, donc je suis partante (eh oui, j’aime souffrir — le BDSM, remember ?).

Je suis aussi extrêmement curieuse de voir à quoi je pourrai ressembler vue par quelqu’un d’autre.

Il m’envoie deux de mes photos après les avoir retouchées, et je suis déjà perturbée : en modifiant des clichés que j’estimais « terminés », il a transformé un produit fini en matière première.

J’en parle avec une amie, et j’arrive à un constat surprenant sur ma vie sexuelle, moi qui viens d’une éducation catholique, monogame, bien rangée :

« C’est ouf, je vois des photos de lui en train de doigter une meuf et ça me donne hyper envie de le rencontrer ! »

Clairement, j’ai passé un cap.

On discute, on rigole, il me complimente et je l’aguiche. Il m’envoie un « Tu cherches la fessée ou quoi ? » qui découle rapidement sur ma blague fatidique :

« Les fessées, j’aimerais pouvoir mettre ça dans la catégorie « Loisirs » de mon CV. »

Le CV du cul est né !

Ça le fait rire et il se saisit immédiatement du concept, me proposant de lui écrire un CV du cul, comprenant une partie « loisirs faits, à faire, à ne pas faire ».

Je trouve ça marrant, et hyper intriguant. Je me dis aussi qu’en pleine période d’expérimentations, faire un état des lieux de ma sexualité est une très bonne idée.

Alors j’ouvre un Google Doc, et je m’y mets. Voilà mon intro :

« Sub débutante, remplie d’une faim de découvertes sexuelles.

Motivations : Éprise d’une insatiable envie de vivre des espaces de liberté, où tout le monde peut se sentir bien, à pratiquer ce qui lui plaît.

Où « Aïe » ne veut pas dire stop, mais « J’ai eu mal, fais ce que souhaites de cette information ».

Où les envies, primaires ou cérébrales, gonflent encore et encore et prennent la place qu’elles désirent dans les têtes, empêchant de réfléchir à deux fois, détachant le corps des pensées.

Où l’honnêteté est la plus grande source de beauté. »

Écrire mon CV du cul, une drôle d’expérience

Je sais pas si t’as déjà essayé de faire l’inventaire des pratiques sexuelles qui te plaisent ou te déplaisent, mais l’exercice m’a paru étrange.

Scanner toutes les relations sexuelles que j’ai pu avoir dans ma vie, pratique par pratique, c’est long !

C’est comme si on me demandait « t’as déjà embrassé un mec au-dessus du genou ? » et que je me retrouvais à faire le compte de toutes les parties du corps que j’ai déjà embrassées, pour essayer de me rappeler.

Me voilà devant un nouveau paradoxe : j’expose mes pratiques sexuelles précédentes… dans le but de séduire quelqu’un.

Quand je te disais que j’avais passé un cap !

Le CV du cul, en PDF ou en mains propres ?

Je décide que j’imprimerai le CV et qu’il ne pourra le lire que lorsque nous nous rencontrerons, dans un lieu public. Si déjà je passe une soirée à écrire, je veux voir sa tête quand il me lira !

Je trouve que dans le BDSM, c’est impossible d’anticiper si on va être perçue comme un profil « extrême » ou hyper soft : les pratiques sont si vastes, difficile de placer le curseur.

Alors je fantasme ses réactions… en sachant très bien que je suis probablement à côté de la plaque.

Je rédige un CV honnête, mais en espérant écrire des choses qui lui plairont. En le lisant, j’aimerais qu’il s’imagine me mettre dans tout un tas de situations, alors que je serai juste en face de lui, à observer ses yeux rivés sur le papier.

J’imagine son petit sourire, sa respiration qui s’accélère, sa main passant sur sa nuque…

À ce stade, pour moi, c’est presque de l’exhibitionnisme.

Mon CV du cul, il ressemble à…

Le temps d’une soirée, je décide donc de créer des catégories, et les remplir en fonction de que ce j’ai déjà pu faire, ce que j’aimerais découvrir, ce que je n’ai pas envie de tester.

Voici à quoi ressemble ce fameux CV du cul :

Clique pour le voir en taille normale

Ma rencontre avec le destinataire de mon CV du cul

Je le rejoins à la terrasse d’un bar, avec deux exemplaires de mon CV imprimés dans mon sac (des fois que le premier se retrouve imbibé de bière).

On discute et ça se passe bien. Il a passé une longue journée de travail dans la canicule, moi j’essaye de vaincre ma timidité.

Il est très calme, bavard, très intéressant et capte des trucs sur moi qu’on ne comprends pas si facilement, habituellement…

Pendant qu’il lit mon CV, je ne sais pas trop où me mettre. Il me pose des questions sur des points précis, on échange autour des sujets que j’ai abordés.

« C’est très intéressant, merci. »

Je vois bien qu’il est content de l’expérience, mais je n’arrive pas à savoir si ça lui a mis des idées dans la tête.

Je suis reconnaissante qu’il n’ait pas annulé notre date malgré sa fatigue, même si après quelques heures de discussion, il m’embrasse rapidement avant que je ne prenne le métro, et on rentre chacun chez soi.

Je perds confiance en moi, au secours

Quelques jours plus tard, je me dis qu’il serait temps que je le relance…

Et là, je deviens zinzin.

Je décide de le relancer comme on relancerait une candidature. Ça me fait rire, mais un peu peur.

Je ne relis pas mon message avant de l’envoyer, donc je reçois une réponse qui me fait vriller :

« Ce qui me fait rire, ce sont surtout les fautes d’orthographe. »

L’intention de son message était très claire, et carrément explicitée dans le message suivant : « Ça mérite une bonne correction ♥ ». Mais dans ma tête, j’étais déjà partie.

Entre la dynamique de candidature, ma tendance à être impressionnée par les gens dont j’aime la sensibilité, et le fait que les filles sur ses photos sont hyper gaulées, ma confiance en moi venait de sauter dans le vide.

Je prends son message comme une critique, alors que c’était juste censé être une blague.

Oui, je fais des fautes, oui ! Je parle un français moyen, je connais peu de mots, j’ai grandi dans un milieu où personne ne pouvait m’aider à l’école et j’ai jamais réussi à rattraper mon retard.

Et c’est pas grave, parce que mes talents sont ailleurs. Mais quand ma confiance en moi est au plus bas, c’est une grosse source de complexes.

Je me sens jugée, je bouillonne. Pour me défendre, je veux couper les ponts.

Lui est très chill, me précise que c’était juste une blague, qu’il n’y a pas de problème. Au final, après quelques semaines, il me relance, je me suis calmée, et la conversation reprend tranquillement son cours.

Candidater pour choper, c’est pas pour moi

Avec le recul, je constate 3 façons que j’ai de rencontrer les gens.

Quand j’ai la sensation d’avoir l’aval, j’active le mode hyper-séduction.

Je suis belle, pulpeuse, j’exprime ma créativité à travers mon style, je suis curieuse, maline, touche à tout, sensible à la nature, à l’art et et aux gens, et je veux tout comprendre sur toi.

Je suis le produit d’une mixité culturelle riche, je suis hyper débrouillarde et je passe ma vie à dompter mes peurs.

Quand j’y vais les mains dans les poches, je pars du principe qu’on est déjà potes.

Je peux parler de tout suivant où la conversation mène, sans tabou. J’ai envie qu’on passe un bon moment à rire ensemble, et on verra bien où ça mène.

Quand je me sens en position d’infériorité

Je suis grosse, grasse, pas musclée, j’ai une peau dégueulasse, des goûts chelous, je ne serai jamais une femme lisse et classe, je suis le milieu pauvre dans lequel j’ai grandi, avec un manque de culture et de connaissances.

Je fais des fautes de français tout le temps et j’arrête pas de me prendre des poteaux parce que le ciel est joli. Je suis trop bizarre pour qu’on veuille de moi, de toutes façons.

Mes meilleurs dates se passent quand j’ai l’impression qu’on est déjà potes, grâce aux premières conversations par messages qui motivent la rencontre en chair et en os.

Je pensais être dans ce mood-là, mais m’exposer autant avec ce CV, me rendre vulnérable à une forme de jugement, même « pour de faux », ça m’a mise en position d’infériorité.

Ça m’a donné l’impression de devoir convaincre que je suis quelqu’un de cool, alors qu’avec le recul, mon interlocuteur avait probablement déjà cette opinion de moi.

J’ai encore du travail à faire sur ma confiance en moi. Il faut que j’apprenne à relativiser pour ne pas devenir débile quand je me sens en position d’infériorité.

J’ignore si on va se revoir avec ce mec, si ça va aller plus loin : pour ça, il faudra que je trouve comment me sentir sur un pied d’égalité avec lui.

Le CV du cul, c’était quand même bien

Même si la démarche m’a causé ce petit défaut de confiance en moi, je reste ravie d’avoir mis des mots sur mes préférences sexuelles actuelles.

Je pense le refaire tous les étés, histoire de voir ma progression ! Peut-être que dans un an, j’aurai fini d’explorer. Peut-être que je ne fais que commencer…

En BDSM, côté domination et surtout côté soumission, c’est hyper important d’être lucide sur ses limites. Tout mettre par écrit m’a permis de faire le point et d’avoir les idées claires.

Pour ce qui est de mon photographe… j’ignore si on se reverra, et si mes fesses finiront sur son compte FetLife. Mais au moins, maintenant, j’ai un joli CV !

La série cul de l'été sur madmoiZelle

Cette madmoiZelle viendra tous les mercredis te livrer un des 5 chapitres de cette nouvelle série dédiée à sa découverte du BDSM.

Site de rencontres spécialisé, équipement adapté, nuit de folie… Tu vas voir, tu ne resteras pas sur ta faim !

N’hésite pas à lui envoyer du love ou des questions dans les commentaires : c’est courageux de se mettre autant à poil… au sens propre comme au figuré ♥

Sélection shopping autour du BDSM

J’ai été piocher sur le sexshop Love&vibes, le partenaire de cette série, quelques merveilles que j’aimerais m’offrir et qui pourraient bien t’intéresser !

Une madmoiZelle

Une madmoiZelle


Tous ses articles

Commentaires

Abirato

Dernière édition :

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!