Vérifier le casier judiciaire de son mec : c’est possible

A la fin de l'été 2012, en Grande-Bretagne, il sera possible de demander à vérifier le casier judiciaire de son prétendant.

T’es-tu jamais demandée si le garçon que tu t’apprêtais à fréquenter était digne de confiance ? Si, sous ses airs charmeurs et son regard plus farouche et inoffensif que celui de Daniel Radcliffe, il n’était pas un pédophile multirécidiviste ou s’il n’avait jamais été condamné pour coups et blessures sur ses anciennes compagnes ?

Si oui, la Grande-Bretagne est l’île qu’il te faut : à la fin de l’été, le projet pilote Clare’s Law sera testé dans certains comtés anglais et gallois. Le principe ? Prévenir les violences domestiques en permettant aux femmes de demander à la police si leur flirt du moment a déjà été condamné pour violences conjugales.

Le projet est intitulé Clare’s Law en hommage à Clare Wood, une jeune femme qui a été tuée à l’âge de 36 ans par son ex, George Appleton. Ils s’étaient tout deux mis en couple en 2008 après s’être rencontrés sur Facebook, jusqu’à ce que la caution féminine du couple ne se rende compte de la violence de son compagnon et décide de le quitter. Sujette à des menaces de mort proférées par celui avec qui elle avait partagé sa vie quelques temps, elle s’était, à plusieurs reprises, rendue à la police pour demander une protection, sans suite. Malgré ses précautions, George a un jour réussi à rentrer chez elle, à Salford, et à la tuer. Plus tard, la famille de la victime apprenait que le meurtrier avait déjà été condamné à trois reprises pour des actes de violence sur des femmes.

L’idée du projet est donc d’aider les femmes à se prévenir de ce genre de fins tragiques en se rendant au commissariat le plus proche pour savoir s’il a déjà été prouvé que leur nouveau petit-ami a agressé des représentantes de la gent féminine. Toutefois, le projet est vilipendé par quelques associations défendant les droits des femmes. Sandra Horley, directrice de Refuge, a ainsi confié au Guardian que les femmes n’auraient pas besoin de ce genre de mesures si la police faisait son travail. L’exemple de Clare Wood en est la preuve, puisqu’elle a demandé à plusieurs reprises une protection à la police – qui connaissait le passé violent de son ancien compagnon -, en vain.

En outre, on peut se demander pourquoi ce projet est réservé aux femmes. En France, selon l’Observatoire national de la délinquance, 110 000 hommes étaient victimes de violences conjugales en 2008. Cette même année, ils étaient 27 à succomber à leurs blessures. Certes, ces chiffres sont largement inférieurs au recensement des femmes victimes de violences conjugales, mais n’empêche ; n’empêche qu’on ne devrait pas oublier ces hommes sous prétexte qu’ils sont peu nombreux. N’empêche que les laisser de côté, c’est du sexisme.

Quoiqu’il en soit, la Clare’s Law sera testée pendant un an dans certains comtés anglais et gallois. On imagine qu’elle sera généralisée si les chiffres sont probants.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Sachant que les chiffres de violences conjugales sont alarmants, estimeriez-vous positif qu’un tel projet voit le jour en France ? Et s’il était mis en place, vous en serviriez-vous en cas de doutes quant à l’intégrité de votre futur mec ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • MaLieSun
    MaLieSun, Le 21 mars 2012 à 23h42

    (=^_^=);2998011
    Je suis parfaitement d'accord, notamment sur le fait qu'une personne qui aura commis une seule faute, ou sera victime d'une erreur de justice, devra le payer toute sa vie sans espoir de repartir à zéro. C'est carrément interdire aux anciens condamnés de se reprendre en main et de retrouver une vie normale : pourquoi faire des efforts, sachant que de toute manière le monde continuera perpétuellement à les rejeter?
    Cha-;2997608
    En même temps, ils comptent faire comment pour vérifier qu'il s'agit bien du compagnon de la femme en question? Avec un mot daté et signé par le gars? D'ailleurs, ils seront au courant ces hommes, qu'on fouille dans leurs passés?
    Voilà tout ce que j'en pense...

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