Troy Davis sera exécuté contre vents et marées (à moins que)

Troy Davis est condamné à mort alors que les preuves du crime dont on l'accuse sont très fumeuses. La communauté internationale s'insurge, mais est-ce que ça sera suffisant ?

En 1989, Mark Allen MacPhail est tué par balle. Le suspect numéro 1 mettait à l’époque tous les témoins d’accord : il s’agissait de Troy Davis, qui a été condamné en 1991 à la peine de mort.

Hier soir, le comité des grâces de Géorgie s’est réuni à Atlanta pour décider s’ils acceptaient de commuer ou non sa peine capitale en prison à perpétuité. La réponse est tombée comme un couperet (oops), et après 22 ans passés dans le couloir de la mort, il sera donc finalement exécuté dans la nuit de mercredi à jeudi à 1h (heure française) après avoir pris le cocktail spécialement réservé aux condamnés à mort (cheeseburger-frites-Budweiser-clopes-injection létale).

Depuis hier, la communauté internationale réagit vivement, et pour cause : sur neuf témoins ayant accusés Troy Davis d’être l’auteur du coup de feu fatal, sept sont revenus sur leurs propos. De plus, l’arme du crime n’a jamais été retrouvée et la fiabilité des preuves qui ont permis de condamner Davis est plus que contestée. La présidente d’Amnesty International, Geneviève Garrigos, confiait tout à l’heure au Nouvel Observateur que « le comité des grâces manque à son engagement pris en 2007 de ne confirmer l’exécution que si sa culpabilité ne fait aucun doute ». Au moins, il est rassurant de savoir que le comité des grâces a pris un engagement à ce propos. Après, on n’sait pas, peut-être que ses membres ont oublié le dit accord. Peut-être qu’ils l’avaient noté sur un post-it qui aurait glissé sous le frigo. Tout peut arriver, n’est-ce pas ?

— Source : indybay.org

Pour résumer, donc : preuves fumeuses + pas d’ADN + 7 témoins sur 9 qui ont changé d’avis = condamnation à mort quand même. Ah bon ? Ah bah d’accord. Aux États-Unis, des manifestants scandent « I am Troy Davis » (« Je suis Troy Davis ») afin de faire prendre conscience que si le système judiciaire américain permet d’exécuter sans réelle preuve un individu qui clame son innocence depuis vingt ans, alors ce type de drame peut arriver à tout le monde.

C’est kafkaïen.

(Aux dernières nouvelles, Troy Davis a posé un dernier recours, à quelques heures seulement de son exécution).

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 42 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Linka
    Linka, Le 22 septembre 2011 à 8h10

    Je ne savais pas qu'il y avait un sujet sur Mad..je serais venue plus tôt sinon

    Troy Davis a été tué à 11h08 heure locale.

    J'ai suivi ça toute la journée et la nuit, signé des pétitions, passé des coups de fils..des centaines de milliers de personnes se sont mobilisées dans le monde, en vain. Je ne comprendrai jamais cet acharnement à tuer, je déteste le genre humain.

    Ce n'est pas comme si j'avais encore une micro-graine de respect pour le système américain mais là ça a été la goutte de trop.

    Désolée pour mon commentaire si peu constructif mais après avoir veillé toute la nuit, espéré, prié, pleuré, ressenti une immense vague de désespoir et de dégoût, je ne sais plus quoi dire d'autre, à part ce qui est évident et a déjà été rebattu (la peine de mort est révoltante, a fortiori quand les doutes sur sa culpabilité sont si grands, etc..).


    J'espère qu'il est maintenant en paix, après cette torture psychologique qui lui a été imposée.

    Le combat ne s'arrête pas là.

Lire l'intégralité des 42 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)