Je suis végétarienne depuis 9 ans, et voici tout ce qui a changé depuis

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Il y a neuf ans, Anouk est devenue végétarienne... Depuis, beaucoup, BEAUCOUP de choses ont changé. Voici son bilan !

Je suis végétarienne depuis 9 ans, et voici tout ce qui a changé depuis

J’ai arrêté de manger des animaux du jour au lendemain quand j’avais 15 ans.

Au départ, pas mal de gens de mon entourage ont vu ça comme une crise d’adolescence, un truc qui passerait.

« Oui oui, c’est ça, ton végétarisme n’est pas « juste une phase ». »

Manque de pot pour eux, neuf ans plus tard, me voilà, adulte et toujours végétarienne.

À l’occasion de la journée du végétarisme, je me suis dit que ça serait intéressant de vous raconter comment, en 9 ans, tout a évolué sur la question. Parce que pour moi, être végétarienne aujourd’hui n’a rien à voir avec ce que ça impliquait en 2008.

Comment je suis devenue végétarienne

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours pensé que le végétarisme était une idée assez logique. Pourquoi manger (et donc tuer) des animaux alors qu’on peut s’en passer ?

Du coup, je me disais que je finirais forcément par arrêter viande et poisson un jour.

Le souci c’est que, comme beaucoup de monde, j’avais un gros problème avec ce principe : j’adorais le goût de la viande.

En fait, plus généralement, j’adorais manger. Et j’adore toujours autant ça. 

Le saucisson était ma nourriture préférée, j’adorais le poulet fermier de ma mère, et attendais chaque sortie au Quick du coin comme j’attends aujourd’hui la paie.

Et puis un beau jour, je me suis dit que pour être en accord avec mes convictions, il fallait que je devienne végétarienne.

Alors je le suis devenue. 

Mon végétarisme VS les autres

Je préfère le dire tout de suite : mes parents n’ont pas plus réagi que ça à ce changement. Je crois qu’ils se sont dit que je ne tiendrai pas, et qu’au pire, ça n’était pas bien grave d’être végétarien•ne.

En revanche, beaucoup d’autres personnes (toutes omnivores) ont questionné mes convictions frénétiquement, cherchant la moindre faille dans mon raisonnement.

On me disait que les animaux ne souffraient pas vraiment, ou que peut-être les légumes souffraient, eux aussi. Que j’allais finir pleine de carences, ou encore que c’était dans la nature de l’homme de manger de la viande.

Tous ces gens me disant : « TU AS TORT ! TU AS TORT ! » 

Forcément, j’ai fini par développer un argumentaire super poussé à propos de mon régime alimentaire. Au bout d’un moment, c’était de la survie si je ne voulais pas être ridiculisée à chaque fois qu’il en était question.

J’avais parfois l’impression que chaque repas était devenu une sorte de positionnement politique.

Je dérangeais, mais ça me confortait dans mes convictions. Je me disais que si ça embêtait tant les gens, c’est parce qu’ils savaient, au fond, qu’ils avaient des choses à se reprocher.

Ouais, à quinze ans, j’aimais faire chier le monde.

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Aujourd’hui, être végétarien•ne n’est plus si surprenant que ça

J’ai finalement eu pas mal de chance parce qu’au fil des années, le végétarisme est devenu de plus en plus commun. Plusieurs personnes de mon entourage le sont d’ailleurs devenues depuis.

Mais le changement le plus flagrant, c’est qu’aujourd’hui, quand les gens de mon entourage apprennent que je suis végétarienne, beaucoup s’en fichent royalement. On est très loin de la colère que créait cette annonce il y a quelques années !

En revanche, un truc n’a pas changé (mais c’est anecdotique) : de nombreuses personnes ont encore du mal à comprendre la différence entre végétarien•ne et végétalien•ne, et beaucoup pensent encore que les végétarien•nes mangent du poisson.

Végétarisme : pratique alimentaire qui exclut la consommation de chair animale. Les végétarien•nes ne mangent donc en théorie PAS de poisson. Certaines personnes se disent cependant végétariennes alors qu’elles mangent du poisson mais si on veut être exact, elles sont plutôt pesco-végétariennes.

Végétalisme : pratique alimentaire qui exclut la consommation de chair animale ET de produits d’origine animale tels que le lait, les œufs ou le miel.

En 2017, la France est beaucoup plus adaptée aux végétarien•nes

Jusqu’à il y a encore 4 ou 5 ans, plusieurs fois, des serveurs/restaurateurs se sont moqués de ma requête de manger un plat sans animaux (« Mais tu veux manger quoi ? De la salade ? »).

À 16 ans, je suis partie en colonie de vacances et le cuisinier du centre a décidé que comme je ne mangeais pas de viande, je n’avais qu’à me nourrir de la partie légume de l’assiette (ce qui est tout à fait déséquilibré). Ça n’a pas loupé, j’ai fini super malade chez le médecin après deux semaines…

En devenant végétarienne, j’ai fait pendant 3 ans une croix sur les burgers car je pensais que c’était impossible d’en faire un sans steack carné.

En 2017, l’écrasante majorité des restaurants à burger proposent un choix végé. Il existe même des fast-food véganes !

Aujourd’hui, non seulement mon végétarisme ne choque presque plus, mais la plupart des restaurants et camps de vacances proposent au moins une option végétarienne.

La santé quand on est végétarienne

L’évolution s’est également faite du côté des médecins. C’était peut-être également dû à mon jeune âge, mais quand je suis devenue végétarienne, plusieurs m’ont questionnée en détails sur mes habitudes alimentaires, d’autres me prescrivaient automatiquement un bilan sanguin.

Par ailleurs, on m’a souvent demandé si ce régime avait eu une influence sur mon poids. Eh bien, pour dire la vérité, j’ai pris presque 10 kilos la première année. Mais avec le recul, ça n’avait rien à voir avec le régime, plutôt au fait que j’étais particulièrement stressée par le lycée.

Ces dix kilos, je les ai d’ailleurs naturellement perdus le jour où j’ai arrêté de m’y rendre. Et sinon, à 2 ou 3 kilos près, je fais le même poids depuis mes 16 ans.

En ce qui concerne les carences, je crois n’en avoir jamais eues (si l’on en croit mes prises de sang). Je fais relativement attention à ce que je mange, dans le sens où j’ai depuis longtemps pris l’habitude d’avoir les apports nécessaires à un régime équilibré.

Ah, et je ne tombe pas plus malade qu’une autre. J’ai eu deux angines l’année dernière, et c’est à peu près tout.

Je ne suis plus la végétarienne que j’ai été

Quand je suis devenue végétarienne, je crois que j’étais très fière d’avoir sauté le pas. Je me disais que comme je l’avais fait, tout le monde pouvait le faire… Alors j’en parlais tout le temps, à toutes celles et ceux que je croisais.

Au fil des années, ma philosophie a changé : je me dis que ça ne regarde que moi et que je n’ai donc pas à l’afficher. Je ne me justifie plus sur ce que je mange ou pas avec des inconnus.

En ce qui concerne mes convictions, pour être honnête, je ne me questionne plus vraiment dessus. C’est plus devenu une habitude qu’autre chose. Quand je regarde un menu, mes yeux se sont habitués à ne plus voir tout ce qui contient de la viande et du poisson.

Le régime omnivore ne me manque pas. Je ne vais pas mentir, ça n’a pas toujours été le cas. Les 2 ou 3 premières années j’avais faim dès que je sentais une odeur de charcuterie. Aujourd’hui, ça ne me fait plus rien.

D’ailleurs, ça fait tellement longtemps que je n’en ai pas mangé qu’il y a fort à parier que je trouverais ça dégueulasse aujourd’hui.

Parfois, j’entends des gens se plaindre en disant que le végétarisme n’est qu’une mode. Personnellement, je trouve que si c’est une mode, ça reste quand même une mode plutôt cool !

À lire aussi : « Cowspiracy », le docu qui m’a fait devenir végétarien du jour au lendemain (ou presque)

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Commentaires
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  • Lacus_Clyne
    Lacus_Clyne, Le 11 octobre 2017 à 19h51

    Même si je ne suis pas végétarienne, c’est impressionnant de voir l’évolution de l’offre ces 10 dernières années sur les produits végétariens (même dans les cantines et les resto U).

    Dans un article consacré au burger végétarien de Macdonald qui va sortir on peut lire que le marché du végé/végan à progressé de 20% en 2016 et déjà 14% pour le premier semestre 2017. Ainsi qu’une progression de 82% dans la grande distribution (mais sans précision de la période).
    Je me rappelle lorsque les végétariens français évoquaient il y a quelques années ce burger disponible dans d’autres pays limitrophe mais pas dans l’hexagone, les débats sans fin qu’on pouvait trouver.

    Une de mes belles sœur était végétarienne et pendant des années je n’ai jamais pu manger avec elle au restaurant. Cela est devenu possible en 2014-2015 avec la généralisation des plats végétariens. Puis elle est devenu végan ! Prochain resto prévu dans 10 ans.XD

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