Sziget 2012 : le report

Le Sziget, élu meilleur grand festival européen, lançait cette année sa (déjà) 20e édition. Émilie Laystary y était, et elle vous raconte.

Sziget 2012 : le report

Arrivé en tête des 25 nominés lors des European Festival Awards, le Sziget est un rendez-vous à ne pas manquer pour des fidèles de plus de 60 pays.

Lors de la conférence de presse, Károly Gerendai, cofondateur du festival, a expliqué que le Sziget est d’abord né sous l’impulsion et l’enthousiasme d’un groupe de potes : « On voulait faire venir nos groupes préférés, c’est tout ce qui nous importait. Au gré des éditions, le Sziget a pris de l’ampleur, jusqu’à devenir le gros festival que l’on connaît aujourd’hui ». Et Károly Gerendai de renchérir sur l’importance symbolique capitale que revêt une telle manifestation : « montrer au reste de l’Europe que la Hongrie, ce n’est pas que ces dérives semi-fascisantes que le gouvernement impose, pour nous c’est salvateur. Le Sziget est un festival très soucieux de donner sa place aux minorités : avec ses scènes de musique du monde et sa sensibilité queer, notre événement se veut le relais de tout ce que la Hongrie politique semble avoir rejeté. »

Au-delà de cet esprit progressiste dans lequel le festival souhaite s’inscrire, qu’est-ce qui fait le succès de la rencontre ? Aurélie, 26 ans, et présente au Sziget depuis maintenant 7 éditions, explique : « On a tendance à ne juger d’un festoche que sur sa prog’. Le Sziget, c’est plus que ça : si tu n’as plus envie de faire un concert, ce qui peut arriver quand tu es là pour une semaine entière, tu peux aller faire d’autres activités sur le côté. C’est très bon enfant. »

Sziget, en hongrois, veut dire « île ». Littéralement, le festival se trouve sur l’île d’Óbuda, entourée par le Danube. Les contrôles de tickets se font en amont du pont qui donne accès à l’île, ce qui donne une dimension hyper « que la fête commence ! » au fur et à mesure que les foules envahissent le pont.

Cette année, le Sziget accueillait The Roots, Anna Calvi, Placebo, CITIZENS, Korn, Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra, Friendly Fires, Crookers, 1995, The Black Seeds, The Vaccines, The Stone Roses, The XX, Tiga, Azari and The III, Snoop Dogg, Sum41, Two Door Cinema Club, The Horrors, LMFAO, Magnetic Man, The Killers, The Tings Tings et plein d’autres.

Voici le report de ce que j’ai trouvé marquant en tant que « festivalière au Sziget pour la première fois »

1. L’ambiance bon enfant et les très nombreuses activités

Si un festival ne commence véritablement que lorsque la nuit tombe (taux d’alcoolémie chauffé par les 15 bières ingurgitées l’après-midi, grosses têtes d’affiches qui jouent, festivaliers qui se réveillent de leurs siestes…), il est curieux de constater qu’au Sziget, la vie ne s’arrête pas entre 10h du matin et 16h. Partout sur le site, des activités sont proposées et il est possible d’aller à la rencontre d’associations engagées localement et nationalement.

Je me souviens m’être particulièrement marrée en entrant dans une grande installation singeant l’idée de pays mais version Sziget : un faux passeport à faire auprès d’une ambassade en carton (pour être « citoyen Sziget »), de la fausse monnaie distribuée à l’entrée, et à l’intérieur, des comédiens chargés de vous donner l’illusion que vous avez atterri dans une nation autogérée.

Moins bonne ambiance par contre : le stand de l’armée hongroise, qui fait tache au milieu des associations antimilitaristes. Une provocation de la part du gouvernement ?

2. Les bières et la bouffe bon marché

De tous les festivals que j’ai eu la chance de faire (Dour, les Nuits Sonores, les Transmusicales de Rennes, Rock en Seine, le Main Square, le South West Four à Londres, etc.), le Sziget est celui qui m’a (de loin) coûté le moins cher en terme de dépenses. Et pour cause : la pinte de bière est à 2 euros (comme dans le centre de Budapest) et il est facilement possible de se nourrir pour la même somme.

Voici un burger géant, acheté pour la modique somme de 2 euros.

Par ailleurs, mes compères et moi étions tous unanimes pour dire qu’il est drôlement agréable d’avoir plus de choix qu’une assiette de frites-saucisses ou un jambon-beurre rassis comme option pour le dîner. Si vous avez déjà été imbibé-e de bière jusqu’à la moelle, vous savez très certainement ce que c’est que d’être éméché-e et de n’avoir qu’une seule envie de plat en tête. Au Sziget, s’accorder ce luxe est possible : entre les stands de woks asiatiques, de grillades transylvaniennes, de plats en sauce hongrois, de grillades mexicaines, de salades bio, j’en passe et des meilleures, non seulement on avait l’embarras du choix, mais en plus, vu la multitude de stands, la file d’attente n’était jamais bien longue.

Au passage, notons le système carte prépayée bien pratique pour quiconque n’a pas envie de danser avec de la monnaie plein les poches.

3. The XX et Snoop Dogg

De loin, les deux concerts que j’ai le plus aimé du festival. The XX, comme à leur habitude, ont offert un concert très vaporeux et énigmatique. La foule, en liesse au début de la prestation, a joué le jeu en se taisant complètement, laissant aux 3 membres du groupe le privilège de briser le silence de leur pop rock épuré. L’occasion également pour les fans de découvrir quelques uns des titres du nouvel album.

Le concert de Snoop Dogg, lui, n’était pas en reste. Alors que je m’attendais à ce que la prestation ne dure pas plus de 40 minutes (comme c’est souvent le cas avec les grosses têtes d’affiche), Snoop est resté une bonne heure et quart. Très entertainer, le rappeur a beaucoup communiqué avec le public, sautillé partout sur scène et enchaînait ses tubes les plus connus (Nuthin but a G Thang, Drop it like it’s hot, Signs – morceau sur lequel il a chanté tous les couplets de Justin Timberlake, Wet…), au milieu de deux danseuses habillées en cuir et visiblement très motivées à l’idée de nous prouver la flexibilité de leurs croupes.

À 20 minutes de la fin, Snoop Dogg annonce sur scène sa transformation en Snoop Lion (un side project de l’artiste qui lui permet de faire du reggae). Blunt à la main et béret aux couleurs de la Jamaïque sur la tête, le rappeur bascule alors dans quelques reprises de Bob Marley et 3 chansons perso qu’il va bientôt sortir. La prestation se termine finalement par Young, Wild & Free (normalement en featuring avec Wiz Khalifa), morceau sur lequel l’ensemble du public est invité à chanter. Ambiance briquets tout dehors et mouvements d’épaules fraternels, avec en face de nous, un grand écran affichant le sourire d’un Snoop Dogg, qui semble totalement perché – soit c’est son état naturel, soit ça vient de ce qu’il fume… à moins que ce ne soit un peu des deux.

Qui parmi nos lectrices était également au Sziget cette année ? Venez nous raconter !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Rayanael
    Rayanael, Le 9 janvier 2013 à 13h57

    (Je viens de découvrir cet article sur le Sziget, donc je réagis un peu tard, mais je veux contribuer, pour quand quelqu'un viendra ici chercher des renseignements sur ce festoch pour l'édition 2013 ! ^^')

    Je plussoie tout ce qu'a dit @la-loque-folle ! J'étais sur Budapest à ce moment, et j'en ai profité pour aller notamment voir Shakaponk (qui n'a pas été mentionné dans l'article! :3), et The Killers.
    J'avais juste un contact français presque inconnu que j'ai rencontré là-bas, et n'étant pas en camping, je pensais ne pas avoir l'occasion de beaucoup échanger, mais finalement, je ne me suis jamais sentie aussi bien accompagnée de ma vie !! (le fait de ne pas y avoir été 7j/7 m'a peut-être fait rater des trucs moins cools, mais who cares?) On discute facilement avec tout le monde (surtout des néerlandais pour ma part, allez savoir pourquoi...), on est abordé pour tout et n'importe quoi (quand tu marches d'un concert à l'autre, les yeux dans les étoiles, et qu'on te fonce dessus pour t'agglomérer à un câlin collectif, c'est génial), et tout le monde est là pour s'amuser sans prise de tête (et je rejoins @Pink Bullets sur les grands qui prennent sur les épaules pendant les concerts! d-(*.*)-b ). Bon, après, c'est peut-être aussi l'euphorie du premier festival, mais ça m'a fait un gros déclic à propos de pleins de trucs persos :

    la-loque-folle;3512719
    Un long commentaire pour dire que je suis quand même revenue du Sziget avec un gros "FAITH IN HUMANITY : RESTORED" dans le cerveau, des souvenirs plein les yeux, et une grosse envie d'être en aout 2013. Et les Madz, si vous pouvez, testez (et approuvez!)
    Et c'est exactement ce que j'ai ressenti pendant les deux jours que j'ai pu faire, et jusque bien après encore !!! :)

    J'en profite pour faire la pub à un des très rares groupes de reggae hongrois, dont le claviériste à été mon hôte grâce au couchsurfing à ce moment-là : Riddim Colony (http://www.myspace.com/riddimcolony , mais c'est trois fois mieux en live ;)). Ils étaient au Sziget juste avant Shakaponk, et ça a été vraiment un très bon concert, le chanteur a une superbe énergie, et on en ressort le sourire aux lèvres de fatigue d'avoir trop dansé. (si vous voyez leur nom sur la programmation 2013, foncez !!! ;) )

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